Salon de l'artisanat tunisien 2026 : 42e édition du Salon de la création artisanale au Kram    L'Hôtel Africa abrite la manifestation culturelle C ART HAGE 2026 durant 4 jours (programme)    ANIMED organise un workshop du projet DIEM    IWG ajoute un nouvel espace de travail Regus à Sfax    Allemagne : la grande opportunité pour les étudiants tunisiens    Tunisie : une plateforme gratuite de soutien scolaire en ligne accessible à tous    Chery, 1ère marque automobile chinoise à dépasser les 6 millions de véhicules exportés    Tunisie : certains lots de lait Aptamil retirés... pas de danger pour les nourrissons    460 enfants atteints de la maladie de la Lune en Tunisie    Sousse Nord: coupure massive d'électricité dimanche, préparez-vous!    Exposition hommage à Habib Bouabana du 28 mars au 18 avril 2026 à la galerie Alexandre Roubtzoff    Guerre au Moyen-Orient et sécurité énergétique en Tunisie: d'une vulnérabilité subie à une stratégie d'indépendance    Météo en Tunisie : légère hausse des températures au Nord et au Centre    Tunisie : Explosion des exportations d'huile d'olive    Philippe Garcia annonce la participation active de la Tunisie à quatre événements majeurs    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    La Tunisie au cœur des grands rendez-vous franco-africains en 2026    La Société des Transports de Tunis organise des sorties culturelles pour les écoles primaires    Riadh Zghal - Des statistiques: l'image brute d'une réalité complexe    Météo en Tunisie : nuages passagers, pluies éparses sur le nord    Kaïs Saïed met le focus sur les salaires et les pensions des retraités    Trump reporte les frappes sur l'Iran : un répit diplomatique qui apaise les tensions    Chilly-Mazarin réélit Rafika Rezgui, mairesse d'origine tunisienne    Lionel Jospin, ancien Premier ministre socialiste de France, est décédé    Le fenugrec ou helba: Une graine ancestrale aux vertus multiples    Mahmoud El May - Choc énergétique global : l'entrée dans une stagflation durable    Mondher Mami: Le métronome du protocole    Aïd El Fitr: Leaders vous souhaite une fête de joie, de partage et d'espérance    Festival International de Cerfs-Volants en Tunisie : Tout savoir sur l'édition 2026 portée par les vents de la mer et le Sahara    Tunisie – Grâce présidentielle : libération de 1473 détenus à l'occasion de Aid El Fitr et la fête de l'indépendance    CAN 2025 : Sénégal privé du titre, le Maroc champion    Le paradoxe de la « qualité » académique : standardiser l'enseignement supérieur, à quel prix ?    Comprendre le Moyen-Orient, ce foyer de crises    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    Marie Curie: Une figure scientifique emblématique et un modèle pour toutes les femmes    Arbitrage tunisien : 16 arbitres sanctionnés par la Fédération    "Monsieur Day", In memoriam    Al Ahly – EST : Quand et comment regarder le match ?    Abdelkader Mâalej: L'angliciste des services de l'information    Le poulpe: Un plat raffiné et une ressource sous pression    Abdelaziz Kacem, en préface du livre d'Omar S'habou: Gabriem ou la tentation de l'Absolu    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    L'avocat Ahmed Souab libre, après plusieurs mois de détention provisoire    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    Mondher Msakni: L'orfèvre    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La réussite... à tout prix
Soutien scolaire à domicile
Publié dans La Presse de Tunisie le 24 - 12 - 2012

En pleines vacances d'hiver, le rythme des cours particuliers à domicile dispensés aux élèves s'accélère. Du primaire à la terminale. En groupe ou individuellement. Légalement et... illégalement. Et une fourchette de prix... Face au «diktat» du soutien scolaire, les parents ont-ils l'embarras du choix?
Depuis le premier jour des vacances, Eya se lève de bonne heure. Elle prend son petit déjeuner à la hâte, enfile son sac à dos et emprunte une direction, la même depuis deux ans. Le domicile de son professeur «particulier» de mathématiques est à quinze minutes de marche. «De quoi se rafraîchir la mémoire», lance-t-elle amusée... L'élève en neuvième année de l'enseignement de base ne regrette ni la grasse matinée ni les jeux passés en boucle à la télé : «Je prépare les cours du prochain trimestre. Je veux aller plus vite que les autres», confie-t-elle... Son ultime objectif étant de décrocher une place dans un lycée pilote, elle est catégorique : «Les vacances, les vraies, pas avant l'été...».
Une réglementation en suspens
En attendant la saison estivale, les parents de Eya et de centaines d'autres élèves se plient à l'une des exigences de l'enseignement, du primaire au secondaire, que nous appelons dans notre jargon «l'étude». «Sans les cours particuliers, il ne faut pas rêver, l'élève n'aura jamais de bonnes notes». Amel Rjeb, parente d'élèves en huitième et deuxième année, se soumet à cette nouvelle réalité. Elle, qui n'a jamais fait de cours particuliers pendant toute sa scolarité et qui «révisait sans l'aide de personne», rappelle que ces cours, dispensés à titre privé, étaient bien l'apanage d'une certaine frange de la société... Elle concède: «Le système éducatif a complètement changé, les cours donnés en classe doivent désormais s'accompagner impérativement d'un soutien scolaire. Comme si les explications en classe étaient insuffisantes pour bien assimiler la leçon»...
