Mandat de dépôt en prison à l'encontre de la femme accusée d'avoir brûlé des chats vivants    Météo: Cellules orageuses accompagnées de pluies attendues vendredi soir    Washington refuse des visas à des responsables palestiniens avant l'Assemblée générale de l'ONU    L'IA face au mystère du soin : quand la technologie rencontre l'éthique    Ordre du mérite vs société communautaire de "Fasoukh" : la vérité derrière la photo virale    Football-ligue 2: lundi prochain, tirage au sort du calendrier de la nouvelle saison sportive    Bilan énergétique à fin juin 2025 : une production en baisse, mais une demande en hausse    Sejnane : le blocage foncier du projet de village artisanal bientôt levé    Les taxis individuels menacent d'une grève nationale de trois jours à partir du 15 septembre    Le ministre de la Défense reçoit une délégation du congrès américain : le développement de la coopération militaire au coeur de la rencontre    Le typhon Kajiki tue cinq personnes en Thaïlande    Enseignement supérieur Le système LMD au cœur de nouvelles réformes    ATL Leasing : bénéfice net en hausse de plus de 10% au premier semestre 2025    Kais Saied : La nationalité et le dévouement, critères essentiels pour les recrutements    Elections du barreau : une profession qui a perdu sa voix    Affaire des chatons brûlés : la suspecte toujours en garde à vue    Mohamed Abbou : il faut arrêter les contre-vérités sur le recrutement des diplômés chômeurs    Tunisair : mouvement de protestation des agents contractuels de Tunisair Handling    Tunisie : l'appel d'offres pour la plateforme e-Visa déclaré infructueux    Du 31 août au 6 septembre : Kairouan vibrera au rythme du Festival du Mouled Al-Nabawi el Cherif    Ministre de l'Education : la situation de près de 24 000 enseignants a été régularisée au cours des dernières années    À partir d'aujourd'hui , la viande d'agneau importée et réfrigérée commercialisée à 38 dinars le kg    Journée du Savoir : le Président honore l'excellence et la mémoire des élèves disparus    Soldes d'été : légère baisse de la fréquentation    Finie la séance unique, retour à l'horaire d'hiver dès le 1er septembre    Les larmes de Kaïs Saïed    Athlétisme : La Tunisienne Marwa Bouzayani décroche la troisième place à la Ligue de diamant de Zurich    Fin de l'exemption fiscale aux Etats-Unis : les colis en ligne plus chers ?    EST-ASS (2-0) : La note aurait pu être plus salée !    Kamel Néji quittera la présidence du conseil d'administration de l'UIB à la fin de l'année    Le président de la République préside la cérémonie de la Journée du savoir    Le SNJT condamne l'interview de Rim Bougamra avec un ministre israélien    Trump réduit le séjour des étudiants et journalistes étrangers aux Etats-Unis    L'Ambassade de Tunisie à Bagdad dément l'annulation du visa ordinaire pour les Irakiens    Changement à la tête du gouvernement en Algérie    Le lion de Chemtou retrouvé au Vatican ? Que sait-on de ce trésor tunisien ?    Météo en Tunisie : cellules orageuses accompagnées de chutes de pluies    Match CAB CA  : la FTF annonce une tolérance zéro face aux agressions    Japon : Eruption volcanique sur le mont Shinmoe à Kyushu    Oscars 2026 : Kaouther Ben Hania représentera la Tunisie avec « La Voix de Hind Rajab »    Jet de projectile contre un arbitre : le match CA-CAB suspendu    Brad Pitt et Joaquin Phoenix soutiennent le film de Kaouther Ben Hnia sur Hind Rajab        Djerba abrite le Festival des Littératures du Sud "Kotouf Sud Festival" en octobre    JCC 2025 : ouverture des inscriptions pour la section Carthage Pro et les ateliers Chabaka et Takmil    Tabarka : le Festival Musique du Monde signe son grand retour après 21 ans    Zaineb Naoui offre 3 médailles d'or et 3 médailles d'argent à la Tunisie aux Championnats d'Afrique d'haltérophilie 2025    Eya Hosni et Yasmine Radhouani offrent une pluie de médailles d'or à la Tunisie aux Championnats d'Afrique d'Haltérophilie    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Riadh Zghal - Tunisie: Où va le processus de la transition démocratique ?
Publié dans Leaders le 17 - 10 - 2021

Il faut admettre que le risque d'échec du processus cahotant de la transition démocratique dans notre pays est on ne peut plus prégnant. Cela paraît de plus en plus clair au fur et à mesure que les maux de la société et ceux de la classe politique _ qui en est une émanation _ éclosent au grand jour. Car la démocratie c'est avant tout une dynamique sociale. Elle peut être impulsée par le sommet ou par la base qui se soulève contre l'autoritarisme. En revanche, le déclic démocratique ne trouve pas toujours de répondant pour se propager et s'étendre aux modes de pensée et de comportement individuels et collectifs. Les obstacles se forment et se renforcent mutuellement pour bloquer l'évolution vers un environnement démocratique.
