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Les Tunisiens sont-ils en train d'assister à la réalisation de deux prophéties contradictoires ?
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 10 - 2011


Par Amin Ben Khaled
«L'esprit conquiert sa vérité seulement quand il se trouve soi-même dans le déchirement absolu». (Hegel)
Il y a plus de vingt ans apparaissaient, à quelques années d'intervalle, deux messies annonçant pour le monde deux prophéties contradictoires. Le premier, c'est F. Fukuyama avec sa bible «La fin de l'Histoire et le dernier Homme»; le second, c'est S. Huntington avec son écrit apocalyptique «Le choc des civilisations».
Le premier défend l'idée selon laquelle la démocratie constitue le dernier stade de l'évolution historique des civilisations. Quant au second, il présage un avenir houleux tissé de conflits entre des civilisations antagonistes et hostiles à tout dialogue interculturel. Dans un premier temps, au début des années 90, la prophétie du premier semblait tenir la route surtout avec le vent de démocratisation qui a soufflé un peu partout en Europe de l'Est. Cependant, avec les attentats du 11 septembre 2001, c'est la prophétie du second qui semble finalement se réaliser, car il apparaît aux yeux de tous que la culture occidentale et la culture islamique, ontologiquement différentes, sont entrées de plain-pied dans un nouveau cycle de confrontation.
Et si Huntington était un faux prophète, un antéchrist qui prêche la discorde, et que son rival, était, lui, le vrai Messie ? Car avec la révolution du 14 janvier, révolution qui vient d'amorcer ce que l'on qualifie désormais de «printemps arabe», beaucoup se sont rappelés la bonne vieille prophétie de F. Fukuyama, et retrouvent l'écho de ce que disait cet auteur dans les événements qui ont secoué la Tunisie et pour cause! Les Tunisiens ont prouvé au monde entier qu'ils aspirent eux aussi à la liberté indépendamment de leur identité, de leur croyance et de leur culture. L'Etat tunisien transite doucement et «civilement» (du moins sur le plan institutionnel et juridique) vers la démocratie. Le Tunisien a triomphé de son «Maître» au terme d'une bataille pour la reconnaissance, devenant ainsi maître de lui-même et se donnant le rare privilège d'entrer dans le club très sélect des «derniers Hommes». Le monde occidental a salué le courage d'un pays arabo-musulman qui a invité l'Histoire sur ses terres, c'est-à-dire l'ultime histoire, celle d'un peuple qui aspire aux valeurs universelles et atemporelles.
Pour autant, «l'Apocalypse de Saint-Huntington» est loin d'être une fausse prophétie. Car voilà qu'on assiste en Tunisie, en cette période électorale sensible et historique, à des escarmouches entre deux civilisations dans un même peuple, deux mondes sur une même terre, deux cultures dans un même espace. D'un côté les modernistes, de l'autre les conservateurs. Les premiers ont les yeux rivés sur l'individu universel ; les seconds font prévaloir la spécificité identitaire et religieuse. Les uns, pas forcément laïcs, appellent à une religiosité rationnelle, les autres, pas forcément illuminés, font l'apologie de la raison religieuse. Cependant, ce clivage n'est pas seulement théorique ou idéel, il est aussi concret, empirique, palpable; bref c'est un clivage culturel qui se manifeste ici-et-maintenant dans la rue tunisienne. Ces escarmouches préfigurent-elles un véritable clash entre deux «civilisations tunisiennes» ? La Tunisie, ce carrefour entre l'Est et l'Ouest, entre le Nord et le Sud, ne se trouve-t-elle pas fatalement entre deux «plaques culturelles» différentes qui se meuvent interminablement l'une contre l'autre ? Cela signifie-t-il que le peuple tunisien n'arrivera jamais au bout de sa propre dialectique et qu'il est condamné à maintenir indéfiniment et «la thèse» et «l'antithèse» et d'ignorer par conséquent la synthèse ?
Cela dit, sommes-nous en train d'assister, dans cette période complexe, à la réalisation des deux prophéties en même temps ? La Tunisie est-elle à fois une terre promise, ou plutôt prometteuse, pour la démocratie du XXIe siècle, et une terre culturellement sismique sur laquelle toute fondation risque de vaciller à la moindre secousse ? Une chose est néanmoins sûre: le «printemps tunisien» est paradoxal, et comme tous les printemps de cette ère de déréglementation climatique, il virevolte imprévisiblement entre brutalité hivernale et douceur estivale…


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