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Tarak Cherif: Rompre avec l'hésitation, l'attentisme, le provisoire et les demi-mesures (vidéo)
Publié dans Leaders le 10 - 09 - 2015

Quels sont les trois dossiers qui risquent de miner la rentrée ? Quels enjeux représentent-ils ? Et quelles solutions appropriées proposer ? Dans sa dernière livraison (N°52) de septembre 2015, le magazine Leaders a sollicité les analyses de figures tunisiennes marquantes. Leurs avis variés offrent aux décisionnaires des éléments dont les décisionnaires peuvent faire leur profit. Ci-après l'analyse de Tarak Cherif.


La situation économique en Tunisie ne fait malheureusement que se dégrader d'année en année et de trimestre en trimestre au cours des cinq dernières années.
Jamais la Tunisie n'a réalisé des taux de croissance nominale aussi médiocres que ceux enregistrés au cours du premier et du deuxième trimestre de l'année en cours et qui sont respectivement de 1,7% et 0,7%. La croissance réelle est en fait négative. Au vu de ces résultats et des perspectives inquiétantes pour le reste de l'année et même pour 2016, je considère que des décisions audacieuses s'imposent. Nous devons changer d'approche, affronter les problèmes et prendre les décisions adéquates avec la célérité et la fermeté requises !
Nous devons rompre avec l'hésitation, l'attentisme, le provisoire et les demi-mesures.
La situation impose des solutions radicales!
Aucun objectif ne sera atteint, surtout en matière d'emploi et de développement, en l'absence de solutions, de décisions et de mesures audacieuses!
Pour les prochains jours, je considère personnellement qu'à côté de la sécurité qui doit constituer pour nous tous un souci majeur et continu, les trois dossiers les plus brûlants qui ne peuvent tolérer de report ou encore d'attentisme sont les suivants :
* La relance de l'économie
* La réconciliation générale
* L'économie parallèle, la contrebande et l'évasion fiscale
Les enjeux sont vitaux !
En ce qui concerne l'investissement, le contexte n'a connu aucune amélioration depuis 2011. Au contraire, l'absence de visibilité, les tensions sociales, les perturbations du travail, la lenteur administrative, l'absence de réactivité et de mesures adéquates continuent à marquer l'environnement des affaires dans le pays !
Des mesures liées au partenariat public-privé (PPP), au nouveau code des investissements et à la refonte du système bancaire et de financement, qui auraient pu introduire la dynamique tant recherchée, tardent toujours à être mises en place. Tout est renvoyé à des débats et dialogues qui ne démarrent toujours pas ou qui sont avortés avant même leur lancement !
Pire encore, l'annonce de réformes et de mesures sans suivi a contribué à l'aggravation des attitudes d'attentisme et d'hésitation ainsi qu'à l'absence de visibilité. Quant à la réconciliation, il y a lieu de remarquer que cinq ans après la révolution, aucun résultat concret n'a été enregistré, le problème demeure entier, les blocages continuent et la valeur d'une proportion importante des biens concernés ne fait que se dégrader avec le temps et le laisser-aller. Le pays a ainsi été privé d'importants moyens de création de richesses et d'emplois qui auraient pu profiter à la communauté nationale, indépendamment de l'issue de ces affaires. Concernant l'économie parallèle, le laxisme, le laisser-aller, les interférences des intérêts de certaines parties et l'absence de sanctions appropriées ont été à l'origine du développement dangereux de ce fléau et, plus grave encore, de la contrebande et de ses rapports avec le terrorisme. Le problème a pris une ampleur telle qu'on se demande si l'on peut encore parler d'économie structurée dans des secteurs où le parallèle accapare désormais 50%, 60% de l'activité, voire plus !
L'on peut aisément imaginer les conséquences sur le manque à gagner pour la collectivité au niveau des droits, taxes et impôts, des investissements et des créations de projets et d'emplois. Ce qui est encore frappant est que dans un pays à court de moyens financiers, on tolère encore les circuits parallèles, le commerce anarchique, la contrebande et l'évasion fiscale à travers des systèmes de forfait qui ne trouvent nullement de raison d'être ! Aussi dans un pays qui construit pour la transparence, la bonne gouvernance et l'efficacité, l'Etat continue encore à soutenir des entreprises publiques en difficulté et à faire supporter à la communauté les conséquences de choix inappropriés et de mauvaise gestion.
Des solutions radicales, audacieuses
Des solutions appropriées existent et ont toutes une caractéristique commune: l'audace !
Nous devons sentir et vivre au concret cette volonté de changer, d'affronter les problèmes et de mettre en place les solutions appropriées même si elles s'avèrent parfois et dans une phase transitoire difficiles ou douloureuses !. La rentrée constitue une opportunité pour annoncer les premières décisions de ce genre. L'opinion publique est consciente de la gravité de la situation et de la nécessité d'agir autrement. Le gouvernement doit agir avec la célérité et la rigueur requises.

