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Entretien avec Ridha Taktak (vice-président de la FTH) : Les raisons du déclin du tourisme tunisien
Endettement des unités hôtelières
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 02 - 2013

Le déclin du secteur touristique est unanimement reconnu et la situation risque d'empirer si l'on tarde encore à entreprendre les réformes qu'il faut. L'endettement du secteur hôtelier et la modestie des recettes, entre autres, en disent plus. Une vérité qui dérange, une réalité alarmante qui pourra bientôt s'ériger en une fatalité: le tourisme tunisien est en berne et sa contribution dans l'ascenseur économique national est en net repli. Bien que le pays s'offre sur des atouts notables, il n'arrive pas à monétiser la manne. Les manquements seraient donc l'œuvre d'hommes et l'aboutissement logique de défaillances. M. Ridha Taktak, hôtelier et vice-président de la Fédération tunisienne de l'hôtellerie, en parle, s'attardant sur les difficultés que le secteur rencontre dans son ensemble.
L'endettement du secteur hôtelier est de plus en plus grave et pesant. Quels seraient les dessous de la crise, selon vous ?
Le secteur touristique a réalisé un taux de croissance moyen annuel de 17% pendant la période allant de 1965 à 1990. Pendant cette période, tous les hôteliers ont non seulement honoré leurs échéances bancaires, mais ils ont aussi réinvesti à la fois dans l'hôtellerie ainsi que dans d'autres secteurs de l'économie du pays. Ce qui prouve que l'industrie du tourisme est un choix économique judicieux pour le pays.
Cette réussite fulgurante du secteur a incité les banques de développement à prendre leurs parts du gâteau en imposant un taux d'intérêt exorbitant de 15% aux investissements touristiques alors que pour les autres secteurs d'activités ces mêmes banques, et durant les mêmes périodes, accordaient des crédits à des taux beaucoup moins élevés à concurrence de 12,5% pour l'industrie et 8% pour l'agriculture. Ces banques de développement, organisées en pôle oligarchique, se sont concertées pour faire le même modèle de contrat de crédit qui enfreint plusieurs lois du pays et circulaires de la Banque centrale de Tunisie qui ont été faites pour protéger les emprunteurs de certaines pratiques usurières. La liste exhaustive de ces infractions est trop longue mais cela n'empêche, pour la bonne compréhension de l'ampleur de cet endettement, d'en citer quelques-unes. L'on parle, dans ce sens, de la loi stipulant qu'il est strictement interdit aux banques de capitaliser les intérêts impayés et les rendre eux-mêmes productifs d'intérêts. Bien que l'on ne puisse pas être plus clair, les banques ont quand même capitalisé les intérêts impayés et les ont ajoutés au principal de la dette. Et ce, jusqu'au changement de la loi en l'an 2000 qui, au lieu de réparer le préjudice commis, a rendu possible la capitalisation des intérêts. L'autre infraction consiste à percevoir les intérêts d'avance en début d'exercice bien qu'il soit stipulé clairement que les intérêts sont payables à termes échus et décomptés à partir de la date à laquelle le compte courant du bénéficiaire a été crédité.
S'y ajoutent consécutivement la bonification des intérêts qui s'est trouvée illégalement détournée de son objectif, à savoir la prise en charge par l'Etat des intérêts conventionnels, pour être affectée par les banques aux règlements des pénalités, frais et intérêts de retard.
L'on parle également de la modalité d'affectation des règlements, la loi stipule que l'emprunteur peut affecter son paiement à la dette qu'il a le plus intérêt à acquitter, et à défaut de désignation par l'emprunteur, le paiement sera affecté à la dette la plus onéreuse et la plus ancienne en date. Cependant, les banques de développement appliquent exactement le contraire de cette loi en imputant les paiements prioritairement aux règlements des pénalités, des frais, des intérêts de retard, et bien après des intérêts conventionnels et puis en dernier lieu du principal.
Ces infractions aux lois et à la réglementation du pays nécessitent réellement que les pouvoirs publics aient le courage d'avouer le préjudice qu'ils ont fait subir au secteur touristique. De là, de trouver des solutions justes et équitables au lieu de faire endosser toute la responsabilité de cet endettement aux hôteliers qui sont en train de supporter un endettement indûment réclamé par les banques car il est gonflé d'un surplus d'au moins 30%. Ce surplus peut aller jusqu'à 60% du total de la dette, et ce, d'après les études financières faites par les experts engagés par la Fédération Tunisienne de l'Hôtellerie.