C'est l'environnement souhaité où règne la liberté d'expression avec des décideurs à l'écoute, la gestion participative des affaires publiques, la bonne gouvernance à l'échelle nationale, régionale et locale, une économie saine et prospère, une distribution équitable et inclusive des richesses, des services sociaux de qualité – éducation, santé, transport…
Tous ces ingrédients d'une démocratie durable font défaut ou sont actuellement menacés telle la liberté d'expression. Tout se passe comme si un air de retour à la dictature soufflait sur le pays. La menace pèse sur tant d'acquis : l'éducation, la santé, le droit des femmes et des enfants, les valeurs sociales du vivre-ensemble, la valorisation du savoir et de la science, la foi dans la nation et dans sa position sur l'échiquier régional et mondial.
Cette menace va s'amplifier tant que la prise de conscience des maux qui rongent en profondeur, tel un cancer, est défaillante, et que rien n'est engagé pour leur traitement. Par ailleurs, les principes fondateurs et toxiques à l'œuvre depuis 2011 dominent le climat politique: destruction versus préservation des acquis et construction, revanche versus mobilisation des compétences et synergies entre acteurs, ego démesurés de politiques au pouvoir, opportunisme assorti de cupidité, d'avidité avec leur pendant de corruption, absence de vision et de stratégie pour conduire les affaires d'intérêt général, domination des idéologies et du juridisme versus traitement des graves questions d'ordre économique et social.
On ne verra pas le bout du tunnel tant qu'on ne s'est pas débarrassé de ces paradigmes nocifs. Au lieu de pérorer sans cesse sur la pertinence de la constitution, attelons-nous à l'amélioration des conditions de vie des citoyens placés sur la pente glissante de l'appauvrissement, donnons plus de pouvoir et de moyens à la base pour participer à la résolution des problèmes qui ne sont pas tous nationaux ni juridiques, mais aussi locaux, redonnons confiance dans la démocratie en l'orientant vers la participation et la délibération à plus d'un niveau institutionnel... Il y a un travail colossal à faire sur l'économie, la culture dans ses dimensions de valeurs et de représentations sociales. La palabre sans suite a trop duré. Maintenant il est temps d'agir positivement. Mais est-ce possible alors que le déficit de communication qui sépare le politique du social est abyssal ?
La sortie de la crise n'est pas une affaire d'un homme qui détient tous les pouvoirs, quelle que soit sa popularité, l'histoire montre que tout enthousiasme populaire reste volatile. Ce n'est pas non plus l'affaire de l'aide des partenaires bienveillants de la Tunisie fût-elle très généreuse. Le ver est dans le fruit et comme le dit le proverbe arabe, «rien ne peut gratter ta peau comme ton propre ongle». La démocratie et la gouvernance sont affaire de culture et partage des pouvoirs. Il y a besoin de changement culturel qui ne pourrait se réaliser sans un encadrement de proximité. Cela fait partie du rôle des partis politiques et des institutions. Les partis qui s'attachent à la démocratie peuvent assurer une telle mission. Encore faut-il qu'ils s'allient autour d'une vision partagée susceptible de faire sens pour la majorité des citoyens. Parallèlement, il faudra, sans plus tarder, trouver une formule pour remettre en place les institutions démocratiques et la séparation des pouvoirs. Plus le pouvoir est concentré entre les mains d'un seul homme, plus les chances d'instaurer durablement la démocratie, telle que décrite plus haut, s'amenuisent. Ce qui est le plus à craindre c'est que le retour des réflexes populaires d'encensement d'un chef détenteur de tous les pouvoirs se renforce par la volonté de ce dernier de prolonger l'Etat d'exception au mépris de toute tentative d'engager un dialogue avec lui. Qui pourra arrêter la colère qui gronde lorsqu'elle explosera dans la rue ? Et qui pourra l'éviter ? Difficile d'y répondre car comme l'a écrit Steve Taylor : «L'un des grands avantages de la démocratie, c'est qu'elle permet à n'importe qui, peu importe sa situation sociale initiale, d'occuper des postes d'influence et de pouvoir. Mais l'un des pires aspects de la démocratie, c'est qu'elle permet à n'importe qui, peu importe sa personnalité et ses défauts de caractère, de se hisser dans des positions d'influence et de pouvoir.» (Out of the Darkness: From Turmoil to Transformation, 2011)


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.