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Les indices d'une crise annoncée
Rapport 2011 de la BAD — Usage agricole des eaux souterraines
Publié dans La Presse de Tunisie le 30 - 01 - 2012

La problématique de l'eau en Tunisie, identifiée et étudiée depuis des années, se pose en des termes qui annoncent une crise hydraulique si les mesures adéquates ne sont pas prises à temps : risque de raréfaction de l'eau et de dégradation de la qualité des ressources en eau. Le verdict vient de tomber dans le récent rapport publié par la Banque africaine de développement qui s'est intéressé au problème de l'usage agricole des eaux souterraines dans trois pays du Maghreb en l'occurrence, la Tunisie, l'Algérie et le Maroc. L'étude s'est penchée plus précisément sur la surexploitation des eaux des nappes par les agriculteurs des trois pays et ses conséquences sur cette ressource naturelle épuisable ainsi que sur les sols exposés à la salinisation dans certaines régions. L'étude propose d'ailleurs une réflexion sur les mesures et initiatives locales et nationales susceptibles d'être envisagées pour instaurer une gestion durable de ces eaux dans les trois pays.
Instaurer les bases d'une stratégie d'exploitation durable des eaux souterraines dans le domaine agricole est une question de survie dans les pays du Maghreb. Et pour cause : l'usage agricole de l'eau est de loin le plus important et le plus difficile à contrôler du fait de l'extraction informelle et excessive des eaux par les agriculteurs. Le rapport de la BAD note entre autres observations que de nombreuses terres sont exploitées par des agriculteurs locataires qui utilisent les ressources en eau (forages non autorisés) et en sols de façon intensive et qui quittent la zone pour s'installer ailleurs une fois ces ressources dégradées. Cette « stratégie de chasse », comme l'indique le rapport, a contribué dans une large proportion à la surexploitation des nappes phréatiques et souterraines et à la salinisation des sols (concentration des sels et dégradation de la fertilité des sols). Le rapport souligne aussi que dans de nombreuses zones oasiennes des 3 pays, comme dans tout le nord-ouest algérien, les eaux souterraines sont naturellement salées, leur usage pour l'irrigation conduit à un grand risque de salinisation des sols et ainsi, de perte de grandes superficies agricoles. En Tunisie, ajoute le rapport, le nombre de puits de surface a doublé en 20 ans (120.000 en 2000) ; cette croissance a continué durant les dix dernières années. Les eaux souterraines représentent environ 44% des eaux utilisées en Tunisie (52 % en Algérie et 14% au Maroc). Cette proportion pourrait s'expliquer par le fait que les 95% d'eaux de surface mobilisées en Tunisie ne suffisent pas à satisfaire toute la demande en eau d'irrigation.
A l'échelle du Maghreb, le document rapporte qu'en ce qui concerne les aquifères partagés entre les trois pays, le principal est le Système Aquifère du Sahara Occidental, étendus entre l'Algérie, la Tunisie et la Libye. Cet aquifère est prélevé à hauteur de 2,2 milliards de mètres cubes par an, soit un volume supérieur à la recharge de 1 milliard de mètres cubes. Bien que les volumes stockés soient très importants, souligne le rapport, la concentration des points de prélèvements conduit à un fort rabattement des niveaux piézométriques dans certaines zones. Ce niveau a baissé de plus de 100 mètres dans la zone de Ghadames.
Initiatives non concluantes
Un des objectifs de cette étude est d'analyser les différentes initiatives publiques et privées prises pour tenter de faire face à cette surexploitation. Selon le rapport, les trois pays du Maghreb ont historiquement développé des stratégies différenciées pour faire face à la surexploitation des nappes. Ainsi, au Maroc et en Tunisie, l'approche choisie a d'abord été une mobilisation des ressources en eau, et plus récemment la recherche d'un contrôle de la demande en eau d'irrigation.
En Algérie, en revanche, une politique de régulation est en place depuis les années 1980, et ce n'est qu'au cours des années 2000 que le gouvernement a donné plus d'importance à une politique d'augmentation des ressources en eau. Tout en affirmant que des politiques publiques de gestion et des mécanismes de coordination sont initiés dans les trois pays, traduisant un intérêt croissant des pouvoirs publics à la question de la surexploitation des nappes, le rapport cite des initiatives propres aux agriculteurs dans le cadre d'une gestion participative et décentralisée de cette problématique.
En Tunisie, par exemple, à l'exception des zones d'oasis, précise le rapport, dans toutes les autres régions, les périmètres irrigués à partir d'eaux souterraines sont généralement gérés par des groupements d'agriculteurs, les Groupements de Développement Agricole (GDA). Des stratégies d'adaptation ont pu être définies mais, selon le rapport, les agriculteurs n'arrivent pas à s'entendre pour diversifier leurs productions et les dates et horaires d'irrigation. La spécialisation de tous les agriculteurs dans les mêmes cultures irriguées financièrement rentables provoque des pics de consommation d'eau, à la fois durant l'année et durant la journée.
Instaurer les règles d'une gestion efficace et rationnelle des ressources hydriques souterraines revient à allier des stratégies efficaces aux niveaux local et national, propose l'étude. Une des pistes de réflexion proposées dans l'étude est la création de coalitions entre les administrations en charge de l'agriculture, celles en charge des ressources en eau et des agriculteurs qui, localement, sont prêts, indique le rapport, à faire des propositions pour que leur activité puisse continuer de façon pérenne dans leur région.
En Tunisie comme dans les autres pays du Maghreb, l'agriculture est un secteur stratégique de l'économie nationale et, comme dans le reste du monde, ce secteur est appelé à prendre de plus en plus d'importance dans les politiques publiques. La consommation d'eau d'irrigation ne devrait donc pas baisser. Par ailleurs, l'étude de la BAD signale que les zones rurales vont rester de première importance dans les années à venir. «L'effectif des populations rurales des trois pays étudiés devrait rester stable d'ici à 2020». La nécessité accrue de concevoir des mécanismes de bonne gouvernance garantissant la durabilité des nappes et celle des ressources en eau en général devient de ce fait urgente.


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