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Je cohabite, donc j'existe
Colloque : "La Tunisie sous l'occupation allemande"
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 01 - 2013

La cohabitation judéo-arabe était un exemple dans l'histoire de la Tunisie, un exemple de respect, de fraternité et d'amitié. La connaissance de l'histoire est essentielle, car l'être historique est en chacun de nous. Et celui «qui n'a pas conscience de son histoire, en est forcément dépossédé», comme le disait Shashi Deshpande. Ce qui est encore plus intéressant, c'est que l'exposition du comportement humain nous aide à mieux comprendre une période historique, quelle qu'en soit l'époque.
C'est dans ce sens que se lance le projet de l'Association tunisienne de soutien aux minorités qui s'est engagée à développer et à enraciner les valeurs de la diversité dans la société, en défendant les minorités dans toute leurs différences religieuses, culturelles, ethniques, etc. Cette association a ainsi organisé, le 29 décembre dernier, un colloque intitulé : «Illusions, souffrances, résistances - La Tunisie sous l'occupation allemande (novembre 1942 – mai 1943)». Cette période est importante aussi bien dans l'histoire de la Tunisie que dans celle des juifs de Tunisie.
Pendant la guerre, «il y a eu un programme contre les juifs de la Tunisie», affirme le professeur d'histoire Abdelhakim Allagui. En effet, les manifestations antisémites et la haine raciale ont régné sous l'occupation allemande en Tunisie. Et l'opinion publique était sans repères à cause du chômage, de la misère. Sans parler du Néo-Destour qui a été réprimé: condamnations, exils... Bref, la Tunisie était «éparpillée et à la recherche d'un protecteur...d'un chef», souligne-t-il. C'est ce qui a brouillé la vision de l'opinion publique qui était tiraillée entre les Français et les Allemands. La sympathie du peuple à l'égard de l'Allemagne et la condamnation antisémite de Vichy ont concouru à provoquer le trouble et l'agitation du peuple. Néanmoins, les Italiens étaient contre le mouvement antisémite.
C'est grâce à l'accès de Moncef Bey au pouvoir en 1942, qu'il n'y a pas eu recours aux lois antisémites. Ce dernier a affirmé qu'aucune distinction entre juifs et musulmans ne doit avoir lieu. «Ils sont tous mes enfants», déclarait le Bey qui voulait se libérer des autorités vichystes en Tunisie. Moncef Bey a donc réussi à «rassembler les Tunisiens», car «l'équation intercommunautaire entre juifs et tunisiens» ne doit pas être hérissée.
«Malgré tout, la cohabitation est possible dans cette communauté hétérogène», a précisé Claude Nataf, président de la Société d'histoire des juifs de Tunisie. Ces évènements ont été transcendés sous une forme littéraire avec, notamment «Six mois sous la botte» de Paul Ghez. Pour sa part, Tabette Wali a attesté que «ce journal de marche inscrit son écrivain dans la force de l'écriture, puisqu'écrire et créer, c'est résister à toute forme d'injustice et d'intolérance». C'est, justement, dans ce sillage que Serge Moiti, écrivain et cinéaste, dit avec ardeur qu' «on a vécu ensemble, en frères qui se comprenaient. C'est un exemple pour l'histoire, un combat exemplaire, nous pouvons témoigner de cette Tunisie, de ce qu'elle doit être. Nous étions heureux d'être arabes (Ndlr : par la langue); on nous a cachés dans la Médina, et ce sont nos copains musulmans qui nous ont protégés contre les injustes. Il n'y a aucune raison de nous disloquer. Je parle de ceux qui sont au pouvoir...». Ce message, qui rejoint l'idée de l'union fait la force, a été reformulé par Habib Kazdaghli, le doyen de l'Université de La Manouba, qui affirme qu'après 70 ans, après cet évènement et tant d'autres, «l'unicité, l'amour pour la Tunisie et son ouverture sur les autres cultures doivent inévitablement être au cœur de notre lutte pour la liberté, car sur cette terre, l'œuvre humaine n'aura sa gloire que par un engagement permanent pour la paix ». Cette œuvre est possible quand elle est encadrée par les organismes et les associations. Quant à Anne Marie Recolveschi, présidente de l'Association Aladin, une jeune organisation fondée sous les auspices de l'Unesco, elle a déclaré que le projet Aladin est «une passerelle entre toutes les cultures. La connaissance de l'histoire humaine et mondiale est un moyen pour amener la réflexion sur la grande histoire. Et si le génocide est le pire des conflits, l'ignorance est le pire fléau, car elle est le berceau de la haine». Connaître la parole religieuse, culturelle ou autre, permet ainsi d'accéder à la voix de la connaissance de l'autre. La méthode Aladin consiste donc à «traduire la connaissance dans la langue de l'autre». Cette langue est foncièrement ancrée dans la paix, la confiance et l'amour.
Cependant, la tolérance, comme le pense Sophie Bessis, n'a plus sa place actuellement, elle doit être plutôt substituée par : égalité et cohabitation. Car on ne demande pas d'accepter, mais de coexister dans une «Tunisie citoyenne, dans une communauté de valeurs et de principes».
Finalement, ce colloque, riche à l'image de la richesse de la Tunisie, aura établi, une fois de plus, combien ce pays est hospitalier et généreux. Tous ceux qui l'ont connu, s'accordent sur le fait qu'il est «composé de morceaux hétéroclites et palpitants». Est- il besoin de rappeler que «la Tunisie musulmane n'est qu'une partie d'un tout qui garde, malgré les apparences, son unité secrète», comme en témoignent Arthur Pellegrin et Naceur Tounsi dans leur livre Tunis et ses images.


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