Ceci étant, et malgré tous les préjudices subis par le secteur touristique et pour éviter toutes polémiques, la Fédération tunisienne de l'hôtellerie a proposé officiellement au gouvernement des solutions faciles à réaliser, qui préservent surtout les intérêts des banques avant même ceux des hôteliers et qui ne lèsent en rien le contribuable tunisien. Cela, contrairement à la solution proposée par la Banque mondiale qui consiste en la création d'une société de gestion d'actifs qui rachèterait les créances bancaires classées à 25% de leurs valeurs. Cette solution va non seulement porter préjudice au patrimoine national qui renoncerait à presque 75% de sa créance, mais va aussi spolier les hôteliers de leurs biens.
En réalisant que les handicaps et les difficultés accablant le secteur sont beaucoup moins conjoncturels que structurels, quelles seraient les réformes à entreprendre ?
Les handicaps qui accablent le secteur sont essentiellement conjoncturels et affectent directement les résultats annuels. En effet, depuis le début des années 90, des crises se sont succédé à un rythme presque périodique, à savoir la guerre du Golfe, les attentats du 11-Septembre, l'attentat du 11 avril à la Ghrayba de Jerba ... jusqu'à la dernière en date du 14 septembre 2012. Ces crises sont exogènes au secteur touristique et le pénalisent lourdement. Il ne faut pas, pour autant, fermer les yeux sur les problèmes structurels auxquels il est impératif de trouver des solutions adéquates. Telles que la diversification et l'amélioration de notre produit, l'ouverture du ciel pour plus de connexions aériennes, l'amélioration de la formation professionnelle, l'augmentation du budget de la promotion, de la communication et du marketing, le bon positionnement sur le web, la restructuration financière des hôtels et la prise en compte de la nouvelle concurrence émanant des pays méditerranéens qui se sont mis à investir dans le tourisme balnéaire, à savoir l'Egypte, le Maroc et surtout la Turquie.
Tous ces handicaps structurels sont maintenant en cours d'être solutionnés par la mise en place d'une unité de gestion par objectifs (Ugpo) au sein du ministère du Tourisme qui va mettre en application toutes les recommandations des études stratégiques faites sur le secteur touristique.
La Tunisie n'est plus une destination compétitive, certains observateurs pointent du doigt les services fournis par les hôtels (chambres, restauration, animation, accueil, accompagnement, guidage, etc.), en plus de la modestie des moyens de loisirs. Qu'en diriez-vous ?
La Tunisie manque farouchement de moyens de loisirs et est restée une destination dortoir. Les pays concurrents ont su mettre en évidence leurs avantages comme le tourisme culturel et la plongée sous-marine en Egypte, les festivals en Espagne et au Maroc et le shopping en Turquie...
Largement devancé par ses principaux concurrents, le tourisme tunisien n'est toujours pas parvenu à mieux cibler et intéresser le haut de gamme. D'où la modestie des recettes. Aujourd'hui que les temps ont changé et avec eux la carte géoéconomique mondiale, voulez-vous établir un diaporama des nouveaux marchés qui pourraient être significativement profitables au tourisme tunisien, donc, à l'économie nationale ?
Il faudrait scinder cette question en deux, à savoir la modestie des recettes d'une part et les clients haut de gamme d'autre part.
En ce qui concerne la modestie des recettes touristiques il faut savoir qu'elle ne concerne en aucun cas les hôteliers pour la simple raison qu'ils vendent aux mêmes prix que leurs concurrents, à savoir l'Egypte, la Grèce et moins maintenant la Turquie. Par contre, les touristes dans les pays susmentionnés dépensent beaucoup plus qu'en Tunisie à l'extérieur des hôtels dans le shopping, les distractions, les casinos, etc.
Quant au tourisme haut de gamme, la Tunisie en est trop loin, rien qu'à voir l'état de nos taxis, de nos voitures de location, etc. Le tourisme haut de gamme exige des produits de haut standing et de grand luxe.
Enfin, il faut tout de même terminer par une touche d'optimisme tout en étant réaliste. Le secteur touristique reste un choix incontournable pour l'économie du pays, puisqu'il contribue à concurrence de 19% d'une façon directe et indirecte au PIB national, emploie 12% de la population active du pays, assure 15% de nos recettes en devises et n'a que 7,9% du total du crédit alloué à l'ensemble de l'économie du pays.
Il faut prier Dieu pour qu'il nous préserve d'éventuels problèmes conjoncturels. Il faut dire, au demeurant, qu'il incombe à toutes les parties prenantes de mettre le paquet pour appliquer les recommandations des études de restructuration de tout le secteur en donnant les moyens humains nécessaire à l'Ugpo.


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