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Alternance ou pas alternance ?
Publié dans Leaders le 20 - 10 - 2014

La Constitution, la loi électorale et la scène politique
Selon l'article 89 de l'actuelle constitution tunisienne « …le Président de la République charge le candidat du parti politique ou de la coalition électorale ayant obtenu le plus grand nombre de sièges au sein de l'Assemblée des Représentants du Peuple de former le Gouvernement… ». Autrement dit, même si Harakatou al-Nahdha n'arrive pas en première position mais qu'elle réussisse à réunir autour d'elle la coalition la plus importante, ce sera à ce parti de constituer le prochain gouvernement ! Cette disposition constitutionnelle revêt une importance capitale que le citoyen-électeur ne doit pas perdre de vue.
Depuis plusieurs mois, les sondages d'opinion indiquent qu'il n'existe que deux favoris susceptibles de remporter les élections législatives du 26 octobre 2014: Nidaa Tounes ou bien Harakatou al-Nahdha. Les autres partis arrivent très loin derrière… Le chef du Gouvernement sera de ce fait une personnalité choisie par Nidaa Tounes ou bien par Harakatou al-Nahdha, selon que l'un ou l'autre des deux partis sorte vainqueur de cette consultation populaire aux enjeux décisifs. Nul autre parti n'aura cette responsabilité ou ce privilège.
Pour éviter les crises institutionnelles, il importe donc que Nidaa Tounes ou Harakatou al-Nahdha dispose d'une majorité confortable lui permettant de réaliser son programme politique sans être à la merci d'un retournement d'alliance au sein de la future Assemblée des Représentants du Peuple. Car ce risque existe bel et bien. Le triste spectacle donné par l'ANC, au cours des trois années écoulées, en constitue le vivant témoigne.
La loi électorale rend très difficile mais pas impossible, pour un parti politique, l'obtention de la majorité absolue qui le libérerait des aléas des alliances versatiles. Le financement public des candidats incite même ceux qui sont mus par des motivations fantaisistes ou tout simplement pécuniaires, à se présenter aux élections. Si d'un côté, cette loi permet l'exercice d'une certaine conception de la démocratie, elle contribue surtout à l'émiettement de l'expression électorale et à l'absence de représentation politique.
En 2011, en l'absence de concurrents à la hauteur des enjeux, Harakatou al-Nahdha, qui incarne l'expression locale de l'organisation mondiale des Frères musulman, était parti à l'assaut de l'ANC avec un allié déclaré, le CPR de M. Moncef Marzouki, et un allié dissimulé, Ettakattol de M. Mostapha Ben Jaâfar. Ils avaient été largement victorieux face une multitude de partis politiques, peu préparés à ce baptême du feu.
De son côté, le corps électoral, non habitué à exprimer librement son choix, mais « gourmand » et avide de changement, s'était trouvé devant une vitrine richement garnie de candidats sortis de toutes parts. Ignorant les pièges du jeu électoral, l'appétit aidant et voulant « goûter » à tout, 1 500 000 d'électeurs ont éparpillé leur suffrage sur des listes qui n'avaient aucune chance de succès !
Ces 1 500 000 de voix ont été perdues et n'ont obtenu aucun siège à l'ANC. Dans le même temps, avec 1 501 418 voix, Harakatou al-Nahdha obtient le plus grand nombre de représentants à l'ANC, 89 élus, soit 41% des sièges et se classe premier parti de Tunisie !
Parmi ceux qui, en 2011, avaient voté pour Harakatou al-Nahdha, on distingue le noyau dur des Frères musulmans, des militants disciplinés, obéissants aux ordres ; cette catégorie est stable et revotera, en 2014, comme un seul homme pour les candidats de M. Rached al-Ghannouchi. Il y avait d'autre part des Tunisiens qui s'étaient persuadés que, parce qu'ils se prétendent les gardiens du vrai Islam, les candidats de Harakatou al-Nahdha allaient être honnêtes, justes et bon gestionnaires… Ceux-là, ont constitué une ceinture de sympathie autour de Harakatou al-Nahdha et l'ont créditée de leur précieux suffrage. Nombre d'entre eux se trouve aujourd'hui déçu par la gestion calamiteuse de Harakatou al-Nahdha et de ses alliés de la Troïka. Le présent article ne vise pas à dresser le bilan de la majorité sortante dont l'ultime exploit était le recours à la ruse procédurale pour empêcher l'adoption de la loi antiterroriste. Nous ne reviendrons pas sur le gâchis de ces trois années d'une domination politique marquée par la montée en force des groupuscules terroristes, l'extension du chômage, l'effondrement du pouvoir d'achat et conclues par l'attribution d'un cadeau inespéré au terrorisme… Ce qui importe aujourd'hui c'est de savoir tourner la page et ne pas nous laisser piéger une deuxième fois par les responsables de ce dangereux désordre.
A cet égard, l'expérience électorale d'octobre 2011 est riche d'enseignements pour les partis politiques mais aussi et surtout pour les électeurs ; car, en démocratie représentative, le peuple est souverain et sa souveraineté s'exprime à travers les élections, plus précisément par le bulletin de vote que chaque citoyen-électeur mettra dans l'urne. Pour l'instant, dans leur grande majorité, les partis politiques montrent un manque de savoir-faire flagrant en termes de stratégies électorales. Allons-nous être agréablement surpris par le degré de maturité du corps électoral ? La solution est, principalement, entre les mains des déçus de la Troïka, de ceux qui, il y a trois ans, s'étaient abstenus de voter et des 1 500 000 d'électeurs qui ont éparpillé leur suffrage sur des listes qui n'avaient aucune chance de succès.
