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La cessation des hostilités et la pause humanitaire exigées par le Conseil de Sécurité à l'initiative de la Tunisie et de la France seront-elles respectées ?
Publié dans Leaders le 02 - 07 - 2020

La diplomatie tunisienne est en droit de pavoiser après l'adoption, le 1er juillet de l'adoption de la résolution 2532 (2020) exigeant la cessation immédiate des hostilités pour faire face à la COVID-19 (lire le texte intégral ci-après). Sans excès de triomphalisme (comme certains officiels s'y sont laissés aller), faut-il rappeler le rôle majeur joué par la mission permanente de Tunisie auprès de l'ONU. Conduite par le nouvel ambassadeur Kais Kabtni (en photo), elle a du se déployer tous azimuts, sous confinement et par visio-conférences, pour faire aboutir l'initiative du président Kais Saïed, lancée dès le mois de mars dernier.
Le consensus obtenu en faveur du projet porté conjointement avec la France, traduit une habilité professionnelle dont notre diplomatie a toujours fait montre, sous l'impulsion de Bourguiba et de grands ambassadeurs et ministres (Mongi et Taïeb Slim, Rachid Driss, Béji Caïd Essebsi, Habib Ben Yahya … pour ne citer qu'eux). Dans ce cas précis, nous sommes très concernés, s'agissant de la Libye toute voisine, mais aussi de la Syrie et du Yémen, deux pays frères. Sans oublier, notre grande cause, celle des territoires occupés ainsi que le sort catastrophique réservé aux réfugiés palestiniens dans des camps désastreusement abandonnés.
La complexité de la résolution Covid-19 est cependant très particulière. Outre le bras de fer opposant à son sujet les Etats-Unis et la Chine, l'attitude vis-à-vis de la conduite de l'OMS dans la gestion de la pandémie, et l'engagement militaire et sécuritaire des nombreuses grandes puissances dans de multiples foyers de tension de par le monde, l'affaiblissement du multilatéralisme, la remise en question (notamment par les Etats-Unis et la France) de l'OTAN et l'escalade en Libye ajoutent tant de points d'achoppement. Le retard de trois mois pris par son adoption, alors que la pandémie semble se ralentir dans sa première vague, après avoir fait ravage, notamment dans les zones de conflits, trahit le peu d'empressement des grandes puissances (les P5, membres permanents du Conseil) à s'y résoudre, et l'essoufflement de l'esprit multilatéral.
Sujette à des révisions successives, et à de multiples blocages, la résolution a dû contourner dès son premier draft tant de difficultés, trouver des formulations génériques consensuelles et éviter des positions qui fâchent. Et c'est l'art de la diplomatie toujours à la recherche du compromis, par le dialogue et la négociation.
En commentant ce succès tunisien, le conseiller diplomatique du président de la République, Othman Jerandi (et non le ministre des Affaires étrangères ???) aurait dû lever un coin de voile, au micro de Mosaïque FM, sur les coulisses de ces négociations, les détails des compromis rendus nécessaires et les garanties possibles d'applications. Les Tunisiens auraient tant aimé savoir pourquoi tout a été bloqué, puis soudainement, tout s'est débloqué? Cela aurait mis en valeur la compétence et le talent de notre mission à New York, mais aussi les démarches personnelles entreprises par le président Saïed auprès de nombreux de ses pairs.

Maintenant qu'elle est adoptée, quelles chances réelles d'application peut en effet avoir cette résolution ? Difficile d'exprimer le moindre pronostic et il ne faut pas s'attendre à des miracles. Tant d'autres résolutions de Conseil de Sécurité (sur la Palestine, la Libye, etc.) n'ont été respectées. Et c'est là le rôle essentiel que la Tunisie doit assumer durant son mandat au sein du Conseil, en appelant vivement à la mise en œuvre de la décision unanimement adoptées et en assurer un suivi vigilant.
La Tunisie et l'annexion d'une partie de la Cisjordanie
Le plus grand défi qui se posera à la diplomatie tunisienne, au sujet d'une grande cause arabe ne tardera pas longtemps. Il s'agit de l'annexion par Israël d'une large partie de la Cisjordanie. Initialement annoncée pour le 1er juillet, elle a été temporisée dans l'attente d'un feu vert de soutien de Washington. Pris sous la pression, d'un côté, des lobbyistes pro-israéliens renforcées par des groupes évangéliques au titre de la protection des sites bibliques et, de l'autre, par une opinion publique américaine majoritairement contre (48%), Donald Trump est dans l'hésitation. Surtout que ses adversaires démocrates, conduits par Joe Biden, candidat à la Maison Blanche sont fermement opposés à cette annexion. La Grande Bretagne n'est pas du reste. Son Premier ministre, Boris Jhonson a affirmé que « Londres ne reconnaîtrait pas un tel geste ».
