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De la prévention pour empêcher le calvaire
MIGRATION CLANDESTINE
Publié dans La Presse de Tunisie le 15 - 02 - 2014

Encadrer le jeune et leur entourage familial et les prémunir contre le danger que peut représenter
la migration clandestine
S., qui veut garder l'anonymat, est un récidiviste. Agé de 28 ans et issu d'un quartier populaire des environs de Tunis, il a fait deux migrations clandestines avortées. Expulsé la première fois par les autorités italiennes, il récidive une seconde fois, mais, cette fois-ci, l'embarcation échoue et il regagne le rivage à la nage. Un calvaire qui le marque encore. «Je me souviens que les vagues étaient hautes, qu'il faisait nuit, et que je devais lutter contre la houle sans destination précise. Les cris de mes compagnons disparus résonnent encore dans mes oreilles». Aujourd'hui, S. est un marchand ambulant qui ne désespère pas de repartir un jour en Europe si l'occasion se présente encore. Ce récit ressemble à ceux de milliers de jeunes qui ont tenté la migration clandestine. Certains y ont laissé leur peau et d'autres vivent dans l'espoir de franchir les frontières pour un monde meilleur.
404 réseaux d'immigration clandestine ont été démantelés entre 1998 et 2012, engendrant l'expulsion de 17.000 Tunisiens en situation irrégulière selon le ministère de l'Intérieur. Plus de 40 000 jeunes et moins jeunes Tunisiens ont franchi clandestinement les côtes européennes. L'île italienne de Lampedusa, zone de transit pour accéder à l'eldorado européen, vit depuis des années au rythme des cadavres de clandestins. Un exemple, le 6 septembre 2012, une embarcation de fortune partie de Sfax, au sud de la Tunisie, et transportant plus de 100 migrants à son bord a coulé. Seules 56 personnes ont pu être sauvées. Plus récemment, en 2013, une autre embarcation, avec à son bord 300 migrants, a échoué.
En août 2011, le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies a enregistré en l'espace de 5 mois au moins 1.500 disparus au cours de traversées en mer. Selon les ONG, entre 15 et 20 000 migrants clandestins sont morts avant d'arriver sur les côtes, ces 20 dernières années. Pour lutter contre ce phénomène, l'Organisation internationale pour les migrations (OIT) a mis en place le projet Salemm, qui est actuellement dans sa deuxième phase.
Un phénomène qui fait des victimes
Quasiment trois ans après la révolution, le phénomène de la migration clandestine fait encore de nombreuses victimes et alimente de nombreux débats. En 2011, au lendemain de la révolution, de nombreux jeunes ont fui pour l'Europe, espérant de meilleures conditions de vie. Le mois de février 2011 à lui seul comptabilise alors 5.000 clandestins à Lampedusa qui veulent pour la plupart atteindre la France. La pauvreté et l'absence de développement dans les régions sont les principaux facteurs qui poussent les jeunes à émigrer clandestinement.
Les facteurs économiques et sociaux en sont essentiellement les principales causes. Ils continuent de pousser une partie des jeunes à tenter une émigration vers l'Europe, souvent au péril de leur vie. «Il y a une forte nécessité de se tailler une place de choix dans une société devenue de consommation. Aujourd'hui, l'émigration semble le plus sûr moyen d'ascension sociale, elle est pensée comme la panacée à tous les maux. Parfois, certains jeunes, qui font face à une situation de frustration sociale, notamment le chômage qui est perçu comme une plaie, font de la hijra (l'émigration) la valeur essentielle de leur réalisation», explique le sociologue Zied Hadfi.
Depuis cette vague de migration clandestine, l'Europe a essayé de se protéger tant bien que mal en adoptant des mesures strictes et musclées pour renforcer ses frontières et faciliter le rapatriement des clandestins par un accord de réadmission que l'Italie a signé avec ses voisins, la Tunisie, la Libye et l‘Egypte. Les premiers migrants concernés par cet accord sont les Tunisiens d'après le quotidien français Le Figaro, rapportant le dernier bilan statistique de la Direction centrale de la police aux frontières qui indique que la Tunisie est le second pays au classement du nombre d'expulsés après la Roumanie et en tête du classement des pays nord-africains avec 1.880 expulsions au cours des 8 premiers mois de 2013.