Allons-nous nous retrouver dans le même cas de figure qu'en 2011?
Le 26 octobre 2014, une multitude de partis politique va se mettre sur la ligne de départ pour solliciter les suffrages des électeurs. Au total, 1 326 listes électorales vont se disputer les 217 sièges du parlement ! Dans chaque circonscription, l'électeur va donc se trouver en présence, d'à peu près, 40 listes électorales aux appellations flatteuses mais dont l'écrasante majorité est sortie d'on ne sait où et on ne sait pourquoi. D'autres sont relativement connues, elles se réclament du nationalisme, du réformisme de la gauche, de l'Etat moderne mais ne font pas le poids devant la machine électorale bien rodée de Harakatou al-Nahdha. De toute évidence, les petits partis n'ont pas tiré tous les enseignements du scrutin de 2011. Comme la fable, de Jean de La Fontaine, La Laitière et le Pot au Lait, chacun d'entre ces partis semble tabler sur la « loterie » du plus fort reste et l'intérêt partisan semble primer toute autre considération.
La politique, c'est l'art du possible
Quels que soient la diversité et le nombre des partis politiques qui se concurrencent, aucune des offres politiques qu'ils avancent ne peut couvrir toutes les attentes des électeurs pris individuellement. Il arrive aussi que le parti politique dont on partage les vues, la philosophie et le programme n'ait aucune chance d'être victorieux. Faut-il nous cramponner désespérément à l'inaccessible idéal, au risque de tout perdre, ou bien chercher à sauver l'essentiel qui, selon le poète et résistant français René Char, est sans cesse menacé par l'insignifiant. Ne dit-on pas que la politique est, avant tout, l'art du possible et que le meilleur est l'ennemi du bien?
Si nous admettons ce postulat, il devient nécessaire au citoyen-électeur d'opérer, le jour du vote, un choix qui l'amène à renoncer partiellement à ses souhaits pour privilégier le parti politique ayant les plus fortes chances de succès et dont l'offre politique couvre une demande fondamentale à laquelle ce citoyen-électeur refuse, sous aucun prétexte, de renoncer.
Dans notre vie de tous les jours, pour les raisons les plus diverses, nous sommes amenés à opérer des choix qui nous amènent à renoncer momentanément à certains de nos plus chers désirs. Pourquoi acceptons-nous de faire preuve de pragmatisme sur le plan individuel et refuserions-nous d'adopter une démarche similaire dans nos choix politiques ? Serions-nous, à ce point, immature?
Le phénomène du renoncement partiel en politique n'est pas propre aux pays où la démocratie opère ses premiers balbutiements. Même dans les démocraties les plus anciennes, les électeurs se trouvent parfois devant des situations extrêmes et confrontés à des choix difficiles. En 2002, lors des élections qui avaient opposé Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen, les socialistes, les communistes, le centre et la droite française ont voté, comme un seul homme pour Jacques Chirac. Ainsi, bien que Chirac n'ait obtenu que 20% des suffrages, il gagne au deuxième tour des élections présidentielles avec plus de 82% des voix. Le rassemblement large et massif des électeurs français autour de M. Chirac s'était alors fait en réaction aux menaces que présentait M. Le Pen pour le modèle sociétal français.
Rappelons une fois encore que, d'après l'article 89 de notre constitution et vu le rapport des forces politiques dans le pays, le prochain chef du Gouvernement sera de Nidaa Tounes ou de Harakatou al-Nahdha. Les prochaines élections législatives ne laissent aucune chance aux autres partis politiques d'arriver en tête, de constituer une majorité parlementaire et de ce fait être, constitutionnellement, habilité à désigner le chef du Gouvernement. D'autre part, la loi électorale tunisienne qui ne prévoit qu'un seul tour pour les élections législatives ne donne pas la possibilité aux électeurs d'exprimer leur préférence au premier tour et de se rassembler, lors d'un deuxième tour, pour élire le ou les candidats les mieux placés et dont le franc succès écartera celui ou ceux des candidats jugés indésirables. L'abstention et la dispersion des suffrages sur des listes sans chance de succès garantiront le retour en force de Harakatou al-Nahdha aux commandes, sous le règne de laquelle nous avons assisté à la monté du terrorisme et du déclin de l'image du pays.
Afin de mettre un terme à ce drame, la Tunisie avait besoin de l'émergence d'un parti populaire fort, riche de ses compétences, capable de restaurer le prestige et la force de l'Etat de droit. Aujourd'hui, ce parti politique existe. Il est le seul à pouvoir battre Harakatou al-Nahdha et à mettre en échec les terroristes et tous ceux dont l'idéologie appelle à la violence et au meurtre. Ce parti se dénomme Nidaa Tounès.
Alors, alternance ou pas alternance ? Cela relève de la responsabilité de chaque électeur qui ira voter le 26 octobre 2014.
Ce jour-là, en pensant à l'avenir et à la sécurité de mes enfants et de tous mes compatriotes, je voterai Nidaa Tounes en ayant le sentiment du devoir accompli.


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