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Le mental en sport
POINT DE VUE
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 08 - 2013

Aujourd'hui, un sportif de haut niveau et le footballeur en particulier est formé de manière optimale sur les plans technico-tactique et physique mais délaissé sur le plan psychologique, alors que dans le même temps on ne cesse de clamer que «le mental fait la différence ». En effet, on entend souvent les acteurs du domaine sportif dire: « le mental a trahi, manque de concentration, manque de confiance en soi ...», mais là où le bât blesse c'est de parler du mental après un échec, c'est-à-dire après que le jeu est fait!
Si le terme mental est abondamment utilisé dans les discours des entraîneurs et des athlètes, la préparation mentale, elle, ne fait pas encore recette dans le milieu sportif, notamment le football. A l'inverse de la préparation physique, le contenu d'une séance de préparation mentale reste assez vague pour les professionnels comme pour les passionnés.
En effet, le mental est une condition sine qua non de la performance en sport. Le mental, ça se travaille, ça s'éduque et ça s'entraîne dès le jeune âge afin qu'il devienne une routine indissociable de tout un système de préparation technico-tactique. Le mental n'est donc pas une magie ! Le mental est inclus dans un domaine très vaste et complexe qui est celui de la psychologie. Ce dernier est constitué de très nombreuses composantes : les qualités et les événements. Les qualités, ce sont les aspects personnels (psychiques) et les évènements, ce sont les situations (les épreuves) s'articulant avec les conditions sociales, environnementales et matérielles de l'accomplissement du geste sportif. Le mental suppose la connaissance de soi à travers l'autoévaluation, l'autocritique et l'étude de son comportement, ses réactions, ses pensées limitantes, par le biais de tests d'évaluation de la personnalité, de la motivation, de l'anxiété précompétitive et de la résistance au stress.
Le mental, ça se travaille à la maison et à l'entraînement, mais pas en pleine compétition comme certains entraîneurs daignent le faire croire, car en compétition, on parle plutôt de déclenchement des fonctions exécutives et d'autonomisation de la concentration dans le jeu.
Généralement, il faut deux à trois mois avant de déceler un effet probant de la préparation mentale. La règle est donc simple : si on entraîne le mental, il s'améliore et si on arrête, il régresse ; tout comme l'exercice musculaire méthodique pour gagner en volume et en puissance.
Travailler son mental, c'est accorder de l'importance à certains éléments, parfois à des détails, et comprendre qu'un seul élément puisse influencer le comportement moteur du sportif. Organiser, systématiser son fonctionnement, analyser (à froid) objectivement les causes de la réussite et de l'échec, établir des objectifs opérationnels et précis, augmenter sa résistance à la frustration, employer l'auto-langage, susciter des vécus sensoriels et des sentiments positifs mais contrôlés, tels sont les corollaires d'une préparation mentale efficace et prometteuse.
Un des moyens les plus utilisés en préparation mentale, surtout à un stade de maîtrise avancé, est celui de l'imagerie mentale accompagnée d'une exploration respiratoire et d'un travail de relaxation, qu'on peut désigner par le terme générique de sophronisation. C'est une méthode qui consiste à employer une « vidéo mentale » sous les directives du préparateur mental, visant aussi le développement d'une estime de soi réaliste et positive constituant ainsi la clé de voûte de l'optimisation de la performance sportive. On recommande aussi d'utiliser des enregistrements vidéo de compétitions ou de vécus moteurs antérieurs aux fins de les visualiser en groupe et d'anticiper les actions à l'issue de stoppage de séquences choisies. L'avantage de ce travail d'anticipations guidées réside dans l'ancrage d'une disponibilité motrice générale chez le sportif. L'imagerie mentale peut être aussi chronométrée, et l'adéquation entre le temps d'exécution imaginée et d'exécution réelle constitue un bon indice de la réussite du geste.
L'imagerie mentale est donc une méthode d'entraînement dont les avantages ont été d'ores et déjà corroborés par les neurosciences, telle qu'une représentation figurative d'un geste précis provoque une activation cérébrale y afférente, une décharge myoélectrique du même circuit lorsque le geste est réellement exécuté, voire enfin, quoique relative, une activation cardiovasculaire similaire à celle de l'effort réel. Employée conjointement avec des techniques de relaxation et de détente contrôlées et dosées, cette méthode permet de « déstresser » les athlètes fragilisés par les facteurs anxiogènes ou canaliser ceux qui se lassent, en leur permettant de mieux réapprendre à respirer (respiration relaxante vs dynamisante), afin de minimiser la tonicité du myocarde et abaisser la pression intra-ventriculaire. Sur le plan psychique on parle alors de sentiment de bien-être subjectif qu'on désigne aussi par «l'émostat ». Cette méthode pourrait aussi profiter aux athlètes blessés en leur offrant la possibilité de s'investir pendant leur période de repos et suivre, sous forme de représentation mentale, le même rythme des entraînements que leurs coéquipiers.
A l'issue de cette analyse, on peut cerner le travail mental à deux niveaux : le niveau de l'exécution technique et le niveau des évènements la conditionnant, tels que les facteurs environnementaux et les situations frustrantes. Le tout concerne aussi bien les sports à confrontation directe (sports de combat, basketball, handball, rugby, football, etc.) que les sports à confrontation indirecte (natation, athlétisme, tennis, volleyball, etc.). Dans cette même perspective, il s'avère que la classification des activités sportives en sports collectifs et en sports individuels est désuète, et doit être de ce fait révisée. Le concept de groupe, quant à lui, doit être aussi réhabilité en tant que « tout cohésif » et non pas la somme de ses parties distinctes. Ce « tout cohésif » est facilement démontrable à l'exemple d'un test de concentration, de réaction oculo-manuelle, d'anticipation visualisée ou tout autre test spécifique : c'est en participant à ces épreuves que les membres du groupe sportif se sentent motivés par leurs exécutions, leur donnant l'occasion de faire des échanges, sous forme de critiques et de feedbacks constructifs, de nature à souder les esprits divergents, à canaliser la cohésion du groupe et à optimiser son moral.
Il s'avère donc que l'entraînement sportif est un système enchevêtré sollicitant une pluridisciplinarité : entraînement technico-tactique, préparation physique et préparation mentale. La compacité du mental en sport justifie le monisme corps-esprit de l'athlète et impose alors un travail ciblant les deux aspects, physique et mental, de son entité personnelle, en tant qu'entité bipolaire (biologique et informationnelle).
Selon certains esprits bienveillants dans nos milieux sportifs, le mental n'est pas fictif et il n'est jamais trop tard pour commencer, car ce n'est que dans cette démarche unifiée qu'un entraînement sportif entrelacé se veut garant d'une performance optimale !
Docteur en Sciences du Sport
Expert en préparation mentale (ISSEP )


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