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L'humain avant tout...
Hommage à Maurice Pialat
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 01 - 2000

Rupture sociale et rupture familiale, de la part d'un individu-artiste dont la liberté et la puissance
de vision sont réprimées par les codes d'une société hypocrite.
Les grands peintres ont toujours inspiré le cinéma. Après le Rembrandt de Peter Greenaway (La Ronde de nuit), le Picasso de James Ivory (Surviving Picasso), le Pollock de Martin Scorsese (New York Stories) et le Van Gogh de Minelli, les cinéphiles (re)découvrent le Van Gogh de Maurice Pialat dans le cadre des hommages programmés lors des JCC à un nombre de grands réalisateurs tunisiens et étrangers.
Au programme, donc, cinq de ses films les plus appréciés du public : le documentaire L'amour existe ( 1960), et les longs-métrages Loulou (1980), Police (1985) , À nos amours (1983) et Van Gogh (1991), ce dernier, on a eu l'occasion de voir jeudi dernier à la salle de cinéma Le Parnasse.
Vang Gogh est évidemment un biopic touchant du génie expressionniste et du modèle avant-gardiste Vincent Van Gogh. Il ne s'adresse cependant pas uniquement aux amateurs de peinture et de l'histoire de l'art, mais tout simplement aux amateurs du cinéma et de la beauté avec une approche intellectuelle tout de même.
Van Gogh est également un projet très personnel pour Pialat qui, avant de s'orienter vers le cinéma et de devenir réalisateur, avait voulu être peintre, ce qui explique certainement la longueur du film, s'attardant sur cet univers qu'il semble aimer.
Le film relate les deux derniers mois de la vie du peintre ainsi que ses relations conflictuelles avec son frère, Théodor, son intense activité artistique et ses rapports avec les femmes.
La longueur du film (près de 2h40) est un peu déconcertante, car on sent que bien des scènes auraient pu être raccourcies, comme celle à la maison close, qui est interminable et justifiée peut -être par l'amour profond et l'admiration de Pialat pour son sujet, à savoir un van Gogh qu'il ne quitte que rarement.
Cependant, esquivant une représentation idéalisée, hollywoodienne de l'artiste (s'opposant à Minelli dans La vie passionnée de Vincent van Gogh), Pialat reste fidèle à ses exigences formelles et fait des derniers jours de l'artiste une chronique brute, naturaliste, sans afféteries. Le cinéaste colle à l'homme plutôt qu'au peintre montrant sa misère, son désespoir et ses ultimes coups de sang. L'occasion pour Pialat de retrouver les thèmes fétiches qui font sa marque : rupture sociale, rupture familiale, de la part d'un individu-artiste dont la liberté et la puissance de vision sont réprimées par les codes d'une société hypocrite.
La peinture reste présente, bien évidemment, mais peu romancée, très distante par rapport à la vie réelle du peintre, en opposition même. Pire, l'œuvre de Van Gogh n'est pas exaltée (les tableaux montrés sont de pauvres copies), et le peintre n'apparaît pas comme un artiste maudit, mais comme un être dont on brime la liberté : on l'étouffe avec l'heure des repas, avec ses toiles encombrant la maison de son frère, avec l'exigence d'être fidèle à la réalité, avec les critiques peu flatteuses infligées par son entourage à l'époque.
Quant à l'interprétation, Pialat est soutenu par une distribution irréprochable d'acteurs, un Jacques Dutronc magnifique (César du meilleur acteur pour ce rôle) qui se fond totalement dans ce personnage assez trouble de Van Gogh, aux tendances suicidaires, et qui ne se rattache qu'à l'amour qu'il éprouve pour Marguerite Gachet, la fille de son médecin, bien interprétée par Alexandra London. Théo van Gogh est joué par un convaincant Bernard Le Coq et Elsa Zylberstein brille d'un éclat particulier dans ce film.
Côté caméra, sans totalement sacrifier l'esthétique sur l'autel du réalisme sec, la majorité des plans bénéficient d'un très beau travail de textures et de lumière. En employant des effets d'expression cinématographique en rapport avec l'œuvre de Van Gogh (impressionnisme, expressionnisme, portraits), Pialat fait, lui-même, œuvre de peintre, magnifiant les décors et les situations (un déjeuner sur l'herbe, une nuit dans un cabaret, un regard sur des champs de blé) avec une douceur esquisse et une ultime force de vie avant l'agonie du peintre.


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