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Non-dits et contre-vérités « économique » !
Publié dans Leaders le 04 - 08 - 2011

La légitimité du régime déchu, car il en avait tout de même une que l'on qualifiera par« par défaut », reposait,-toutes choses égales par ailleurs-, sur le consentement certes passif, des fameuses « couches moyennes » urbaines et aisées longtemps convaincues : « Mieux vaut Ben Ali, que les islamistes ».
Force est de constater que ces couches tout autant victimes ont rejoint le mouvement initié par les couches populaires, jeunes, précarisées dans le « moment d'enthousiasme » que l'on nomme révolution.
Comme nous n'avons cessé de le répéter, il y a une forte superposition entre la géographie de la « contestation sociopolitique » et celle des « territoires du centre-sud ». Pour déjà ancienne quelle soit, cette superposition s'en est trouvée renouvelée ; à l'origine-creuset de la révolution, comme au cours de la dernière période, cristallisation-crispation des conflits. En témoigne la défiance des populations de ces régions vis-à-vis du gouvernement de transition.
Cette coïncidence n'est pas fortuite, mais pas parfaite, comme pour tout phénomène, puisque l'on retrouve dans les zones urbaines de la côte des foyers de contestations, pour l'essentiel, -fait- des couches sociales précarisées. Ces derniers toutefois, découlent et résultent du large mouvement social initié dans les régions précitées, qui a pour ainsi dire rendu plausible et concevable le passage de « l'impossible » au « possible ». Juste donc une question d'antériorité et en toute rigueur !
Le constat étant ce qu'il est, il ne semble pas tout à fait être partagé pour des raisons qui restent à élucider.
En effet, on ne peut qu'être frappé par les réponses apportées par l'intelligentsia, relayées, il faut bien l'admettre, par une large fraction de l'opinion publique.
Tentons d'en énumérer quelques unes :
- La crise et l'effondrement du régime seraient dus à la corruption et la prédation. Débarrassé de cette gangrène, le pays retrouvera mécaniquement le chemin de la croissance et de l'emploi.
- Si dans leur principe les revendications sociales sont légitimes, elles tendent à déstabiliser le pays, revendications souvent jusqu'auboutistes, qui si elles devaient se prolonger mèneraient le pays à l'effondrement économique et au chaos social.
Ces explications pour « pertinentes » qu'elles puissent paraître sous les apparences de « bon sens » renferment une part non négligence de « non-dits » voire de contre-vérités. Reprenons:
La corruption expliquerait à « elle seule » la désagrégation économique et sociale, comme si la Tunisie avait vécu dans un « no man's land » en terme de systèmes et de justifications idéologiques qui le sous tend : Ni capitalisme, ni socialisme, mais bien plutôt une « économie de marché » victime expiatoire, « neutre » des prévaricateurs.
Ce n'est bien entendu pas le lieu ici d'entamer une polémique épistémologique sur ce concept qui n'en est pas un, car ne caractérisant rien, vide de sens, tant du point de l'histoire de l'humanité que du moment spécifique, et pourtant lieu commun auquel se réfère nos éminents économistes.
A la simple question : Toutes les couches sociales ont-elles été victimes, de manière indifférenciée et uniforme de la prévarication et de la prédation ? Très surement non.
D'autres mécanismes, d'autres logiques et dynamiques ont conduit à ces déséquilibres régionaux, -doux euphémisme-, pour désigner en réalité ces flagrantes inégalités sociales, cette précarisation insidieuse, cette paupérisation relative rampante.
Nous tenons pour plus que vraisemblable le fait que « le choix de société » inauguré dans les dernières décennies porte la responsabilité première et principale des causes de cette révolution.
Une analyse approfondie, au-delà des apparences et de la surface des choses, ne résiste à l'examen des faits. De nouvelles questions sont édifiantes à cet égard.
Quels rapports peuvent bien entretenir la dégradation des conditions de vie et d'existence avec la prédation, la corruption :
Quid du gel des salaires au nom du sacro-saint principe de la « compétitivité », et de son corollaire la répression syndicale ?
Quid de la déliquescence du droit au travail ? Plus sérieusement du non respect du code du travail, de la généralisation du travail précaire CDD en lieu et place des CDI, du travail temporaire, au nom d'un autre sacro-saint principe celui de la « flexibilité » ?
Quid de la transformation en profondeur du système de production et d'échanges à la suite de la mise en œuvre du plus vaste programme de « privatisations » que le pays n'ait jamais connu, débouchant le plus souvent sur les « restructurations », autre euphémisme, pour désigner réductions d'emploi et précarisation des statuts.
Quid d'un système fiscal, a noté que peu en parle, devenu au fil des années, des dégrèvements fiscaux, des amnisties de plus en plus injuste ? Sans parler de fuite des capitaux !
Dit autrement, ce sont des logiques et des dynamiques plus cachées, plus profondes propres à ces choix de fondamentaux, auxquels sont venus se surajouter cette économie mafieuse et prédatrice.
Je trouve, pour le dire plus crument que la corruption a « bon dos ». Elle endosserait seule tous les maux de notre société. Il y a là une « réduction » intellectuelle, en somme une contre-vérité qui mérite d'être corrigée.
La dérive « ultralibérale », observée au cours des deux dernières décennies n'est elle pas plus dévastatrice que l'émergence de la corruption et de la prédation mais dont l'extension est tout de même plus récente ?
Je doute fort du contraire et livre donc cette affirmation à mes honorables confrères qui scrutent les réalités.
Entendons nous bien. Notre propos n'est pas antilibéral, si l'on se réfère à sa définition première, celle de Godwin, Bentham ou J. Stuart Smith comme « défense des libertés ».
Il ne préjuge non plus en rien, de cette liberté d'entreprendre, dernière aventure de ce nouveau siècle où règnent les firmes dominantes.
En ces temps de polémiques, d'attaques personnelles, reconnaissons aussi que l'initiative privée s'était vue au cours de la dernière période bridée, enfermée, au point de renoncer. Mais une fois encore ceci n'explique pas cela… la profondeur du drame.
A titre de conclusion provisoire, je voudrais souligner que nombre d'arguments invités ici manquent d'épaisseur. Cela tient à l'absence (non-dits) d'informations et de données auxquelles se réfèrent le raisonnement qui se veut avant tout logique et cohérent.
C'est dans le débat d'idées que jaillira le remodelage de notre pensée et des actions qui déboucheront sur ce « plus grand bien-être pour le plus grand nombre »…seule définition que je connaisse au final de l'économie politique.


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