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Orgie mondiale de plastique: En 2050, il y aura plus de plastique en mer que de poissons!
Publié dans Leaders le 13 - 08 - 2017

Avec les vacances et la canicule qui règnent en maîtres dans notre pays, les bouteilles en plastique y polluent les coins les plus reculés et impriment une laideur sans pareille à nos plages…qui n'ont nul besoin de ce surplus, les reliefs de sandwichs, de melons, de pastèques, de figues de Barbarie et de couches de bébé suffisant hélas amplement à la tâche!
Découverts dans les années 1940-50 par Ziegler et Natta (Prix Nobel de chimie 1963), les plastiques dérivés de la pétrochimie mettent des siècles pour se décomposer. Nos concitoyens doivent savoir ce que cette consommation de plastique signifie pour notre environnement et l'avenir de la planète, eux qui n'hésitent nullement à boire des bouteilles d'eau ou autres ayant séjourné à l'air libre, sous les rayons du soleil, à la devanture de l'épicier…pour profiter probablement des catalyseurs libérés par la chaleur et les rayons UV: zirconium, titane, antimoine et aluminium!
Une orgie de plastique mortifère
Un récent rapport montre que la consommation mondiale annuelle de bouteilles en plastique flirtera avec le demi-trillion (1/2million de millions) annuellement en 2021 (The Guardian, 28 juin 2017 et rapport d' «Euromonitor International» sur les tendances de l'emballage). La demande équivaut aujourd'hui à près de 20 000 bouteilles d'eau à la seconde. Elle découle d'une urbanisation croissante ainsi que du désir d'être «dans le vent». L'eau du robinet ou la citronnade de grand-mère, elles, n'intéressent nulle firme de publicité ou de com'!
En 2016, on a vendu 480 milliards de bouteilles de boisson en plastique contre 300 milliards, dix ans plus tôt. Placées bout à bout, la longueur de ces bouteilles équivaudrait à la moitié de la distance Terre-Soleil !
La plupart des bouteilles en plastique utilisées pour les boissons soft sont en PET (polyéthylène téréphtalate) qui est parfaitement recyclable. Mais face à un usage immodéré et excessif, les efforts de collecte et de recyclage n'arrivent plus à empêcher ces emballages d'atteindre les océans.
Menaces sur les océans
Moins de la moitié des bouteilles vendues en 2016 ont été collectées en vue de leur recyclage mais un rachitique 7% du matériel collecté seulement a été dûment recyclé en nouvelles bouteilles. Le reste a fini dans les décharges et dans les mers. On estime qu'entre 5 et 13 millions de tonnes de plastique sont ingérées annuellement par les oiseaux marins, les poissons, les mammifères marins et divers autres organismes. Résultat: en 2050, l'océan contiendra plus de plastique (en poids) qu'en poissons d'après les travaux de la Fondation Ellen MacArthur pour l'économie circulaire qui affirme: «En mer, tout est compté; à terre aussi, les ressources sont finies.» La célèbre navigatrice anglaise milite activement pour que les bouteilles en plastique soient réutilisées et recyclées plutôt qu'abandonnées dans la nature une fois utilisées. Elle affirme: «Passer à l'économie circulaire réelle pour les plastiques est une opportunité considérable pour boucler la boucle, économiser des milliards de dollars et découpler la production des plastiques de la consommation des fuels fossiles.» Il est clair que les plastiques biodégradables (polyactides d'amidon) permettraient de diminuer la production des gaz à effet de serre mais les prix constituent actuellement un frein semble-t-il.
Menace sur nos aliments
Pour les experts, une partie de ce plastique est déjà entrée dans la chaîne alimentaire des humains. Ces produits ne peuvent être utilement assimilés lorsqu'ils entrent dans la chaîne alimentaire. Les chercheurs belges (Université de Gand) ont récemment calculé que les consommateurs de fruits de mer ingèrent
11 000 petits morceaux de plastique par an. De plus, les travaux conduits à l'Université de Plymouth (GB) en août dernier mettent en évidence le fait que le tiers des poissons pêchés au Royaume-Uni contient du plastique et spécialement les espèces les plus populaires du menu typique des Anglais, le fameux «fish end chip»: maquereau, morue, aiglefin et fruits de mer. En effet, au Royaume-Uni, 38,5 millions de bouteilles en plastique sont utilisées par jour et dont la moitié seulement retrouve le chemin du recyclage; mais plus de 16 millions de bouteilles vont, quotidiennement, à la décharge, sont incinérées ou finissent à la mer. L'inquiétude gagne les chercheurs concernant l'impact de la pollution par les plastiques sur les océans et les mers de la planète. En mai 2017, 18 tonnes de plastique ont été trouvées sur une des îles les plus isolées de la terre, un atoll inhabité du Pacifique Sud. Diverses associations militent en faveur du versement d'une consigne à chaque retour d'une bouteille pour encourager la réutilisation. Les multinationales des boissons soft sont vent debout contre cette mesure. Pourtant, employée pour les sacs en plastique, elle a permis d'en réduire de 80% l'utilisation en Grande-Bretagne. Pour la majorité des chercheurs dans le domaine des polymères, la débauche de plastique qui s'est emparée des humains est aussi dangereuse que le changement climatique. Rosemary Downey, expert de l'emballage chez Euromonitor, affirme que la part du lion des bouteilles en plastique utilisées dans le monde sert à l'eau potable. A l'heure actuelle, la Chine, l'Inde et l'Indonésie sont de très gros marchés pour ce type de bouteilles d'eau du fait de l'urbanisation galopante, de la mauvaise qualité des nappes phréatiques et celle de l'eau de robinet. Les pays arabes sont en train de rejoindre cette triade à grands pas.
Eau, soft drink et multinationales
Ce sont les multinationales des soft drinks qui sont à l'origine de la plupart des bouteilles en plastique. Ainsi, Coca-Cola en produit 3 400 à la seconde, d'où un total astronomique de 100 milliards de bouteilles jetables par an d'après les estimations de Greenpeace, la société d'Atlanta ayant refusé de communiquer sa consommation globale de polymères. Les six plus importantes multinationales des boissons n'utilisent que 6,6% de PET recyclé. Elles craignent pour leur image et pour des raisons cosmétiques, voire de compatibilité avec les règles d'hygiène (plastique alimentaire).
Devant un comité de la Chambre des Communes à Londres, les représentants de l'industrie du plastique anglaise (BPF) ont reconnu que produire 100% des bouteilles en plastique à partir du recyclage permettrait d'économiser 75% d'énergie comparativement à la production de bouteilles vierges. Dans le même temps, la BPF ne veut rien imposer aux industriels des boissons soft mais tous les experts sont d'accord, ces industriels doivent diminuer leur empreinte écologique. Les consommateurs seuls peuvent les contraindre à prendre cette saine direction. Les Afro-Américains nous ont montré l'efficacité de la pression populaire contre ces mastodontes en imposant, grâce au boycott, un vice-président noir à la plus puissante firme du secteur.
Il est clair que les Tunisiens doivent réviser leur habitude de consommation s'agissant de l'eau et des boissons sucrées en bouteille plastique comme ils doivent revoir leur façon de disposer de ces récipients. Pour se protéger de l'obésité et de ses risques pour la santé d'abord et pour protéger nos 1 200 km de côtes et garder leur valeur nutritive à nos richesses halieutiques ensuite. Car —qu'à Dieu ne plaise— qui goûterait à une marka sbarès sfaxienne ou à une charmoula kerkenienne au PET ?.


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