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Quelle nouvelle « économie » veut-on ?
Publié dans Business News le 07 - 08 - 2011

S'il semble admis que le peuple ne parle pas, ne prescrit rien, ses composantes catégorielles et nombre de leaders d'opinion ne manquent pas en revanche de se revendiquer de lui.
Le débat démocratique, par absence de tradition fait florès mais aussi dans tous les sens.
Pas un jour sans une prise de position en son nom : le peuple veut. Chacun et chacune tente de faire prévaloir la justesse de son approche (qui ne reste somme toute qu'une opinion) au vu d'un constat, d'une analyse toujours partielle (la réalité dans sa totalité se laisse difficilement saisir) parfois partiale, et même suspecte d'arrières pensées.
A tout cela rien d'anormal. Le corps social tente de se recomposer autour de nouvelles problématiques, visions et projets de société : démolir et construire vont de pair. Mais comme il se doit en pareille circonstance le réalisme côtoie le fantasmatique.
Outre les contours du futur espace de la politique (quelle démocratie), le peuple fait savoir par l'attitude de ces différentes couches sociales qu'il entend bien construire aussi un nouveau vivre ensemble économique et social.
Autant dire que l'économique aussi, au grand dam de certains, n'est pas si « neutre », qu'il est lui aussi en proie au processus voulu de changement. Révolutionner « l'économique » est bien aussi à l'ordre du jour.
Mais ici comme sur d'autres questions cruciales, que veut le peuple ?
Certains tentent de minimiser l'ampleur des changements à réaliser, voire des « ruptures » à opérer. D'autres diamétralement opposés, avancent imprudemment sur des terrains qui ne résisteraient à la dure réalité du viable et du soutenable.
Il est fort probable que l'équilibre finira par se trouver entre le ni trop ni trop peu. Certes, mais quoi ? Les chimères guettent, sous l'œil vigilant des dures lois d'airain… économiques.
Les enjeux économiques, tout autant que ceux de la sphère politique, ne se laissent pas appréhender ni saisir facilement…en dehors de ceux vite qualifiés rapidement mais sans lendemain : Y-a-qu'à, faut qu'on, le Tunisien veut.
La Tunisie économique et sociale, post-14 Janvier, ne se porte « au plus mal », même si ces troubles sont profonds : sans travail et chômage de masse (autour de 20%), précarité et paupérisation et pauvreté relative affecte des pans entiers du corps social….
Il y a quelque malhonnêteté intellectuelle, inconvenance, pour ne pas dire indécence à voir presque tous les jours, la nécessité d'un retour impératif à l'ordre (lequel ?), et à la stabilité (pour qui ?). La Tunisie est tout de même loin du gouffre, comme en témoigne nombre d'indicateurs (niveau de production, commerce extérieur, niveau des réserves), loin d'être un pays proche de celui des Etats subsahariens.
Les cauchemars de l'effondrement et du chaos de certains, admettons-le, ne sont au final que de « mauvais rêves ». Rien de plus, rien de moins, du moins à ce stade.
Les sit-in, les manifestations, les grèves, quand ce n'est pas les occupations et les séquestrations, ou même encore les destructions et les violences s'entremêlent et s'entrelacent. Cette apparence de brouillon, de confus et de désordonné du mouvement social, mériterait à l'évidence un examen plus sérieux, une analyse et un décodage plus approfondi, tentant de séparer le bon grain de l'ivraie, de la pertinence et de la légitimité de l'insoutenable, du raisonnable de l'invivable.
La pratique de l'amalgame, très largement partagée par une opinion publique quelque peu désorientée par les « expressions » multiples de cette révolution débouche bien trop souvent sur des anathèmes grossiers qui ne reflètent nullement le fond des choses. Certaines opinions vont même jusqu'à « criminaliser » les mouvements sociaux…des voyous, des délinquants et obscurcit du même coup la compréhension de phénomènes certes composites, masquant et édulcorant, l'essence et l'éligibilité de certaines revendications.
