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Mandela, en image d'honorabilité
Ici-bas
Publié dans La Presse de Tunisie le 12 - 12 - 2013


Par Abdelhamid GMATI
Des dizaines de milliers de personnalités, chefs d'Etat et de gouvernement actuels ou passés, des journalistes et des citoyens lambda ont assisté mardi à la cérémonie officielle en hommage à Nelson Mandela. Une cérémonie retransmise en direct, ou en différé, par de très nombreuses chaînes de télévision et de radio à travers le monde. Un engouement rare, sinon unique, pour honorer une personnalité politique. Des discours enflammés, des envolées lyriques à la gloire du défunt, des louanges de toutes sortes. Et on a fait de lui une icône. Mandela le méritait. Il se trouve que quelques journalistes ont trouvé bon d'émettre des bémols en soulignant que « Mandela avait aussi des défauts ». On lui a reproché de ne pas s'être beaucoup investi dans la lutte contre le sida dans son pays. Il le reconnut d'ailleurs et devint l'un des principaux acteurs de cette lutte ; on indiqua qu'il avait un faible pour les jolies femmes, même au soir de sa vie. Une journaliste irlandaise raconte comment il l'a demandée en mariage en plein milieu d'une conférence de presse. Ses enfants ont déploré qu'il ne s'occupait pas souvent d'eux...Bien sûr, Mandela n'était pas un saint, et il le disait lui-même : « Je ne suis pas un saint. N'oubliez pas qu'un saint est un pécheur qui cherche à s'améliorer ». Ce qu'on retiendra de lui et qui a fait que sa mort a suscité une telle émotion à travers le monde, c'est, bien sûr, son combat inlassable contre l'apartheid et la ségrégation sous toutes ses formes, son abnégation et sa résistance aux exactions, aux persécutions, aux 27 années d'emprisonnement et d'isolement, sa capacité à pardonner mais aussi et surtout parce qu'il a incarné toutes les valeurs auxquelles l'Humanité aspire; entre autres, la liberté, la sienne, celle de son pays et celles des autres peuples. Ne disait-il pas: « nous savons tous très bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens».
Beaucoup d'émotion, donc, suite au décès de ce grand homme, prix Nobel de la paix en 1993 (qu'il a partagé avec Frederik De Klerk, dernier président blanc de l'Afrique du Sud). Il y avait beaucoup de sincérité mais aussi beaucoup d'hypocrisie. Plusieurs chefs d'Etat présents et qui ont chanté les louanges du disparu, représentent des Etats qui ont, hier, longuement soutenu l'apartheid en Afrique du Sud et qui soutiennent aujourd'hui l'apartheid d'Israël à l'égard des Palestiniens. C'est comme s'ils cherchaient, en se rapprochant de Mandela, à se faire une image d'honorabilité. Le président américain Barack Obama a volé la vedette et s'est attiré les ovations de la foule, notamment en soulignant dans son discours qu «il y a trop de dirigeants qui se disent solidaires du combat de Nelson Mandela pour la liberté mais ne tolèrent pas d'opposition de leur propre peuple». Il a omis de rappeler que Mandela disait : «S'il y a un pays qui a commis des atrocités sans nom dans le monde, ce sont bien les Etats-Unis d'Amérique. Ils n'ont aucune préoccupation pour les êtres humains ». Des dizaines d'autres ont aussi tenté cette récupération et cette recherche d'honorabilité.
Chez nous, aussi, les hommages ont fusé de la part d'un grand nombre de politiciens et de personnalités diverses. Il est de bon ton de se rapprocher de ce grand homme et de faire siennes ses idées. Notre président provisoire de la République, Moncef Marzouki, a écrit qu'il vouait une admiration particulière à Nelson Mandela, en raison de son combat mais aussi de son incroyable capacité à pardonner à ses ennemis et à transcender la haine». Avec la publication du «Livre noir», il démontre à quel point il a suivi les enseignements et sait pardonner. Le secrétaire d'Etat, nahdhaoui, chargé de l'immigration, Houcine Jaziri, a été jusqu'à déclarer que « Rached Ghannouchi est le Mandela de la Tunisie». Sur les réseaux sociaux, un site islamiste a posté une photo montage montrant Mandela lever le bras d'un Ghannouchi aux anges. Le ridicule ne tue pas sous nos cieux, hélas ! L'activiste yéménite de défense des droits de l'Homme Tawakkul Karman a comparé le président égyptien déchu Mohammed Morsi au leader de la lutte anti-apartheid sud-africain Nelson Mandela. On oublie de spécifier que l'idéologie des islamistes basée sur l'exclusion, sur une base religieuse, représente l'une des aberrations que Mandela a toujours combattues. Notre Assemblée nationale constituante a honoré la mémoire de Nelson Mandela. Son président, Ben Jaàfar, a rendu hommage à Nelson Mandela pour son riche parcours militant et son action en faveur de la liberté, de la dignité et de la lutte contre l'apartheid. Fort bien. Mais Mandela ne s'est jamais accroché au pouvoir, se contentant d'un seul mandat comme président de son pays malgré des appels répétés à rempiler. Ce qui n'est pas le cas de nos députés dont le mandat s'est terminé depuis plus d'une année. Et alors que l'illustre disparu prônait le pardon et la réconciliation, nos députés se préparent à une chasse aux sorcières avec la prochaine loi sur la justice transitionnelle. « Vous obtiendrez plus dans ce monde avec le pardon qu'avec des actes de représailles », disait Mandela.
Un député libanais lui a rendu hommage en disant : « Je m'incline devant le parcours de ce grand homme à l'occasion de son départ. J'aurais aimé que les leaders arabes et libanais suivent son exemple, ne serait-ce qu'un peu, afin que notre printemps reste un printemps de liberté et de démocratie». Comme pour lui répondre par anticipation, Mandela affirmait :« Souvent, les révolutionnaires d'autrefois ont succombé à l'appât du gain, et se sont laissé prendre à la tentation de confisquer des ressources publiques pour leur enrichissement personnel».


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