C'est ainsi que le nouveau code des investissements doit être promulgué au plus tôt et avant la fin de l'année en cours, le PPP doit aussi être mis en place avec les premiers projets, les fonds régionaux d'investissement et non les banques régionales pour booster la création d'entreprises dans les régions, la restructuration des entreprises publiques, la réforme de l'administration et la révision profonde des procédures administratives dans le sens de la simplification et la célérité. Il y a lieu aussi de clarifier l'initiative relative à la réconciliation économique et financière afin qu'elle soit engagée dans la transparence totale, le respect des choix et des lois du pays et surtout la sauvegarde des intérêts légitimes de la collectivité nationale dans la récupération de ses droits et de ses biens. Aussi il convient de consolider cette orientation par une réconciliation générale qui concerne tous les Tunisiens quel que soit leur statut, des chefs d'entreprise ou des individus.
Si l'on parle aujourd'hui de réconciliation avec ceux qui se sont approprié injustement des biens publics, si on cherche des solutions aux banques en difficulté ou des secteurs sinistrés, à l'instar du tourisme, ne faut-il pas penser aussi aux chefs d'entreprise et aux citoyens qui, pour des raisons souvent indépendantes de leur volonté, se sont trouvés face à des engagements bancaires ou vis-à-vis du fisc ou de la Cnss auxquels ils ne peuvent faire face?

Ceci est d'autant plus vrai que des entreprises ont préféré, malgré les pressions de l'environnement et de l'informel, continuer à travailler dans le contexte légal et structuré et ont ainsi sauvé des entités économiques dont le pays a grandement besoin, surtout pour réussir son développement intégré, responsable et durable. Un cadre juridique adéquat à une telle mesure contribuerait certainement à consolider sensiblement le contexte d'incitation au travail et à l'initiative que nous cherchons à développer dans notre pays.
Au plan social, le pays ne peut continuer à vivre ces tensions continues qui perturbent toute l'activité économique et découragent toute initiative d'investissement ou de créations de nouvelles entreprises.

L'apaisement social et non la trêve est d'une nécessité absolue. Il doit résulter d'un consensus entre les parties prenantes. Au sujet des recettes de l'Etat, les possibilités d'amélioration sensible existent. L'effet est aussi rapide. La lutte contre l'économie parallèle et la contrebande, qui représentent en moyenne pas moins de 54% de l'activité économique, par des mesures rigoureuses et adaptées de contrôle aura un effet direct et immédiat sur les recettes de l'Etat. La révision des régimes forfaitaires et des régimes spéciaux dont bénéficient certaines professions permettrait non seulement d'améliorer les recettes de l'Etat mais aussi de garantir une plus grande justice et équité entre les contribuables. Si la volonté est assurée, toutes ces mesures pourraient entrer en application et avoir leur effet avant la fin de l'année en cours. Nous devons tendre vers un système où la protection des intérêts des individus, des investisseurs, des chefs d'entreprise et de nos partenaires est assurée exclusivement par la loi et sa bonne application, loin des interférences, quelles que soient leur nature ou leur origine. C'est la caractéristique fondamentale des économies modernes et évoluées et leur atout majeur. Avec les transitions qu'elle vit, la Tunisie est digne de faire partie de ce peloton de pays.
Tarak Cherif
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