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Tiède, le récit
Par le feu, de Tahar Ben Jelloun
Publié dans La Presse de Tunisie le 05 - 09 - 2011

Le titre est court et vendeur (Par le feu), la maison d'édition est prestigieuse (Gallimard), la quatrième de couverture est attirante, le sujet est d'actualité (l'immolation par le feu de Mohamed Bouazizi), l'auteur, (Tahar Ben Jelloun), est une pointure dans le microcosme littéraire français, célèbre par ses romans, récits et autres articles. Autant de raisons pour acheter l'ouvrage.
Le livre est mince, lapidaire, ce qui, dans le cas présent, ne veut pas dire dense ou méditatif encore moins condensé, loin de là ; il se lit en une demi-heure, tant il est plat, sans relief, sans la moindre interrogation ; pas une seule phrase qui soulève l'admiration, pas d'images fortes qui invitent à la relecture d'un paragraphe, non plus de métaphores pour enrichir l'imagination, aucune tension, pas de suspense. On feuillette sans surprise, attendant ce qui devait arriver et rien n'arrive, on n'a pas été surpris une seconde par le déroulement de l'histoire archiconnue du martyr. Pas de description qui nous a retenus, pas de montage à déchiffrer, la narration y est calme, paisible. Mince et sans esprit. L'ouvrage est-il utile? On est gêné pour l'auteur qui nous a nourris de meilleurs romans et autres productions.
Franchement on pressentait un récit attentif, fouillé, préparé et mûri de la part d'un écrivain respecté, dont le nom seul fait vendre. Un auteur qui se situe dans le courant littéraire dit maghrébin des années soixante-dix et dont la notoriété ne prend pas de ride, un écrivain francophone à part entière, intègre et intégré, conteur de haut vol, préoccupé par les maux des opprimés et la misère des damnés. Il a eu son heure de gloire avec l'obtention du Prix Goncourt pour La nuit sacrée. Mieux, il y a un an, il fut glorieusement installé au fauteuil envié de l'Académie Goncourt, titre qui enrichit encore son nom, à son honneur, il a promis à l'occasion de lire tous les ouvrages présentés au jury. Ce qui lui laissera peu de temps, on suppose, à l'écriture sans concession.
L'histoire de Mohamed Bouazizi, qui s'est immolé par le feu un 17 décembre 2010, a fait le tour de la planète et au-delà. Tout lecteur, honnête citoyen, en découvrit les faits et gestes. En quatrième de couverture on lit à propos de ce geste, «Tahar Ben Jelloun, dans une fiction brève, réaliste et poétique, reconstitue les jours qui ont précédé ce sacrifice». Voyons!
On est dans un village sans nom, au Maroc, d'après la devise en cours (le Dirham) et les petits métiers, dresseurs de singes et de perroquets, acrobates qui fixent la couleur locale, Mohamed a hérité de son père la charrette à fruits, une mère diabétique, une sœur, deux frères, un fournisseur de légumes abject et vorace, Zineb avec qui il file un amour perdu d'avance, des flics évidemment ripoux. Bref un monde qui n'a d'autres choix que de suivre son destin composé de précarité et de résignation. Non ce n'est pas le Maroc, il y a un Président autocrate et sa femme omnipotente, suivez notre regard. Chassé des points de vente, Mohamed s'indigne, veut porter plainte au maire. Refus et insulte. Gifles, Mohamed s'asperge d'essence, allume son briquet Bic rouge. Mohamed est à l'hôpital, le Président à son chevet, les émeutes, les télévisions, un producteur de cinéma qui veut exploiter le filon, des ouvrages suivent, et un opuscule de 50 pages signé Tahar Ben Jelloun. Comme tout événement de taille planétaire, notre révolution est devenue un juteux marché exploitable à souhait, tant mieux, ça donne à lire, à découvrir, à débattre et ça profite à tout le monde.
Sur le sujet, des livres de circonstance et des meilleurs en ont rendu compte avec superbe, des articles nombreux, fouillés, des analyses édifiantes, des variations sur l'immolation par le feu, regorgeant de détails sur l'homme symbole de la Révolution.
Par le feu est écrit dans un vocabulaire accessible, des mots communs, des phrases compréhensibles, claires, sans apparat, évidentes, mais il manque à notre sens la couche, fut-elle infime, de gras qui donne le goût à la lecture. Le conte est simple, met en scène des personnages typés et «codés»pour le lecteur. Enquête, recoupements, entretiens? On est plutôt dans le conte qui autorise les écarts, et évacue parfois l'essentiel. Sur ce dernier point, on regrette l'absence de l'indignation suprême de Mohamed suite à la gifle imaginaire d'une femme agent municipal. L'acte ou le supposé acte a bouleversé la marche des étoiles. Une révolution est née, malheureusement elle n'a pas nourri assez l'imagination de Ben Jelloun. La Tunisie, Sidi Bouzid, c'est quand même pas l'Indiana ou le Bhoutan. Deux heures d'avion, des visites, des rencontres auraient rendu le récit calorique. Sans paresse.
Chez le même éditeur, sort simultanément l'Etincelle de Tahar Ben Jelloun , un ouvrage consacré aux révoltes arabes. Nous partirons à sa découverte.
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Par le feu, récit de Tahar Ben Jelloun, édit Gallimard (50p-7,50 euros-15 d)


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