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Descente aux abîmes du débat politique !
Publié dans Le Temps le 09 - 03 - 2017

Que reste t-il du parti Nidaa Tounès ? La majorité des observateurs et des critiques politiques, s'accordent à dire : rien ou presque. Et ceci vient d'être confirmé par les récents enregistrements fuités de la réunion, tenue dimanche 26 février 2017, par des dirigeants du Comité politique de ce parti.
A vrai dire, l'effritement de ce parti remonte à près d'un an et demi. D'abord, à peine une année après les élections législatives de fin 2014, plus de vingt députés ont quitté Nidaa pour le bloc Al Horra et le parti de Mechrou3 Tounès dirigé par Mohsen Marzouk, et ce juste à l'issue du fameux congrès de Sousse.
Il y a eu, ensuite, l'émergence du Front de salut groupant des ténors du parti dont notamment Ridha Belhaj, Boujemâa Remili, Faouzi Elloumi, Khemaïs Ksila et bien d'autres qui ont procédé à une scission de fait tout en ralliant ou presque l'initiative du Front créé par l'Union patriotique libre (UPL), Mechrou3 et le parti socialiste.
Tout dernièrement, il y a eu coup sur coup, plusieurs enregistrements fuités évoquant, tous, les aspects négatifs du comportement de Hafedh Caïd Essebsi, directeur exécutif de Nidaa Tounès. Le premier porte sur des propos tenus par Nabil Karoui qui fustige « l'attitude du fils du président de la République » quant à la gestion des affaires du pays tout en reconnaissant qu'il n'a même pas l'étoffe d'un petit dirigeant politique...
Motus et bouche cousue après cette fuite dans le sens où ni HCE, ni aucun autre dirigeant de Nidaa n'a osé commenter ou réagir aux propos de M. Karoui qui était, pourtant un proche de Hafedh Caïd Essebsi allant jusqu'à lui diffuser cette fameuse interview arrangée, du sur mesure quoi.
Et cerise sur le gâteau, le tout dernier enregistrement fuité lors d'une réunion ,tenue après le remaniement ministériel trop partiel, et qui vient donner une idée claire et précise quant au mode de pensée et de gestion des affaires politiques et de la chose publique par le « patron » de Nidaa
On apprend, ainsi, que le fils du chef de l'Etat, considère que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a été désigné à ce poste pour servir le parti de Nidaa Tounès. Puis il s'est plaint de n'avoir pas été consulté avant le remaniement. De même il estime que Chahed s'est entouré de conseillers qui ne sont pas à leur place et que ces mêmes conseillers agissent pour l'effondrement de Nidaa... ».
« J'ai dit à Youssef Chahed, à maintes reprises de se débarrasser d'Iyad Dahmani qui fait, désormais la pluie et le beau temps au Palais de la Kasbah, mais il ne m'a pas écouté», entend-on expressément dans cet enregistrement sans oublier les critiques acerbes adressées à d'autres conseillers du chef du gouvernement d'union nationale, dont notamment Taoufik Rajhi.
Par ailleurs HCE a révélé, sans s'en rendre compte, son immixtion dans les affaires de la rédaction d'un journal de la place. Il lui a reproché d'avoir accordé la parole au conseiller en question...Et puis il y a cette phrase selon laquelle : « tant que le vieux est là, il n'y a rien à craindre et que Nidaa gagnera encore une fois les élections » !
Où va-t-on ?
Bien entendu, il y a eu, comme attendu, un grand branle-bas pour s'interroger sur l'origine et les auteurs éventuels de ces fuites. Une enquête interne au parti est promise par Imed Ouled Jibril, député de Nidaa pour la région de Mahdia, un autre concerné par l'enregistrement. Entretemps, des accusations ont été lancées contre les uns et les autres, mais rien n'est sûr jusqu'à présent.
En revanche ce qui est certain, c'est qu'un climat de débandade et de suspicion règne parmi les membres de Nidaa Tounès, plus écartelé que jamais. Et on se demande comment ce parti, ou ce qu'il en reste, parvient-il à se classer, encore et toujours, en tête des partis les plus populaires et des favoris pour les futures législatives ?!
Moralité de cet historique, ancien et récent, est que l'origine de cette ambiance malsaine et de cette crise profonde dans la quelle se débat le parti Nidaa, a pour nom, selon les observateurs : Hafedh Caïd Essebsi. Ils estiment qu'il suffirait qu'il se retire de l'arène pour qu'une nouvelle dynamique soit retrouvée à l'intérieur de cette formation politique et, pourquoi pas, un nouveau regroupement des différentes tendances du parti !
Cette conclusion a été rendue possible dans la mesure où, dans tous les épisodes de ces crises, on retrouve toujours, le nom de HCE, fils de BCE. Pourtant, un certain 21 novembre 2014, le candidat à la présidentielle, Béji Caïd Essebsi, répondait à une question sur « l'héritage et l'implication de la famille », soulignant qu'avec lui la famille n'a pas de place dans la gestion des affaires de l'Etat. BCE était catégorique : « Non, ce ne sera pas possible. Pour preuve, lorsqu'il y a eu des remous concernant sa conduite d'une liste aux législatives, Hafedh Caïd Essebsi s'en était retiré ». Mais on se rappelle aussi que quelques mois après, le même BCE disait : « Je ne peux pas l'empêcher de faire de la politique parce qu'il porte le nom de Caïd Essebsi ».
D'ailleurs, des analystes estiment que quelle que soit la compétence d'une personnalité quelconque, il ne faut pas qu'elle soit liée à la famille du chef de l'Etat. Cela fait un très mauvais effet. Ce qui est le cas en la circonstance.
Ce qui est curieux, c'est l'absence de réactions de la part des partis politiques et des personnalités nationales au contenu des enregistrements fuités, notamment de la part d'Ennahdha, pourtant mise en cause par HCE qui dit que « ça ne peut plus continuer avec ce parti et avec son attitude hypocrite », sachant que certains observateurs sont persuadés que le vrai et principal bénéficiaire desdites fuites n'est autre que le parti islamiste de Rached Ghannouchi.
En tout état de cause et dans l'attente d'éventuelles réactions du chef du gouvernement, Youssef Chahed, de ses conseillers « visés » et, surtout, du jeune ministre et porte-parole officiel du gouvernement, Iyad Dahmani, d'autres développements peuvent survenir à l'ombre du paysage politique qui se dessine à l'horizon et avec la descente aux enfers du débat politique pour toucher des bas fonds jamais atteints.


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