De plus en plus de femmes jettent leur dévolu sur les pays occidentaux. Ces femmes, au niveau d'instruction élevé, veulent migrer à l'étranger pour décrocher des postes d'emploi intéressants En 2009, le nombre de migrants a atteint 215 millions de personnes à travers le monde. Leur refoulement vers les frontières et leur reconduite à leur pays d'origine qui coûtent cher aux gouvernements s'élèvent à environ 420 millions de dollars. Plus de 40% de ces migrants sont des femmes. Les études sur les mouvements migratoires le prouvent: la migration s'est féminisée. L'Afrique, l'Asie centrale, l'Amérique latine en sont les plus grands pourvoyeurs. Ce changement de physionomie de la migration est le fruit des politiques de séjour conduites au cours des trente dernières années dans les pays d'accueil qui encouragent les migrants étrangers à ramener les membres de leur famille pour leur stabilité. La mondialisation, les conditions socioéconomiques dans les pays en voie de développement et beaucoup d'autres facteurs ont modifié, avec le temps, le profil des immigrés qui s'est diversifié. Les études qui se sont intéressées aux flux migratoires féminins ont montré qu'ils sont de plus en plus constitués par des femmes instruites, âgées entre 20 et 40 ans, qui ont obtenu leur diplôme d'enseignement supérieur et qui veulent immigrer à l'étranger dans l'espoir de décrocher des contrats de travail intéressants. Aujourd'hui, elles représentent le quart des populations migratoires dans le monde. Parmi les 215 millions de migrants dans le monde, 30 millions de femmes sont originaires des pays arabo-musulmans. Plus de la moitié proviennent des pays africains et subsahariens. Les raisons, à l'origine de la migration de ces femmes qui choisissent de quitter leur pays, sont nombreuses. Les conflits armés, la situation catastrophique et la violation des droits élémentaires des femmes dans certains pays africains, les souffrances qu'elles endurent au quotidien conjuguées à la pauvreté, les poussent à opter pour la migration légale ou illégale qui se fait souvent au péril de leur vie. Les préjugés et les idées reçues sur les pays d'accueil sont derrière le départ massif de milliers de jeunes femmes d'origine maghrébine et africaine qui aspirent à un avenir meilleur. L'Occident représente l'eldorado où elles peuvent trouver un emploi stable qui leur procure une source de revenus stable et un homme respectueux de leurs droits avec qui elles peuvent fonder une famille. En France, le nombre de migrantes d'origine africaine et subsaharienne dépasse les 300.000 alors qu'elles n'étaient que 190.000 en 1999. Tous les moyens sont bons pour se rendre dans ces pays d'accueil. Comme beaucoup de clandestins, des femmes bravent le danger, prennent place dans des embarcations de fortune qui arrivent rarement à destination. Les plus chanceuses sont confrontées à une terrible réalité: sans sous, elles ne trouvent souvent pas de travail, sont victimes de racisme et finissent par tomber entre les mains de proxénètes peu scrupuleux qui les injectent dans des réseaux internationaux de prostitution pour en faire des esclaves modernes du sexe. Certaines femmes entrées clandestinement sur le territoire sont plus chanceuses et arrivent à décrocher de petits boulots. Victimes de discrimination et de racisme, leur intégration dans la société se heurte à de nombreux blocages dont celui de la langue et de l'absence de politiques nationales d'intégration. Ne serait-ce l'initiative de quelques associations qui leur apportent un soutien moral et matériel et les informent sur leurs droits, elles se retrouveraient à la rue. Les femmes clandestines qui arrivent à s'en sortir et à s'intégrer dans la société du pays d'accueil préfèrent rompre totalement avec leur passé et vont jusqu'au déni de leur identité. Musulmanes, elles participent aux fêtes religieuses chrétiennes, se mettent en couple avec des hommes de nationalité étrangère pour mieux se fondre dans le moule social et vont jusqu'à choisir des prénoms occidentaux pour leurs enfants. Aujourd'hui, le poids important de la population féminine dans les mouvements migratoires contemporains et leur implication dans le changement de la physionomie des sociétés occidentales conduit de nombreux chercheurs à s'intéresser à leur trajectoire et leur devenir et celui de leurs enfants dans ces sociétés occidentales. Dans leur pays d'origine, des associations s'intéressent aujourd'hui aux actions qui pourraient être entreprises pour que ces jeunes femmes renouent avec leurs origines.