L'affaire finira par venir bientôt devant le Conseil de Sécurité. Si elle ne l'anticipe pas pour en dissuader Israël, la Tunisie sera appelée non seulement à s'y prononcer, sans la moindre nuance, mais aussi et surtout à agir fortement pour la condamner, le cas échéant, en exigeant des mesures de rétorsions à son encontre. Et c'est la rude épreuve à gagner.
Tout sur la résolution du Conseil de Sécurité face au Covid-19
Le Conseil de sécurité exige la cessation immédiate des hostilités pour faire face à la COVID-19 et demande une pause humanitaire d'au moins 90 jours
Jugeant que l'ampleur sans précédent de la pandémie de COVID-19 risque de menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales, le Conseil de sécurité a exigé, aujourd'hui, la cessation générale et immédiate des hostilités dans toutes les situations dont il est saisi.
En adoptant à l'unanimité la résolution 2532 (2020), le Conseil demande également à toutes les parties à des conflits armés de prendre part immédiatement à une pause humanitaire durable pendant au moins 90 jours consécutifs.
Le texte précise que la cessation générale et immédiate des hostilités et la pause humanitaire ne s'appliqueront pas aux opérations militaires dirigées contre l'Etat islamique d'Iraq et du Levant, Al-Qaida et le Front el-Nosra et tous les autres individus, groupes, entreprises et entités associés à Al-Qaida ou à l'EIIL, ainsi que les autres groupes terroristes qu'il a désignés comme tels.
Le Secrétaire général, demande le Conseil, devra contribuer à faire en sorte que toutes les entités compétentes du système des Nations Unies, y compris les équipes de pays des Nations Unies, compte tenu des mandats de chacune, accélèrent leurs interventions face à la pandémie de COVID-19.
Par ce texte, présenté par la France et la Tunisie, le Conseil prie en outre le Secrétaire général de donner pour instruction aux opérations de maintien de la paix de fournir un appui aux autorités du pays hôte dans les efforts qu'elles déploient pour contenir la pandémie. Le but est notamment de faciliter l'accès humanitaire, y compris aux personnes déplacées et aux camps de réfugiés, et de permettre les évacuations médicales.
Le Secrétaire général et les Etats Membres sont également priés de prendre toutes les mesures appropriées pour protéger la sûreté, la sécurité et la santé de tous les membres de personnel des Nations Unies participant aux opérations de paix des Nations Unies, tout en assurant la continuité des opérations.
Le Conseil reconnaît par ailleurs « le rôle essentiel que les femmes jouent dans la lutte contre la COVID-19 », ainsi que les effets négatifs et disproportionnés, notamment sur le plan socioéconomique, que la pandémie a sur les femmes et les filles, les enfants, les réfugiés, les personnes déplacées, les personnes âgées et les personnes handicapées. C'est pourquoi il demande que des actions concrètes soient entreprises pour minimiser ces effets.
Du fait de l'impossibilité de se réunir au Siège de l'ONU à cause de la pandémie de coronavirus, le Conseil a adopté la résolution en procédant au vote par voie de correspondance électronique. Les votes ont été envoyés au Directeur de la Division des affaires du Conseil de sécurité, qui les a transmis au Président du Conseil de sécurité, le Représentant permanent de l'Allemagne. Celui-ci a convoqué les représentants des membres du Conseil par visioconférence ce matin, pour annoncer le résultat du vote.
Cette résolution est « un signe d'espoir que nous envoyons au monde », a affirmé à cette occasion le représentant de l'Allemagne, pays qui vient de prendre la présidence tournante du Conseil pour le mois de juillet.
