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Dans une Tunisie schizophrène, les droits civiques des militaires sont bafoués
Publié dans Leaders le 10 - 10 - 2016

Les élections municipales approchent. En parallèle, la société se délite et la méfiance, les soupçons et le désenchanement s'installent.
Nul ne peut ignorer que l'armée nationale est neutre politiquement. Cela n'empêche pas une conscience politique personnelle. Cela n'empêche pas non plus les anciens militaires d'agir soit individuellement ou au sein des associations qui rassemblent un grand nombre d'électeurs.
Cela me conduit à cette réflexion sur l'exclusion des militaires de la participation à la vie de la Nation et particulièrement leur droit d'accéder au vote comme le reste de leurs concitoyens.
Disons- le crûment, Les politiques doivent arrêter de prendre les électeurs pour des imbéciles.Je pense que le rejet aujourd'hui par la majorité de la communauté militaire d'accorder le droit de vote aux militaires était suffisamment fort pour susciter un discours de vérité. Ce n'est toujours pas le cas si je me réfère à ce que se mijote au Parlement.
L'élargissement du corps électoral aux militaires,assure,certes, un droit civique fondamental à cette catégorie de citoyens mais pèche par son manque d'applicabilité .Explication:
1. La question n'est pas simple. Elle conduit à un certain nombre d'interrogations, il faut commencer par observer que ce statut a été déjà scellé constitutionnellement. Est-il sage et opportun de tripoter maintenant la Constitution?
2. Faire voter les militaires ce serait faire entrer dans les casernes des ferments de division, de clivage et d'électoralisme dont celles - ci n'ont pas vraiment besoin. Le climat "électoraliste" avec son cortège traditionnel de subjectivisme , de clanisme et de clientélisme n'est pas favorable à la bonne cohésion au sein de l'armée.
3. La faisabilité pratique est loin d'être évidente
Ceci étant dit, la sempiternelle question des droits et libertés des militaires qui ne sont pas des citoyens "normaux" serait à réévaluer. Si la constitution interdit aux militaires d'aller voter sous prétexte que le laisser faire est en contradiction avec le règlement et que le militaire ne doit pas afficher ses idées politiques c'est, à mon sens, considérer tout simplement ces gens des "sous - citoyens" de fait.
Dans les Etats de droit, le droit de vote peut être retiré aux personnes qui se sont montrés «indignes de leur qualité de citoyens». Selon la logique de ces régimes la désignation des représentants du peuple revêt une telle importance qu'elle justifie d'attester que seuls les électeurs reconnus comme "responsables" puissent y participer.
Chez nous, je pense que les critères d'aptitude et d'inaptitude arrêtés par les politiques dissimulent des motivations plutôt politiques. Sinon comment expliquer que seuls les islamistes sont contre le vote des militaires?
Ces prises de position montrent les ambiguïtés sur la place des militaires dans la société tunisienne. Le politique s'en méfie mais ne peut pas s'en passer. Enrevanche, comme anesthésié par le contexte sécuritaire conjoncturel, il agit envers l'armée en fonction de ses intérêts politiciens et finit par dissimuler les enjeux à long terme et là je crains que cette situation de discrimination négative ne finissent par envenimer les rapports entre la classe politique et l'armée. Les intérêts politiciens déstabilisent l'armée. d'ailleurs largement échaudés, combien de militaires font-ils confiance aux politiciens aujourd'hui?
Il n'est pas de profession qui incarne mieux le service de la Nation que le métier des armes. L'exercice de la citoyenneté en est le prolongement naturel. Les valeurs mises en avant sont: engagement au service de la nation et adhésion à un code d'honneur comprenant, droiture, probité et patriotisme. Je ne suis pas sûr que ces notions signifient encore quelques à la classe politique.
Cependant, les prises de position récentes, les grandes déclarations et les polémiques incessantes évoquées çà et là dans les forums et colloques sont bien éloignées de la réalité du pays. Schizophrénie ?
Pour rappel, la schizophrénie se manifeste par une perte de contact avec la réalité et une absence de conscience de sa maladie à certains moments. Les faits récents ne font que confirmer ce pessimisme.
La question fondamentale pour moi est de savoir au nom de quelle morale et de quelle loi un élu ou un politique en perte de vitesse et arc-bouté sur son fauteuil continue à user et abuser du droit des militaires ou exercer ses capacités de nuisance sur le fonctionnement de l'armée dans le but d'assouvir ses propres besoins politiques bien éloignés des règles normales de la démocratie.
Je peux m'étonner que l'archaïsme de notre système dans la conception des libertés en général puisse encore séduire certains, y compris des militaires, à moins que le chaos ne soit pas suffisant et qu'il doit être étendu.
L'exclusion des militaires de la participation à la vie de la nation est aujourd'hui à la fois une discrimination et un vrai gâchis de compétences potentiellement utiles au service de la cité.
Pour y remédier, je vois deux conceptions:
* Soit impliquer les intéressés en organisant un genre de référendum par les militaires eux-mêmes ou à défaut un sondage d'opinion parmi ces militaires
* Soit les faire accéder au droit de vote exclusivement aux élections locales (communales) .Celles-ci seraient apolitiques, plus inclusives et plus proches des citoyens.et là, je reprends volontiers une phrase d'un ministre français qui disait : «les élections locales sont les lieux d'apprentissage du combat électoral, une fantastique école d'aptitude au commandement» Les militaires ne seraient-ils pas à leur place ?
La légende du militaire auteur de coup d'Etat ou tous les officiers sont des putschistes en devenir, est bel et bien une légende. En revanche, l'idée encore répandue et selon laquelle les militaires ne seraient que des personnes bornées ne sachant dire que «affirmatif chef», «vu chef», «négatif chef» ...est bien révolue.
C'est pourquoi au lieu d'enfermer ces militaires dans une sorte de peau de chagrin qui paraissait inéluctable,Il est souhaitable qu'une réflexion soit engagée, pour préciser les conditions d'exercice et de reconnaissance de la citoyenneté des militaires, en cohérence avec les spécificités et les contraintes de leur engagement et dans le respect du devoir de réserve et des obligations attachés à leur statut .


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