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Un scrutin à plusieurs inconnues
Opinions - Tribune
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 12 - 2014


Par Brahim Oueslati
« Le président de la République est le chef de l'Etat et le symbole de son unité. Il garantit son indépendance et sa continuité et il veille au respect de la Constitution »
C'Est en ce jour, le plus court de l'année, qui correspond au solstice d'hiver, que les Tunisiens vont élire, au suffrage universel direct, leur nouveau président. Mais il sera le jour le plus long dans le processus engagé après le 14 janvier 2011. Ce second tour, tant attendu et tant appréhendé, également, intervient à un moment crucial de l'histoire du pays. Il intervient après des élections législatives qui ont consacré l'alternance comme une des conditions de la consolidation de la démocratie avec l'émergence d'une nouvelle force politique, Nida Tounès, qui a relégué le mouvement Ennahdha à la deuxième place. Mais si Nida Tounès a remporté les élections législatives sur un vaste programme touchant à tous les secteurs, il n'a pas réussi à obtenir la majorité des sièges à la nouvelle Assemblée des représentants du peuple. Il se trouve dans une position fort inconfortable et il doit composer avec d'autres partis pour pouvoir former un gouvernement et bénéficier du soutien d'une large majorité. Et s'il s'est, déjà, assuré du soutien de l'UPL avec ses 16 députés et d'Afek Tounès avec ses 8 députés, en plus d'Al Moubadara (03 députés) et de quelques indépendants, le parti de Béji Caïd Essebsi lorgne vers la deuxième force, Ennahdha, qui, avec ses 69 députés, se dit prête à collaborer. D'ailleurs, son président Rached Ghannouchi n'a pas exclu une participation au prochain gouvernement, estimant que « le pays est encore en période de transition et que, par conséquent, il ne peut pas être gouverné par une majorité faible de 51% mais qu'il a, plutôt, besoin d'un large consensus qui pourrait aller à 70 voire à 80% ». Ce qui signifierait une importante évolution politique où le clivage entre «islamistes» et «nidaistes » disparaîtrait au profit d'un rapprochement sur une plateforme commune. Ce qui traduirait une maturité politique et une réelle volonté de faire passer l'intérêt du pays avant celui des partis. Béji Caïd Essebsi ne disait-il pas « la patrie avant les partis » ?
Mais pour le moment, tout est suspendu aux résultats du second tour du scrutin présidentiel. Même le nom du futur chef de gouvernement ne sera dévoilé qu'en fonction de la victoire de l'un ou de l'autre des deux candidats.
L'aboutissement de tout un processus
Le scrutin d'aujourd'hui, comme les précédents, sera organisé sous haute surveillance avec un déploiement des militaires et des forces de sécurité pour faire échec à toute tentation de sabotage. Les deux candidats ont mené deux campagnes particulièrement agressives, dans un climat tendu et avec une volonté, parfois, délibérée d'abîmer, de rogner et de casser l'image de l'adversaire, soit en comptant le nombre de ses années, soit en comptabilisant le nombre des ses bourdes. Peu de place aux projets et aux programmes, mais un étalage des défauts de l'autre et une mise en valeur des qualités, réelles ou supposées, du candidat qu'on soutient. La campagne a pris, parfois, de mauvaises tournures avec des échauffourées entre les partisans des deux candidats. Certains plateaux se sont transformés en arènes de calomniateurs où l'honneur des candidats « a été jeté aux chiens » et en lieux de combats de béliers, tant redoutés par Béji Caïd Essebsi. On n'a pas manqué de raviver le sentiment régionaliste, de jouer sur la division du pays entre nord et sud et le peuple entre révolutionnaires et contre-révolutionnaires.
