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Sauver Tunisair
Transport aérien
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 12 - 2013

«A deux heures de vol des principales capitales européennes et aux portes de l'Afrique avec son potentiel de développement, le secteur aérien dans ensemble dispose de véritables atouts concurrentiels», positive un commandant de bord de Tunisair
Sauver la compagnie aérienne nationale est de nature à préserver, voire fructifier l'argent du contribuable alors que la sacrifier profiterait aux grosses compagnies européennes et du Golfe, qui négocient la cinquième liberté, et, dans une moindre mesure, aux opérateurs locaux. Selon cette optique aussi simple que réelle, l'arbitrage paraît évident. Toutefois, dans les faits, les scénarios catastrophes, les polémiques et les querelles ont fait passer en arrière-plan les programmes de restructuration ambitieux. Plus précisément, la série de résultats déficitaires de Tunisair, dépassant le seuil de cent millions de dinars, a gelé d'ambitieux plans qui visent à valoriser la situation géographique de la Tunisie, favorable à un meilleur positionnement de la compagnie nationale, et tout le secteur du transport aérien en Tunisie. «A deux heures de vol des principales capitales européennes et aux portes de l'Afrique avec son fort potentiel de développement, le secteur aérien, dans son ensemble, dispose de véritables atouts concurrentiels», positive M. Karim Elloumi, commandant de bord de Tunisair et membre du syndicat des pilotes. «En d'autres termes, de larges potentialités de développement, continue-t-il, risquent de partir en fumée si on n'engage pas, à temps, un plan correct de redressement de groupe Tunisair et un judicieux business plan». Le syndicat de base s'est investi dans un plan de redressement qui couvre toutes les dimensions de l'entreprise, financière, commerciale, managériale et sociale. «Et c'est une formule globale et complète avec une forte corrélation de ses variables qui pourrait perdre de son efficacité si elle était morcelée», insiste le pilote.
Commençant par là où cela fait le plus mal, il préconise l'assainissement du passif de l'entreprise. En effet, le transporteur national a besoin d'une bouffée d'oxygène avant de se lancer dans les investissements. Une avance de 300 millions de dinars à rembourser par les recettes de la cession des deux avions présidentiels, la BBJ et le A340. De même, la compagnie, aujourd'hui plus que jamais, a besoin d'un recouvrement intégral de ses créances envers les organismes publics. «Seule la présidence de la République a réglé ses factures», déplore-t-il. Par ailleurs, l'annulation de la dette du groupe Tunisair envers l'Office de l'aviation (OACA) par une simple renonciation de l'Etat à ses dividendes procurés par sa part dans le capital de l'office semble, selon le syndicaliste, une mesure envisageable. «Cette opération a été approuvée dans un premier temps, mais elle est restée sans suite», souligne-t-il.
Sur un autre plan, le rapport de la compagnie rappelle le poids des missions d'intérêt national qui ont été réalisées, notamment pour le secteur touristique ou le développement du trafic sur certains aéroports dans les régions. La compensation de ces services publics est estimée à 6 millions de dinars. En haut du bilan, le renforcement des fonds propres par de nouvelles participations est de nature à répondre en partie aux besoins de financement des investissements futurs. Au niveau de la stratégie commerciale, l'Afrique et le fret, selon le pilote, constituent de principaux vecteurs d'activité, jusque-là très peu développés. «Les Américains et les Européens investissent dans les infrastructures et la formation en Afrique», souligne-t-il. Et de continuer : «C'est à nous de nous positionner en misant sur notre proximité géographique et cultiver notre compétitivité sur cette sixième liberté». A cet égard, les alliances forment un instrument privilégié. Le récent accord avec la compagnie libyenne «Afriqiyha», explique-t-il, permet, d'une part, de compenser l'inactivité des appareils de la flotte mis en vente et, d'autre part, de bénéficier de prix préférentiels du baril de kérosène libyen. Un vol quotidien régulier pour Dubai via Tripoli est désormais possible. De même, la complémentarité avec les compagnies tunisiennes privées est fort bénéfique pour tout le secteur, qui devrait se développer suivant une approche globale, insiste le professionnel en se basant sur une étude stratégique qui stipule que la compétitivité passe par le partage des ressources et le regroupement des approvisionnements. Au final, l'objectif est d'élargir le réseau des dessertes au sud et à l'est, notamment les longs courriers, et vers la Chine précisément.
Tout est tributaire d'une meilleure gouvernance
Avec 230 agents par avion, le redressement est inévitable. L'objectif est de s'aligner avec le ratio du secteur, à savoir 176 agents par avion. Le plan d'assainissement social prévoit le départ de 1.700 agents sur deux ans, le gel des recrutements et des salaires ainsi que le non-remplacement des 329 départs à la retraite.
Ce dégraissage ne sera pas porteur de bons résultats sa ns un profond changement du mode de gouvernance du groupe. «Et c'est là l'axe central autour duquel s'articulent toutes les autres réformes», insiste-t-il. Autrement, les mêmes anciennes causes mèneraient aux mêmes conséquences. Cette révision du mode de gouvernance, aux niveaux managérial et structurel, est justifiée aussi par l'intégration de certaines entreprises dans le groupe. Compétitivité oblige, la compagnie nationale aurait besoin d'une autonomie de gestion. «Le recours systématique au ministère de tutelle dans toutes les décisions sanctionne la réactivité des commerciaux dans un contexte fortement concurrentiel», déplore-t-il. Pis, le groupe souffre d'un manque criant en matière de compétences pointues relevant des activités créatrices de la valeur ajoutée. «Même la promotion de l'un des cadres clés pourrait devenir une opération risquée, à défaut de remplaçant», renchérit-il.
A cet égard, le modèle de développement des compagnies colossales du Golfe offre d'intéressants enseignements en matière de gouvernance et de relation avec la tutelle. «L'intervention de l'Etat se limite au niveau de l'injection des fonds ainsi que la prospection et la protection des marchés. Et c'est à la compagnie de fixer ses horizons», résume-t-il.
Mais on n'en est pas encore là. Bref, si le statu quo perdure, les plans de sauvetage qui font la une des médias seraient remplacés par de tristes titres annonçant des scénarios catastrophes.


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