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No Pasaran ! Par Hakim Ben Hammouda
Publié dans Leaders le 21 - 03 - 2015

« No Pasaran », c'est le leitmotiv des républicains espagnols durant la guerre civile entre 1936 et 1939 dans leur lutte contre les forces fascistes de Franco et pour défendre la république espagnole. Un slogan lancé par Dolores Ibarruri Gomez, la passionaria des républicains, est devenu à travers l'histoire du court vingtième siècle, pour reprendre le mot de l'historien britannique Eric Hobsbawm, le cri de ralliement de tous les démocrates dans leurs luttes contre les dictatures et toutes les tentations autoritaires.
C'est le slogan que nous avons envie de faire nôtre pour répondre à l'attaque meurtrière qui a visé des touristes étrangers en visite au Musée du Bardo ce 18 mars 2015. Les tunisiens étaient unis dans un sentiment de colère et d'indignation après cette attaque aveugle contre des touristes innocents venus visiter notre pays et apprécier notre héritage culturel et civilisationnel. Une colère car cette attaque risque de remettre en cause les avancées politique et sécuritaire effectuées par notre pays dans le processus de transition démocratique. Et l'indignation car cette attaque barbare a visé des étrangers en visite dans notre pays et curieux de notre civilisation.
Mais, cette attaque a été à l'origine d'un immense élan de solidarité et de mobilisation de la part des tunisiens pour faire face au projet des terroristes et de leur volonté d'imposer un nouveau modèle politique et social dans notre pays. Car c'est bien de cela qu'il s'agit et derrière ces vagues de violence aveugle, les groupes terroristes de Daesh et d'Ansar Charia visent à remplacer l'Etat civil par un Etat religieux et imposer un retour à un âge d'or aussi lointain que fantasmé. Un projet dont nous commençons à voire les « bienfaits messianiques » dans les contrées contrôlées par ces groupes avec l'imposition d'un rigorisme religieux d'un autre temps à travers l'élimination des autres groupes religieux ou ethniques, la destruction des œuvres d'art, la réduction des femmes à un objet sexuel et le développement du « jihad du nikah ».
L'avènement de ce projet et la construction de la société idéale du rigorisme religieux passe chez ses « fanatiques 2.0 » par la destruction des fondements de l'Etat moderne en s'attaquant à ses institutions politiques et sécuritaires. Ainsi, les attaques contre les forces de l'armée et de la sécurité se sont-elles multipliées depuis deux ans leur faisant subir un nombre important de victimes et de martyrs. Cette « œuvre » de destruction de l'Etat a pris une dimension nouvelle avec cette attaque terroriste en s'attaquant à l'économie et notamment au secteur touristique qui constitue un pilier important de notre économie tant en termes d'emplois que de rentrées de devises.
Ce projet et cette volonté d'imposer ce modèle ont-ils une chance de s'imposer ? Comme l'ont exprimé les tunisiens, nous pensons « no Pasaran » pour plusieurs raisons. La première est sans doute le rejet de la population d'une lecture de l'Islam venu d'ailleurs et leur rattachement à une interprétation de l'islam ouverte et plurielle qui a été développé par les grands lettrés tunisiens et qui est devenue au fil des années une composante essentielle de l'identité tunisienne.
« No Pasaran » également pour ce projet car la société tunisienne avec l'engagement de ses forces politiques et surtout le dynamisme de sa société civile a démontré sa capacité à faire face et à faire échouer tous les projets autoritaires. Ce dynamisme de la société civile, son engagement et sa capacité de mobilisation ont été le fer de lance de tous les combats démocratiques dans notre pays et ont fini par terrasser l'autoritarisme en contribuant aujourd'hui à la structuration d'une société ouverte et démocratique.
« No Pasaran » aussi car nous disposons d'un Etat qui a hérité depuis les réformes de Kheireddine du 19ième siècle d'un fort contenu moderniste. C'est cette tradition qui lui a permis d'entreprendre un important effort de modernisation de nos structures politiques, économiques et sociales et d'une grande ouverture sur le temps du monde. Les « printemps arabes » et les changements majeurs que cet espace va connaitre depuis 2011 vont remettre en cause la thèse des orientalistes d'un monde réfractaire à la démocratie et ouvrir le monde arabe à la liberté et à la démocratie qui ont toujours manqué à cette modernisation autoritaire et parvenir à la complétude de la modernité. Cet Etat avec ses institutions, ses structures politiques, juridiques, économiques et sécuritaires s'est très rapidement engagé dans la bataille contre le projet des forces extrémistes et dans la défense de l'Etat civil et moderne hérité des réformes et de la Nahda.
Mais, « No Pasaran » ne justifie pas le manque de vigilance pour faire face à ces projets qui visent à faire échec à la démocratie pour justifier l'idée que l'Etat théocratique et le retour à l'âge d'or sont les seules alternatives à la crise de l'Etat moderne dans nos contrées. « No Pasaran » suppose également une réponse globale aux sources de l'extrémisme et du terrorisme en accélérant notamment le processus de transition économique et de mettre en place les politiques capables de renforcer l'inclusion sociale et régionale et de mieux partager les fruits du développement.
La fin de la guerre d'Espagne a été un moment douloureux pour tous les démocrates dans la mesure où elle s'est terminée sur une défaite des forces républicaines, qui ne pouvaient compter que sur le courage de quelques volontaires internationalistes, et la victoire de Franco et des fascistes appuyés par tous les dictateurs, notamment Hitler et Mussolini. Franco gouvernera l'Espagne jusqu'à sa mort. D'ailleurs, l'armée franquiste en rentrant dans Madrid assiégée avait déclamé « Ya hemos pasado ! » (Nous sommes passés). L'histoire ne se répétera pas en Tunisie et la forte mobilisation de la population depuis ces attentats est une preuve que les ennemis de la démocratie ne passeront pas « no Pasaran ».


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