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La société civile condamne
Notre dossier : Violences criminelles dans plusieurs villes
Publié dans La Presse de Tunisie le 13 - 06 - 2012

Suite aux actes graves, saccages et incendies de tribunaux, de postes de police et de locaux de l'Ugtt, perpétrés, ces derniers jours, par des groupes qualifiés de salafistes dans plusieurs régions du pays, nous avons donné la parole à des responsables de partis et des activistes de la société civile. En l'occurrence M. Hamma Hammami, secrétaire général du Parti communiste des ouvriers tunisiens, M. Mokhtar Trifi, président d'honneur de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, et M. Chawki Tabib, bâtonnier du Conseil de l'Ordre tunisien.
Hamma Hammami (secrétaire général du Pcot) : «Restons unis contre les diversions fascistes et autour des objectifs de la révolution»
«Je crois que l'exposition du Printemps des arts à El Abdellia n'est qu'un alibi. Parce que franchement, je ne vois pas de rapport entre cette manifestation et l'incendie des postes de police et de tribunaux ou des agressions contre les citoyens.
C'est une opération qui vise la liberté d'expression et tous les objectifs de la révolution. Je me pose la question : qui a intérêt à causer tous ces débordements ? Moi je pense que plusieurs parties y ont intérêt : les forces ennemies de la révolution qui ont un lien avec l'ancien régime sur les plans économique, financier et sécuritaire, et les nouvelles forces qui veulent instituer la répression. Mais la grande question est la suivante : qui est derrière et qui fait bouger les salafistes qui ont un lien avec plusieurs parties étrangères, même au plan du renseignement. Les salafistes et d'autres éléments criminels sont utilisés à chaque fois que les gouvernements qui se sont succédé depuis la révolution se trouvent en difficulté ou désirent faire diversion en détournant l'attention des citoyens sur les vrais problèmes, et actuellement, par exemple, la fuite des épreuves du Bac, le développement dans les régions, l'affaire des martyrs, etc.
Je crois aussi qu'il y a une tentative de récupération de la révolution par le parti Ennahdha qui crée des tensions puis accuse les démocrates, les rationalistes, les syndicalistes, les artistes...tout en faisant preuve de laxisme à l'encontre des forfaits de ces groupuscules. Puis, Ennahdha nous parle de créer une loi pour la protection des symboles sacrés. Comme si l'Ugtt, le Parti républicain, Ettakatol, les hommes des médias, les artistes et autres y ont porté atteinte.
Tous ces débordements provoqués visent en fait à s'attaquer aux libertés, notamment la liberté d'expression et d'information, qui dérangent le pouvoir. Enfin, des parties étrangères arabes, tel le Qatar, et sioniste n'ont pas intérêt à voir la révolution réussir en Tunisie et exploitent le sentiment religieux pour créer le chaos dans le pays.
Or la solution c'est de voir le peuple uni autour des objectifs de la révolution entre liberté, indépendance et dignité. Je fais porter la responsabilité au gouvernement et j'appelle les jeunes salafistes et attire leur attention contre les parties qui les utilisent contre leur propre pays et leur propre peuple tout en les piégeant par la suite.
Je dis à ces jeunes qu'ils ont le droit d'exprimer leur opinion en tant que salafistes, c'est leur droit.
Or le recours à la violence et au crime n'a rien à voir avec la liberté d'expression. J'ai écouté M. Ajmi Lourimi, d'Ennahdha, à la radio qui s'est déclaré «contre la répression de l'expression». Or, incendier, saccager, détruire relèvent-ils de l'expression ?
Bien au contraire, il s'agit d'actions criminelles et fascistes contre la liberté d'expression et de création».
Mokhtar Trifi (président d'honneur de la Ltdh) : «Ne pas donner d'alibis aux fauteurs de troubles»
«Ce qui s'est passé ces derniers jours est grave et dangereux, et la gravité apparaît dans les actes criminels qui ont touché plusieurs régions et points de la République.