Il est vrai que le scrutin d'aujourd'hui est un événement historique, puisque c'est la première fois qu'un second tour est organisé pour départager les deux candidats arrivés en tête. Ce scrutin constitue l'aboutissement de tout un processus qui a vu les Tunisiens appelés quatre fois aux urnes. La première fois le 23 novembre 2011 pour élire une Assemblée nationale constituante, la deuxième après celle de 1956, dans le but d'élaborer une nouvelle Constitution. La deuxième fois, le 26 octobre dernier, pour choisir leurs nouveaux députés à l'Assemblée des représentants du peuple. La troisième fois, le 21 novembre, pour élire leur nouveau président parmi une multitude de candidats. La quatrième et dernière fois, le 21 décembre, pour soit porter à Carthage Béji Caïd Essebsi soit prolonger le bail de Moncef Marzouki. Un peu harassant mais combien exaltant. Le scrutin s'annonce très serré et aucun des deux candidats n'est donné largement favori. C'est aussi un scrutin à plusieurs inconnues. D'abord la mobilisation des électeurs. Sur plus de 8 millions d'électeurs potentiels un peu plus de cinq millions se sont, volontairement, inscrits sur les listes électorales. Ce qui est très peu pour un pays en pleine transition démocratique et où chaque voix compte. Lors du premier tour, environ 3 millions 350 mille ont voté, soit seulement 62% des inscrits. Ce qui nous donne à peine 42% du nombre total des personnes en âge de voter. Et ce sont les jeunes qui ont, le plus, boudé cette élection. Pourtant, ils sont environ 2 millions 500 mille, soit 24 % de la population globale et près de 30 % des électeurs. Un nombre important d'électeurs qui, s'ils étaient mobilisés, auraient pu faire la différence. Or, et c'est devenu un véritable phénomène mondial, les jeunes ne s'intéressent pas aux élections, du moins ils ont tendance à moins y participer que les citoyens les plus âgés. Plusieurs enquêtes et sondages initiées dans beaucoup de pays démocratiques ont démontré que «la majorité des gens qui votent sont d'âge adulte ou plutôt vieux» et que «les jeunes refusent de voter et de participer aux élections parce qu'ils ne s'intéressent plus ni à la chose publique ni à la politique». Ils ont adopté d'autres formes d'engagement et de participation, créé d'autres méthodes et opté pour d'autres moyens pour marquer leur différence et leur singularité. Ils sont là, on les voit dans les manifestations, sur les réseaux sociaux...pour faire entendre leurs voix. «Une participation qui se retrouve principalement dans des formes d'engagement politique non instituées, plus que dans le cadre d'une organisation, d'un parti ou d'un syndicat». Les repères ont changé, les valeurs et les grandes problématiques aussi. La participation des jeunes dans la vie publique de manière générale est tributaire des changements dans la manière de la perception de la société à leur égard et sa capacité à les intégrer dans les différents circuits.
Le choix d'un homme et non d'un programme
L'autre grande inconnue de ce scrutin, c'est le report des voix. Le 23 novembre dernier, Moncef Marzouki avait bénéficié des centaines de milliers de voix de la part des sympathisants d'Ennahdha. Les consignes de neutralité du Conseil de la choura n'ont pas été suivies par les militants et Béj Caïd Essebsi et son équipe ont crié au double langage. Cette fois-ci, la position est plus claire et Rached Ghannouchi n'a pas manqué de préciser plusieurs points, dont notamment le risque d'une difficile cohabitation entre la présidence de la République et le gouvernement, en cas d'élection de Marzouki. Un signal fort adressé aux siens. Toutefois, on devrait s'attendre à des surprises. Les électeurs de Hamma Hammami qui ont été appelés à barrer la route à Marzouki, sans pour autant recevoir des consignes claires de vote pour BCE, pourraient peser sur les résultats, tout comme les sympathisants de Slim Riahi et les supporters de grands clubs sportifs dont les dirigeants se sont alignés sur Caïd Essebsi.
Le scrutin d'aujourd'hui représente un enjeu très important pour les Tunisiens. Leur choix se fera beaucoup plus pour un homme que pour un programme. C'est pourquoi, tout pronostic, n'en déplaise aux sondeurs, serait risqué. La seule certitude c'est que le scrutin d'aujourd'hui va mettre fin à une période de transition qui a duré plus que prévu. Et même si le président de la République ne disposera pas de pouvoirs étendus, « il est le symbole de l'unité du pays. Il garantit son indépendance et sa continuité et il veille au respect de la Constitution » (article 72 de la Constitution). Les deux candidats sont prévenus. Quels que soient les résultats, c'est la Tunisie qui vaincra.


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