Epiphénomènes, certes inacceptables pour ceux qui les subissent, devraient rester pour ce qu'ils sont, débordements et excès (toujours consubstantiels à toutes révolution), et ne pas dissimuler et occulter la justesse de nombre d'attentes et de demandes.
Au-delà et de toute évidence, et nonobstant de quelques couches épargnées, et en dépit de cette carte postale du « modèle tunisien » qui perdure dans certains esprits, le peuple souffre dans nombre de ses composantes. Pas toutes et au même degré, assurément.
Alors quel système économique et social, ou social et économique, l'un ne va pas sans l'autre ? Le social n'est pas un résidu à se partager, mais bien au cœur de la mécanique économique agissant par l'entremise de rapports et de jeux de force.
Insistons un peu. Il n'aura échappé à personne que nombre de conflits portent moins sur des augmentations de salaires que sur de régularisation de statuts, pour une véritable occupation-travail en lieu et place d'un ersatz d'emploi. La précarité est une plaie, un fléau…que reflète en creux la demande de dignité et qui nécessite traitement.
Pas besoin d'avoir fait une grande école pour découvrir que l'économie était à deux vitesses.
La Tunisie redécouvre, insistons, que l'économique n'est pas « neutre », que certaines exigences n'en sont pas véritablement : réduire l'emploi au nom de la flexibilité, peser sur la masse salariale au nom la compétitivité. Que d'injustices au nom de sacro-saints principes érigés en indépassables lois économiques induisant un nivellement des niveaux de vie –pas pour tous- vers le bas.
De proche en proche, le peuple, du moins sa fraction d'en bas, tente de se réapproprier les conditions même de son existence :
Quid du droit au travail et non à l'emploi qui n'en est pas un?
Quid d'une participation active aux processus de décision, à des formes nouvelles de cogestion ?
Quid de l'essor de nouvelles formes coopératives et mutualistes à but non lucratif : mutuelles d'assurances ou banques mutualistes ?
Quid du devenir des financements d'entraide et solidaire sur le modèle du « hui » chinois ? Du microcrédit, ou méso-crédit à taux zéro ?
Quid du retour dans le giron d'un Etat modernisé au service des usagers, et non plus de clients, de citoyens et non plus de consommateurs, d'activités multiples soumises à la « péréquation tarifaire » de discrimination positive de prix, extirpées de la loi du profit ?
Quid d'un système fiscal (le plus grand silence règne à son endroit), plus juste et plus fort : élargissement de l'assiette des prélèvements, progressivité de l'impôt, de taxation des secteurs spéculatifs, des produits superflus et ostentatoires?
Quid de logements sociaux accessibles ? D'une énergie électrique solaire peu onéreuse ?
Quid d'une agriculture et de cultures vivrières plus directement accès sur la satisfaction des besoins locaux, ou d'échanges de proximité ?
Ce ne sont la que des bribes de réflexion, d'éléments possibles de réponses, d'une orientation qui reste à être systématiser sous le forme d'une politique.
Les élites, l'intelligentsia, les intellectuels, en dehors de quelques figures semblent avoir pris quelques retards. L'essentiel des projets pêchent souvent par excès d'électoralisme : ménager les susceptibilités, éviter les mots et les formules tranchés. Ils ont encore quelque mal à se défaire de l'emprise du classicisme suranné, des sentiers battus du « haut vers le bas », du libéralisme bon teint, ou du néo-keynésianisme remis au goût du jour. Manque à l'évidence ce fameux rêve mobilisateur qui soulève les montagnes.
Pas véritablement de quoi faire rêver raisonnablement, l'imagination créatrice est encore loin d'être au pouvoir !
Mais ne soyons pas non plus trop sévères, les partis tentent de se construire, les mouvements sociaux de faire émerger leurs figures emblématiques…
Sans doute faut-il donner du temps au temps, tout est là, mais pas trop !
Comment pourrait-il en être autrement au bout de 8 mois !
*Hédi Sraïeb est docteur d'Etat en économie internationale et consultant international auprès de plusieurs institutions dont la Banque Mondiale, la Banque européenne d'Investissement, la Banque islamique de développement, la Commission européenne...


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