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Une véritable quête de la modernité
La Renaissance au XIXe siècle
Publié dans La Presse de Tunisie le 30 - 07 - 2011

La montée du nationalisme en Europe s'est accompagnée de nombreuses expéditions coloniales que le monde arabe a vécues, à son corps défendant, dans la douleur. Ces campagnes ont coïncidé avec l'avènement des Lumières, ce mouvement philosophique qui a dominé, dès le XVIIIe siècle, le monde des idées et de la pensée en Europe.
La campagne d'Egypte de Bonaparte, en 1798, s'inscrit dans ce cadre. Bien d'autres allaient s'ensuivre : en Algérie en 1830, en Tunisie en 1881, au Maroc en 1911 et partout au Moyen-Orient. C'est alors qu'il est devenu plus qu'urgent pour les Arabes d'envisager une autre alternative, une révision profonde et radicale en vue de soustraire la société arabe à l'obédience de la religion et de restreindre le champ de certaines pratiques contraires à l'esprit de la foi. Ces penseurs chrétiens respectaient le principe que toutes les religions célestes sont censées se croiser autour d'un nombre réduit de dogmes, lesquels sont d'ailleurs susceptibles de multiples interprétations. Or, l'interprétation, ou l'Ijtihad, ne relève pas à son tour de la foi, mais de la réflexion humaine; elle est désacralisée en vertu de ce nouveau partage entre la foi et le savoir. La nouvelle élite chrétienne, imbue des principes et des valeurs des Lumières et du libéralisme, rencontrait le plus naturellement une élite musulmane révoltée, à son tour, contre une religiosité officielle décadente et sclérosée.
C'est alors que l'idée de la réforme a surgi pour donner naissance à la Nahdha, un mouvement pour la renaissance du monde arabe par le biais du retour de la mort à la vie, tel qu'il est rappelé dans les Ecritures avec la résurrection du Christ. Ce mouvement exprimait également l'espoir d'un avenir prometteur, déjà entamé avec deux des plus célèbres théoriciens et réformateurs du monde musulman : l'Egyptien Tahtaoui (1801-1873) et Khéreddine Pacha, décédé en 1890, et puis poursuivi par les chrétiens syro-libanais qui lui ont choisi pour nom «Nahdha» (renaissance).
On aura beau chercher, on ne trouvera nulle part la trace d'une véritable quête de la modernité dans nos pays au XIXe siècle, hors du contexte de défi posé par la proximité de l'Europe et la volonté de se protéger de l'hégémonie occidentale.
Dans ces circonstances, on assiste à l'émergence d'un nouveau type d'acteur social, un lettré moderne chrétien qui a eu le courage de se débarrasser du carcan de l'immobilisme religieux de l'Eglise pour se mettre au service d'un savoir moderne, aidé en cela par l'introduction de la presse et de l'imprimerie depuis le XIXe siècle. Or, ce type de lettré moderne engagé était le plus apte et le mieux outillé pour accompagner cette révolution et bénéficier de ses fruits afin de s'élever socialement d'un cran. Les chrétiens d'Orient ne se voyaient plus obligés d'accepter une citoyenneté de second degré. Désormais, ils osaient élever de plus en plus la voix pour réclamer davantage de droits, en vue de diriger les affaires de la cité. Ils avaient si longtemps servi à s'occuper de tâches que les musulmans, dédaigneux, répugnaient. Ces chrétiens ont pris conscience qu'ils pesaient d'un poids lourd dans les débats publics et la gestion de la politique.
Parmi les précurseurs de la «Nahdha», il y a lieu de citer le nom de Amine Reyhani (1876-1940), chrétien maronite, chassé de sa communauté à cause de ses idées libérales. Il fut un des premiers lettrés arabes à avoir défié toutes les religions. Réfugié aux Etats-Unis et naturalisé américain, il y mourut.
Ishaq Adib (1856-1884), Syrien chrétien, a tôt fait de se passionner pour les idées libérales qu'il commença à diffuser dans le journal qu'il a créé Al Taqaddom (Le progrès).
Henein Nematallah Al Khoury fut une grande figure du libéralisme, traducteur de Histoire de la civilisation en Europe de François Guizot.
Il y en eut bien sûr d'autres : Gébrane Khalyl Gébrane, Khalil Matrane, Ephrem Boustani, Nicolas Ziadé, Edwige Chayboub, Béchara Al Khoury, May Ziadé, Mikhaïl Nuyamé, Georges Chahadé, Ilya Abou Madhi, etc.
En Tunisie, les «Nahdhaouis» ont été peu inspirés en s'attribuant la propriété de cette appellation et se sont fourvoyés en un enchevêtrement inextricable de contradictions, dénégations et démentis à force d'un usage excessif d'un discours à double résonance.
Par devoir de respect à la mémoire des précurseurs de la modernité dans le monde arabe, les «Nahdhaouis» auraient mieux fait de se choisir une autre dénomination, plutôt en rapport avec leur envergure et leur ouverture d'esprit.


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