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La facture salée du contribuable
Malgré la tiédeur gouvernementale
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 01 - 2000

La loi de finances pour l'année en cours a été conçue d'une manière on ne peut plus catastrophique par l'ancien gouvernement. Le nouveau cabinet lui emboîte tout bonnement le pas. Sans états d'âme
Nos penchants culinaires sont performants. Les Tunisiens sont les premiers gros mangeurs de tomates, plus grands bouffeurs de couscous et deuxièmes mangeurs de spaghettis au monde. Nos politiciens semblent l'ignorer. Peut-être bien parce qu'ils ne mangent pas de couscous, de tomates et de spaghettis. L'augmentation, ces deux jours, du prix de la boîte de conserve de tomate est symptomatique. Une seconde augmentation substantielle en quelques mois. Qu'il s'agisse des gouvernements de la Troïka sortante ou du gouvernement flambant neuf des technocrates, c'est le même topo. La classe moyenne et les classes populaires sont pressurées. Le FMI mène le jeu. Exit les subventions aux produits de base. Parce que, sous nos cieux, les tomates font partie le plus démocratiquement au monde des produits de première nécessité. N'empêche, on serre la ceinture. La loi de finances pour l'année en cours a été conçue d'une manière on ne peut plus catastrophique par l'ancien gouvernement. Le nouveau cabinet lui emboîte tout bonnement le pas. Sans états d'âme. Les déshérités et les laissés-pour-compte trinquent en premier. Ils supportent l'essentiel de l'ardoise salée. M. Mehdi Jomâa croit en sa bonne étoile. Un peu trop sans nul doute. Jusqu'ici, il se fiche bien du pouvoir d'achat des plus démunis. Il n'a encore rien annoncé qui puisse ne fut-ce que corriger les offenses économiques et sociales passées. Lui aussi a un catéchisme dont il observe les préceptes à la lettre : les diktats du FMI. Les gens réclament des réformes urgentes. Il biaise. Veut donner du temps au temps. Annonce une future adresse à la nation, tout en glissant déjà que le tableau économique n'est guère reluisant. Il est fort du soutien du Quartet chapeautant le Dialogue national. Mais le contribuable, lui, ne bouffe pas de dialogue et ne paie pas des factures de consensus. L'économie va mal. Soit. Mais on devrait commencer par balayer la bureaucratie. Mehdi Jomâa a annoncé qu'il a fait remplacer la moitié de ses trente-quatre conseillers. Trente-quatre conseillers pour le chef du gouvernement à lui seul? Et dire que l'Italie, avec ses 61 millions d'habitants et sa sixième ou septième économie mondiale, a un nouveau gouvernement qui ne compte que seize ministres! Pourquoi avoir fait remplacer le gouvernement sortant si on est réduit à faire du surplace ? L'ordre des priorités est presque le même. Les mesures en faveur des régions déshéritées, des chômeurs, des plus démunis, de la classe moyenne saignée à blanc, se font toujours attendre. Les augmentations des prix des produits de première nécessité vont bon train. Le social est renvoyé aux calendes grecques. L'insécurité et le terrorisme sévissent encore. La révision des nominations partisanes à la tête de diverses administrations centrales et régionales joue à la précieuse. Certains parlent du délai de grâce dont profiterait le gouvernement de Mehdi Jomâa, des cent jours nécessaires avant le premier bilan. Soit, les cent jours. Encore faut-il qu'il s'agisse d'un gouvernement appelé à perdurer quatre à cinq années, du moins nominalement. Or, le gouvernement de Mehdi Jomâa est un gouvernement transitoire de courte durée. Sa période d'évaluation première ne doit guère dépasser les quarante-cinq jours à deux mois.
En tout état de cause, le citoyen lambda attend toujours les mesures spectaculaires salvatrices. Il escompte beaucoup d'un nouveau gouvernement auquel on a accordé un préjugé favorable. Mais plus l'on espère, plus les déceptions sont lancinantes. Déjà, le ministère de l'Intérieur ne brille guère par sa diligence dans la lutte antiterroriste.
Côté communication gouvernementale aussi, il y a des lacunes et des incuries caractérisées. Mehdi Jomâa a gardé les mêmes dans son staff. Ainsi font, font, font, trois petits tours et puis reviennent. Les débuts sont toujours décisifs. On prend en général le taureau par les cornes. Et le plus tôt sera toujours le mieux. Les calculs d'équilibriste peuvent s'avérer ravageurs. On s'avise de contenter tout le monde, et l'on se retrouve avec tout le monde, précisément, sur le dos. On veut être une synthèse, l'on se découvre erreur composée. Mehdi Jomâa et ses ministres devraient prendre un couffin et arpenter les marchés en bons pères et bonnes mères de famille. Ils devraient s'enquérir des prix de la viande, du poisson, des œufs, des fruits et légumes. Sans parler des coûts des loyers, de l'eau, de l'électricité et du gaz, des études pour les gosses, des vêtements, des médicaments, que sais-je encore. Mais on le sait déjà, nos politiciens ne sont pas des mangeurs de couscous, de tomates et de spaghettis. Et ne souffrent guère le martyre au rythme des factures, si salées soient-elles.


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