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Dynamisme diplomatique turco-brésilien
chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 05 - 2010


Par Hmida BEN ROMDHANE
On pressentait qu'un dégel était en train de se produire dans les relations glaciales opposant l'Iran et les pays occidentaux quand la Française Clotilde Reiss, retenue à Téhéran depuis plus de dix mois, a été libérée après avoir vu sa peine de prison commuée en simple amende.
On pressentait qu'il y avait quelque chose qui se préparait quand le Premier ministre turc Tayyip Erdogan a ajourné sa visite programmée pour l'Azerbaïdjan pour rejoindre en hâte à Téhéran le Président brésilien Luis Ignacio Lula da Silva, en mission de médiation dans la crise qui oppose l'Iran aux pays occidentaux au sujet de la question nucléaire.
Les pressentiments étaient fondés puisqu'un accord a finalement été conclu avec l'Iran et par lequel celui-ci échangerait son uranium faiblement enrichi par un autre enrichi à 20% qui servirait de combustible pour son réacteur nucléaire expérimental. Une bonne nouvelle avant tout pour les «850.000 malades des reins, du cœur et souffrant de cancers» nécessitant un traitement nucléaire et qui étaient les «véritables otages» du bras de fer opposant l'Iran aux Etats-Unis et leurs alliés.
L'accord est une bonne nouvelle aussi pour tous ceux qui redoutaient le déclenchement d'une autre guerre entre l'Occident et un autre pays musulman, l'Iran. Une guerre aux conséquences incalculables, mais qui serait vue par beaucoup comme une confirmation d'une stratégie agressive globale de l'Occident contre le monde musulman.
Deux membres non permanents du Conseil de sécurité, le Brésil et la Turquie, ont la particularité rare dans un monde trop suspicieux de bénéficier de la confiance à la fois des Iraniens et des Occidentaux. Les efforts intensifs que ces deux pays ont déployés en peu de temps et les succès inattendus qu'ils ont réalisés ont renforcé à la fois leur prestige au niveau international et leur crédit en tant que nouveaux médiateurs, capables de désamorcer crises et tensions qui surgissent entre Etats.
La seule réaction négative enregistrée jusqu'à présent n'étonne personne puisqu'elle vient d'Israël. Les politiciens de ce pays ont jugé que l'Iran a «manipulé» le Brésil et la Turquie «en faisant semblant d'accepter» l'accord sur l'enrichissement de son uranium à l'étranger.
C'est la réaction d'un boutefeu qui, se frottant les mains qu'une guerre est proche, se voit frustré par un accord de dernière minute le privant de sa passion destructive. Plus de 60 ans après la création de ce pays, le monde a eu largement le temps de se convaincre qu'Israël n'est dans son élément comme on dit que quand il y a la guerre, que quand il mène une guerre, que quand il complote pour déclencher des guerres. Tout le monde sait qu'Israël n'est pas étranger aux deux guerres déclenchées contre l'Irak en 1991 et 2003. Et tout le monde sait que ce pays complote depuis au moins 2006 pour provoquer une guerre qui ferait subir à l'Iran le même sort que l'Irak.
Par conséquent, on comprend parfaitement la frustration et l'amertume des politiciens de ce pays qui n'ont même pas l'intelligence de formuler une réaction qui ait un sens. Car que veut dire l'Iran «fait semblant d'accepter» ? Comment peuvent-ils se permettre de porter immédiatement un tel jugement qui, par définition, ne pourra être émis que dans les semaines et les mois à venir et à la lumière des comportements ultérieurs des parties signataires ? Sans parler des insultes proférées à l'encontre du Brésil et de la Turquie en faisant fi de leur diplomatie active et de leur stratégie de médiateurs internationaux, et en suggérant l'idée qu'ils se laissent «manipuler» par les Iraniens.
Reste la position américaine. On ne peut pas dire que les Etats-Unis faisaient preuve d'un enthousiasme débordant face à la médiation turco-brésilienne, si l'on en juge par la réaction de la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, un jour avant le début de cette médiation. Selon le New York Times, Madame Clinton a «prédit vendredi dernier l'échec de la mission de médiation du Président brésilien, affirmant que l'Iran ne pourra être forcé de prouver que son programme nucléaire est pacifique qu'à travers une nouvelle série de sanctions».
Tous les psychologues vous le diront : quand on prédit l'échec d'une mission quelconque avant même qu'elle ne commence, cela veut dire qu'au fond on souhaite vivement cet échec. Une fois encore Mme Clinton se montre incapable de dissimuler son parti pris pro-israélien. En prédisant l'échec d'une médiation avant même qu'elle ne commence, et en défendant à la veille de cette médiation l'option des sanctions, la secrétaire d'Etat américaine prouve qu'elle est plus sensible aux thèses israéliennes qu'aux impératifs de paix et de concorde dans la région.  
Maintenant que la médiation a réussi et que les prédictions de Mme Hillary Clinton se sont avérées inexactes, le comportement des Etats-Unis va être suivi à la loupe. Le succès de la médiation et le prestige international des médiateurs va mettre Washington dans une position délicate.
L'administration Obama, après la main brièvement tendue à l'Iran, fait campagne depuis des mois pour un renforcement sévère des sanctions contre Téhéran. Maintenant que l'Iran accepte d'envoyer 1.200 kilogrammes d'uranium faiblement enrichi en Turquie en échange de 120 kilogrammes d'uranium enrichi à 20%, les Etats-Unis se sont trouvés soudain dépossédés de leur principal argument avec lequel ils orchestraient la mise en place des sanctions. Ils n'ont guère le choix que d'accepter l'accord ou de courir le risque de se faire accuser d'utiliser le prétexte nucléaire pour rééditer la tragédie irakienne en Iran.


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