L'Europe pas toujours solidaire
Pour réussir les opérations de rapatriement, les pays de l'Union européenne ont été appelés à fournir des navires, des avions et de l'argent pour permettre à l'agence de surveillance des frontières Frontex de mener à bien sa mission. Basée à Varsovie, Frontex (Frontières extérieures) a été créée en 2004 pour «la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des Etats membres de l'Union européenne ». « Au cours des deux dernières années, Frontex a sauvé 16.000 vies en Méditerranée», indique Michel Cercone, porte-parole de la commissaire européenne Malmström.
Cependant, son efficacité est aujourd'hui remise en cause. Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, a estimé que son budget est «insuffisant». L'agence, qui ne bénéficie pas de fonds propres, a dû réduire son budget à cause de la crise européenne, de 118 millions d'euros en 2011 à 85 millions en 2013. L'Europe est appelée à la solidarité, mais tous les Etats membres de l'Union ne sont pas enthousiastes pour coordonner leur politique d'immigration.
«Les Etats membres se refusent à coordonner leur approche en matière d'asile et de contrôle des frontières. Sur 28 Etats membres, 24 sont opposés à une modification de leurs règles. Il n'y a pas de politique européenne de l'immigration. Les Etats les plus exposés se débrouillent seuls. La solidarité européenne n'existe pas face à ce phénomène complexe qu'est l'immigration de masse venue d'Afrique », déplore le journal Le Monde dans l'une de ses éditions.
L'immigration clandestine fait beaucoup de victimes. Le sort de nombreux migrants tunisiens reste encore inconnu de leurs familles, causé par le naufrage de certaines embarcations ayant entraîné la mort, comme cela a été le cas en septembre 2013 lorsqu'une embarcation de 300 clandestins tunisiens a échoué près de Lampedusa. De nombreuses protestations ont été faites par les familles de ces disparus afin d'avoir l'aide du gouvernement avec l'ouverture d'une enquête pour prendre connaissance des circonstances et des détails de ces terribles disparitions, mais elles restent à ce jour sans réponse de la part des autorités tunisiennes. Malgré les multiples mouvements de protestations observés pour connaître la vérité sur le sort de leurs enfants, les familles poursuivent, depuis des mois, seules leur combat sans l'aide du gouvernement ou l'appui de la société civile
Les plus chanceux des migrants qui arrivent aux portes de l'Europe sont détenus par les autorités italiennes et ramenés dans des centres de rétention comme celui du centre d'identification et d'expulsion à Rome où les conditions d'hébergement donnent lieu à de nombreuses protestations de la part des clandestins tunisiens sur leurs conditions de détention jugées indignes. Les migrants entament alors une grève de la faim et 5 Tunisiens se sont cousu la bouche en signe de protestation suivis par 5 autres clandestins marocains. Il a fallu une action comme celle-ci pour que l'ambassade de Tunisie à Rome s'intéresse enfin à ces cas et leur garantisse une prise en charge et une éventuelle régularisation.
Salemm, un projet alternatif
La prévention semble être un moyen de dissuasion que tente d'adopter l'OIT à travers le projet Salemm qui vise avant tout à réduire la recrudescence des flux migratoires, notamment des jeunes vers l'Europe, en s'appuyant sur une méthode de prévention. Celle-ci consiste à encadrer les jeunes et leur entourage familial et les prémunir contre le danger que peut représenter cette forme de migration clandestine, et ce, par la formation des acteurs de la société civile, ainsi que ceux relevant des établissements éducatifs étatiques. Le projet prévoit, entre autres, des solutions alternatives de réintégration scolaire, socioéconomique et professionnelle en direction des migrants dans leur pays d'origine, en l'occurrence la Tunisie par le biais d'un soutien psycho-social, dans le but de dissuader les éventuels récidivistes.


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