Hier les locaux de l'Ugtt à Ben Guerdane et Bousalem ont été incendiés et tous les dossiers détruits.
Ce sont là des actes orchestrés qui risquent de dégénérer et de porter atteinte à tout le territoire national.
Il ne s'agit plus de réactions à une exposition, ce ne sont plus des actes isolés, ce sont des actes délibérés du courant salafiste djihadiste qui veulent mettre la main sur toute la société afin d'imposer leur idéologie et leur mode de vie. Je pense qu'il ne faudrait donner aucun alibi à ces gens qui se sont attaqués à toutes les institutions régaliennes, la justice, la police, l'Ugtt, sinon on les encourage dans cette voie.
Je refuse de dire que l'exposition d'El Abdellia est la cause de ces actes criminels. Je refuse la destruction des tableaux de peinture. Supposons que certaines de ces toiles aient touché au sacré, il y a la justice pour en juger. Les symboles sacrés sont différents d'une personne à une autre et si chacun se mettait à défendre ses symboles sacrés par la violence on ne s'en sortirait plus et on légitimerait, ainsi, de tels actes.
Ce qui s'est passé à Jendouba, Ben Guerdane, à Sidi Hassine et au Kef n'a rien à voir avec l'exposition d'El Abdellia, mais c'est un refus du modèle politique et social, en incendiant les postes de police et les tribunaux, les salafistes refusent la loi et le modèle de justice.
Depuis les actes commis au cinéma Africa, nous avons attiré l'attention, en disant qu'il y a danger, mais on nous a répliqué que «ce sont nos enfants et il faut dialoguer avec eux en évitant la répression». Mais je rétorque que la loi doit s'imposer à tous.
Or, aujourd'hui ils se sont renforcés et cela devient un danger grave et imminent. Et je pense que le discours du ministre de l'Intérieur devant l'Assemblée constituante a mis le doigt sur la plaie.
La situation est grave et concerne toute la République et il est urgent de s'opposer à un tel courant et à de tels actes avec toute la détermination du monde.
Je voudrais à travers votre journal dire ceci : le gouvernement nous dit souvent que derrière ces actes criminels il y a des gens de l'ancien régime, des partis de l'opposition ou autres, mais qu'on nous dise enfin qui ils sont, qu'on les dénonce, les identifie, les nomme et qu'on applique la loi à tous afin de sauvegarder la sécurité des Tunisiens.
La solution à toutes ces dérives dangereuses consiste à ne pas donner d'alibis à ces fauteurs de troubles. Seul l'Etat est le dépositaire de la force de la loi. Tous ceux qui enfreignent la loi, quelles que soient les motivations autour d'actes de violence, doivent répondre de leurs actes. Pour cela, il faudrait donner aux forces de l'ordre les moyens matériels et légaux pour appliquer la loi et que le cadre juridique dans lequel doivent agir les forces de sécurité soit clarifié et précisé».
Chawki Tabib (bâtonnier du Conseil de l'Ordre des avocats de Tunisie) : «Un sursaut républicain s'impose»
«Contrairement à ce qui a été avancé à la radio Mosaïque-FM, mon bureau n'a pas été incendié, mais c'est le local qui abrite actuellement la section de la Ligue de la citoyenneté qui a été cambriolé par des inconnus qui ont volé des caméras et des dossiers de notre comptabilité, sans compter qu'il y a deux semaines on m'a volé ma voiture, pourtant garée dans un parking bien gardé.
Maintenant, concernant les derniers débordements, je dirai que les causes sont dues à l'absence de l'Etat. Tout ça sent le complot, je ne sais pas quelles sont les parties qui complotent contre qui; mais à mon avis, la solution est évidente : un sursaut du gouvernement et de la société civile et politique est nécessaire afin de sauvegarder les acquis de la République et les objectifs de la révolution.
En somme, un sursaut républicain s'impose».


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