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La création et l'apprenti critique
Vendanges
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 06 - 2012


Par Hamma HANACHI
Une révolution culturelle, peut-on désormais nommer ainsi le séisme d'El Abdellia qui a déclenché sans le vouloir, les émeutes et failli mener le pays dans l'abîme ? La blogosphère a explosé et les contributions sur le sujet continuent à arroser les médias tunisiens et internationaux. Depuis moins d'une semaine, il y a comme un retournement de situation : des responsables, le Président provisoire de la République en tête, tempèrent leurs déclarations et expriment leur attachement à «la liberté de création artistique».
L'enjeu, faut-il le rappeler, est capital et le défi est salutaire tant l'événement est remarquable, l'interprétation des œuvres et ses conséquences qui ont secoué toute une société est une rareté dans l'histoire, la première en Tunisie. Cette secousse culturelle démontre que l'art est capable de bouleverser le jeu politique et de remuer les consciences des citoyens.
L'exposition d'El Abdellia — et ses déplorables effets — a partagé le pays en trois catégories de citoyens : les modernistes, les réactionnaires dogmatiques et le «marais» absent de l'aire artistique mais dorénavant conscient de la force de l'art. Dans le théâtre qui abrite les deux premières parties, le débat perdure, déclenchant un bouquet d'analyses savantes, autorisées, fondées, qui font face à un fatras de critiques stupides, de galimatias mous et révoltants. L'œuvre qui a suscité des réactions est l'élève portant un cartable et des fourmis besogneuses formant la phrase Sobhan Allah (Gloire à Dieu). Deux lectures pertinentes ont attiré notre attention, celle de Abdewahab Meddeb, écrivain, sur le site Leaders, et une admirable lettre ouverte au ministre de la Culture, intitulée L'enfant et les quarante et une fourmis, de Imed Jmail, enseignant.
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La palme du mérite revient au ministre conseiller auprès du chef du gouvernement provisoire, Lotfi Zitoun, qui s'est transformé lors d'une émission ( Hadith Essâa) en critique d'art provoquant l'ire, la dérision des uns et soulevant l'écœurement des autres. L'installation du ring de boxe de F.G (commentée dans Vendanges de la semaine dernière) est à ses yeux un appel à la violence contre les femmes voilées. Qui violente les femmes voilées aujourd'hui ? Des fantômes sortis de l'imagination du ministre critique. Des lunettes grossissantes lui auraient montré que les portraits exposés affichent leurs confessions, les signes apposés sur leurs pupilles invitent au dialogue des religions, le message de paix est écrit en bas, brun sur beige sur les sacs accrochés.
Jamais ministre n'osât avec cet aplomb commenter les sens cachés de l'art. Sûr de sa lecture de l'œuvre, vue ou aperçue sur les réseaux sociaux, il s'est enlisé dans son discours avec des arguments fumeux, trompeurs et blessants pour les artistes et les amateurs d'art. Mais le pire tarda à venir, sans transition, notre ministre saute allégrement le pas et place sur un pied d'égalité la présumée violence artistique et les violences physiques qui ont agité le pays. Cela tient de la manigance et de l'amalgame. A défaut d'arguments, notre accoucheur de discours flottants, saupoudre ses phrases par « le peuple veut... » ou « le peuple réclame... ». Une formule usée jusqu'à la corde à force d'être exploitée.
Confondre à dessein le peuple et une foule d'activistes dévoués est une malhonnêteté caractérisée : «Quant à flatter la foule ô mon esprit, non pas ! Car le peuple est en haut mais la foule est en bas». Victor Hugo.
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Devrait-on évoquer les inepties, les contrevérités, suivies de bravades des salafistes et de Cheikh Houcine Lâabidi, imam de la mosquée Ezzitouna, contre les artistes ? Le syndicat des métiers d'art plastique dénombre 27 artistes menacés de mort et la liste s'élargit, une situation qui nourrit davantage notre indignation. Comment ne pas s'émouvoir quand des artistes concitoyens vivent dans l'angoisse et sont constamment harcelés par des anonymes de Tunisie et de l'étranger ?
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L'autorité qui, une semaine plus tôt attaquait les artistes, sort de ses manches un bouc émissaire, la justice arrête l'huissier notaire pour avoir publié les photos des œuvres et rédigé un rapport dépassant le simple constat pour exprimer une opinion. Belle tactique de repli qui cache un échec. Dans cet embrouillamini, des chefs de partis se saisissent de l'affaire et fustigent le gouvernement. Bref, tout le monde, aujourd'hui, y va de sa chansonnette pour défendre la liberté de création. Examen de conscience ? Non pas, plutôt un reflexe politique, la pré-campagne électorale commence.


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