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Femmes, la Tunisie vous aime
Publié dans La Presse de Tunisie le 13 - 08 - 2013

A présent, ce sont les femmes qui mènent le jeu et sont à l'avant-garde. Il est désormais inconcevable d'espérer une société plus libre et un monde meilleur sans leur concours
C'est parce que la Tunisie a été fondée par une certaine Elissa que la femme occupe les premières loges dans l'histoire de son pays ? Au delà du mythe, la trajectoire de la Tunisienne, depuis la nuit des temps à nos jours, prouve que ce pays, la Tunisie, a été féministe et il l'est encore.
De l'histoire on tire une certaine fierté et un sentiment de légitimité, c'est le cas. Les pionnières de cette terre ont traversé l'histoire et défié l'oubli. Depuis 814 av J-C, quand la Reine Didon avait choisi pacifiquement un pied à terre, pour fonder une nouvelle capitale circonscrite par des lambeaux de peau de bœuf. C'est ainsi que Carthage est née. Depuis la reine berbère et guerrière, la Kahéna, qui combattit les Omeyyades au VIIe siècle. Depuis Aziza Othmana, la bienfaitrice, née en 1906. Princesse descendante des Mouradites, lettrée et généreuse. Son nom restera associée aux œuvres de bienfaisance.
Plus proches de nous, des portraits ont porté haut et fort l'engagement au féminin, Bechira Ben M'rad, la princesse du féminisme à la tunisienne, fondatrice en mai 1936 de l'Union musulmane des femmes de Tunisie. Radhia Haddad, cette militante politique, présidente de l'Union nationale des femmes de Tunisie. Une des premières parlementaires africaines et arabes. La liste est encore longue. Nos respects et hommages posthumes à celles que nous n'avons pas citées.
Par le cumul de ces destins hors du commun qui se superposent, l'idéal féminin a été poussé haut et fort pour présenter la marque de fabrique de l'identité tunisienne. Arrive enfin Bourguiba. Premier président de la République. Au titre de père de la Nation s'ajoute celui de libérateur de la femme.
Etait-il possible de construire un Etat moderne et reléguer la femme à l'arrière plan, dans le noir de l'anonymat ? Bourguiba a dit non et l'a fait savoir. Avec le Code du statut personnel, promulgué en ce jour du 13 août 1956, Bourguiba a instauré l'égalité dans certains domaines entre l'homme et la femme. Ce Code progressiste qui restera, même de nos jours, un cas à part dans le monde arabe, par l'abolition de la polygamie et du système coutumier de la répudiation, par l'instauration d'une procédure judiciaire pour le divorce, la femme tunisienne a un statut et des acquis qui feront d'elle une citoyenne à part entière.
Sortir des clichés !
Aujourd'hui on célèbre la femme. Mais le temps n'est-il pas venu pour sortir des clichés, de l'énumération, du rituel des célébrations, des sms souhaitant bonne fête, des équipages entièrement féminins et de la distribution des fleurs. Ces manifestations, pour symboliques qu'elles soient, ne peuvent nous faire oublier le danger qui menace dans leurs fondements les droits des femmes tunisiennes.
A suivre les discussions sur les réseaux sociaux et le débat national engagé sur les droits des femmes au moment de l'écriture des chapitres constitutionnels les concernant, il est visible que certaines questions qui paraissaient évidentes ne sont pas encore tranchées. Le rassemblement organisé aujourd'hui au Bardo et celui de l'année dernière à la même date démontrent bien que la femme tunisienne se sent menacée dans ses acquis, mais ne compte pas baisser les bras non plus.
La question qui se pose maintenant, la Tunisienne a-t-elle atteint un degré d'émancipation irréversible, ou bien un retour en arrière est-il possible ? « Certains acquis sont irrévocables, répond l'universitaire et psychanalyste Raja Ben Slama, comme le travail de la femme qui ne sera pas remis en cause, je pense, même par les islamistes. Quand le mouvement des Frères a été créé en Egypte en 1928, ils étaient contre le travail des femmes; à présent, ils ne le sont plus. A ce niveau, la modernité s'est imposée. Il n'y aura pas de retour en arrière ni de changement juridique frontal. En revanche, le danger vient dans le domaine du social et de la symbolique. Si le planning familial n'est plus pratiqué, cela représente un danger en soi pour l'émancipation de la femme. Si la femme dans la Constitution est définie à travers la famille, comme c'est le cas dans le projet actuel, et non pas en tant qu'individu, cela représente aussi une menace parce que la femme n'est plus perçue dans son entité. Meherzia Laâbidi, qui occupe le poste important de vice-présidente de l'Assemblée, s'est présentée dans un speech sur l'Avenue Habib Bourguiba comme la fille, la sœur et la mère d'un aigle (Sakr), elle se définit par la filiation avec les mâles de sa famille, et non en tant que personne à part entière. Il y a un double problème au niveau du message qu'elle envoie et de la perception qu'elle a d'elle-même ».
Les femmes en avant-plan
Il est un fait qu'après la révolution de 14 janvier, les voix et les passions se sont libérées. Des plaidoyers à charge contre l'œuvre de Bourguiba ont commencé à fuser en provenance notamment des familles politiques islamistes et identitaires. Des voix dénonçaient à titre posthume et avec virulence cette modernité imposée. Bourguiba s'est érigé alors pour certains comme le fossoyeur de l'identité arabo-musulmane de la Tunisie.
Quoi qu'il en soit, et dans la pratique ainsi que dans les textes, la société tunisienne a toujours été plus libérale que les autres sociétés arabes, y compris voisines. Même si l'acte décisif de la libération de la femme tunisienne a été fait de manière autoritaire par Bourguiba.
Sauf que, il faut le souligner, la femme a été l'un des vecteurs essentiels utilisés par Ennahdha pour se socialiser dans les années 80 ; par les mariages collectifs, la transmission de la bonne parole, les œuvres caritatives et le port du voile qui a été une manifestation militante de refus de la politique Bourguibienne.
Maintenant, doit-on défendre les droits de la femme dans leur singularité ou bien simplement parce que cela fait partie d'une défense des droits humains dans leur globalité ? Beaucoup de questions font débat dans cette Tunisie à la croisée des chemins. Mais jusqu'à présent, ce sont les hommes qui venaient au secours des femmes. A présent, ce sont les femmes qui mènent le jeu et sont à l'avant-garde. Il est désormais inconcevable d'espérer une société plus libre et un monde meilleur sans leur concours.


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