Texte du projet de résolution (S/2020/607)
Le Conseil de sécurité,
Rappelant qu'il a la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales,
Réaffirmant les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies,
Se déclarant gravement préoccupé par les conséquences dévastatrices de la pandémie de COVID-19 dans le monde entier, en particulier dans les pays ravagés par un conflit armé, sortant d'un conflit ou en proie à une crise humanitaire,
Conscient que la violence et l'instabilité qui règnent dans les situations de conflit peuvent exacerber la pandémie et que, réciproquement, la pandémie peut aggraver les conséquences humanitaires néfastes des situations de conflit,
Conscient que les acquis obtenus par les pays en transition et les pays sortant d'un conflit en matière de consolidation de la paix et de développement risquent d'être réduits à néant par la pandémie de COVID-19,
Soulignant que la lutte contre la pandémie nécessite un renforcement de la coopération et de la solidarité nationales, régionales et internationales, ainsi qu'une action internationale coordonnée, inclusive, globale et mondiale, l'Organisation des Nations Unies jouant à cet égard un rôle de coordination essentiel,
Remerciant le personnel national et international de santé et de secours humanitaire pour la contribution qu'il ne cesse d'apporter à la lutte pressante contre la pandémie de COVID-19 et pour le dévouement dont il fait preuve,
Conscient des efforts déployés par le Secrétaire général et des mesures qu'il propose pour faire face aux effets que pourrait avoir la pandémie de COVID-19 sur les pays touchés par un conflit, en particulier son appel en faveur d'un cessez-le-feu mondial immédiat,
Ayant examiné la résolution 74/270 intitulée « Solidarité mondiale dans la lutte contre la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) » adoptée par l'Assemblée générale le 2 avril 2020,
Prenant acte du lancement, par l'Organisation des Nations Unies, du Plan de réponse humanitaire global COVID-19, qui place les personnes au centre des mesures d'intervention,
Jugeant que l'ampleur sans précédent de la pandémie de COVID-19 risque de menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales,
1. Exige la cessation générale et immédiate des hostilités dans toutes les situations dont il est saisi et soutient les efforts déployés à cet égard par le Secrétaire général et ses représentants et envoyés spéciaux;
2. Demande à toutes les parties à des conflits armés de prendre part immédiatement à une pause humanitaire durable pendant au moins 90 jours consécutifs, de façon à permettre l'acheminement sûr, sans entrave et durable de l'aide humanitaire, la fourniture des services y afférents par des intervenants humanitaires impartiaux, dans le respect des principes humanitaires d'humanité, de neutralité, d'impartialité et d'indépendance, et les évacuations médicales, conformément au droit international, y compris le droit international humanitaire et le droit des réfugiés selon qu'il convient;
3. Déclare que la cessation générale et immédiate des hostilités et la pause humanitaire ne s'appliqueront pas aux opérations militaires dirigées contre l'Etat islamique d'Iraq et du Levant (EIIL, également connu sous le nom de Daech), Al-Qaida et le Front el-Nosra et tous les autres individus, groupes, entreprises et entités associés à Al-Qaida ou à l'EIIL, ainsi que les autres groupes terroristes qu'il a désignés comme tels;
4. Prie le Secrétaire général de contribuer à faire en sorte que toutes les entités compétentes du système des Nations Unies, y compris les équipes de pays des Nations Unies, compte tenu des mandats de chacune, accélèrent leurs interventions face à la pandémie de COVID-19, l'accent étant mis sur les pays qui en ont besoin, y compris ceux en proie à un conflit armé ou à une crise humanitaire;
5. Prie le Secrétaire général de le tenir informé des efforts déployés par l'Organisation des Nations Unies pour faire face à la pandémie de COVID-19 dans les pays en proie à un conflit armé ou à une crise humanitaire, ainsi que des effets qu'a la pandémie sur la capacité des opérations de maintien de la paix et des missions politiques spéciales de s'acquitter des tâches prioritaires qui leur incombent;
6. Prie également le Secrétaire général de donner pour instruction aux opérations de maintien de la paix de fournir, dans le respect de leurs mandats et compte tenu de leurs capacités, un appui aux autorités du pays hôte dans les efforts qu'elles déploient pour contenir la pandémie, dans le but en particulier de faciliter l'accès humanitaire, y compris aux personnes déplacées et aux camps de réfugiés, et de permettre les évacuations médicales, et prie le Secrétaire général et les Etats Membres de prendre toutes les mesures appropriées pour protéger la sûreté, la sécurité et la santé de tous les membres de personnel des Nations Unies participant aux opérations de paix des Nations Unies, tout en assurant la continuité des opérations, ainsi que toutes autres mesures pour former le personnel de maintien de la paix aux questions liées à la prévention de la propagation de la COVID-19;
7. Reconnaît le rôle essentiel que les femmes jouent dans la lutte contre la COVID-19, ainsi que les effets négatifs et disproportionnés, notamment sur le plan socio-économique, que la pandémie a sur les femmes et les filles, les enfants, les réfugiés, les personnes déplacées, les personnes âgées et les personnes handicapées, et demande que des actions concrètes soient entreprises pour minimiser ces effets et faire en sorte que les femmes et les jeunes participent pleinement et véritablement, sur un pied d'égalité, à l'élaboration et à la mise en œuvre d'une riposte appropriée et durable à la pandémie;
8. Décide de rester saisi de la question.


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