Les cours particuliers à domicile sont réglementés depuis plusieurs années déjà. Le ministère de l'Education n'a de cesse de rappeler à travers des circulaires envoyées au corps éducatif les modalités et les règles à suivre en cas de prise en charge des élèves, en dehors de l'école. Ainsi, les professeurs n'ont pas le droit de donner des cours privés à leurs propres élèves à domicile. Le nombre d'élèves par groupe doit être limité. Le nombre d'heures aussi. Les conditions d'hygiène doivent être conformes et l'éthique doit être respectée...
Des parents, des syndicalistes et des pédagogues ont depuis quelques années attiré l'attention, de différentes manières, sur une activité pédagogique qu'ils estiment mal gérée, voire contraire à la loi pour certains cas. On pensait que le problème allait être réglé et les dérapages maîtrisés. Les cours particuliers suivent néanmoins leur chemin et rien ne semble dissuader une pratique bien ancrée. Il faut bien le reconnaître: la demande se fait toujours pressante de la part des parents eux-mêmes. Souad R, enseignante de français, affirme recevoir la visite de parents au lycée. Ils la «supplient pour qu'elle donne des cours supplémentaires à leurs enfants». On lui accorde même le choix de l'endroit: soit chez eux, soit chez elle. Elle dit respecter à la lettre la déontologie, ne donne jamais de cours particuliers à ses élèves à l'extérieur et se rappelle toujours l'histoire de ce collègue, qui, pris en flagrant délit, a été sanctionné. Elle confirme que «le gain d'argent est à l'origine de tous les dépassements».
240 dinars par mois : c'est la somme que Moufida dépense en cours particuliers dispensés à sa fille unique, élève en huitième année. Elle affirme en revanche que cet argent est le meilleur investissement. «Je n'accepterai en aucun cas que le niveau de ma fille soit médiocre...». Elle confirme au passage que tous ceux qui font l'étude reçoivent généralement une bonne note : «Certains professeurs donnent un aperçu de l'examen à subir en classe pendant le cours particulier; les élèves ne risquent donc pas de mauvaises surprises». Elle dit s'opposer à ce comportement «discriminatoire». Et, d'ajouter : «Ceux qui ne font pas les cours particuliers sont souvent dépassés en classe».
«La priorité au futur bachelier»
Les tarifs des cours particuliers varient selon le niveau de classe, la matière, le cœfficient et le professeur. Ce qui désole Montacer. La quarantaine révolue, père de trois enfants, il ne cache pas qu'avec la flambée des prix des denrées alimentaires, il n'arrive plus à maintenir le rythme des années précédentes. Seul l'aîné, élève en terminale, bénéficie, de cours particuliers cette année. «Je verse deux cents dinars chaque mois, c'est déjà une grosse somme. Les tarifs sont abusifs mais je n'ai pas le choix».
La séance individuelle étant facturée parfois au-delà de 70 D l'heure, c'est une «manne» pour le professeur et un «désastre économique» pour le parent de l'élève. Le père de famille dit prendre en charge ses deux autres enfants en matière de révision et se fait aider par les manuels parascolaires... «Certes la démarche pédagogique n'est pas la même que celle de l'enseignant mais la priorité est accordée au futur bachelier», lance-t-il sur un air résigné.
Les matières à cœfficient 4 échappent rarement au «diktat» du soutien scolaire comme le souligne Maha, mère de deux lycéens. Tout en reconnaissant l'utilité de ce coup de main pédagogique, elle déplore que certains enseignants intimident l'élève pour l'obliger à suivre les cours particuliers. Elle reproche aussi à certains d'entre eux le fait qu'ils ne reprennent jamais la leçon une fois leur programme terminé, «pourquoi ne pas demander à l'élève ce qu'il n'a pas bien compris pendant le trimestre? Faut-il toujours que les cours particuliers soient le meilleur moyen pour réexpliquer la leçon?».
Des cours dispensés en groupe de deux, de quatre, de cinq... ou individuellement. Le cours donné à titre individuel coûte généralement plus cher. Et non sans raison : Yassine, élève en neuvième année, suit des cours de mathématiques au domicile d'un «très bon» professeur à la retraite. Il est cependant découragé. Il affirme que la séance se passe très mal. «Je fais partie d'un groupe de cinq élèves et nous ne sommes pas tous du même niveau. On bavarde et j'ai du mal à me concentrer».
Yassine est déjà à la recherche d'un nouveau professeur. Ce ne sont pas les offres qui manquent : sur les colonnes de journaux, sur des papiers collés un peu partout dans la rue, sur internet et même sur Facebook, les offres pullulent... «Il faut faire très attention en choisissant un professeur à domicile, lance Maha. Selon elle, il est important de se renseigner sur son niveau, ses aptitudes,... Certains se font passer pour de bons pédagogues alors qu'ils ne le sont pas du tout. Les cours particuliers sont déjà un mal nécessaire et il ne faut pas que ça tourne mal...».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.