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Entre déception et fin de la récréation...
Publié dans Le Temps le 11 - 05 - 2017

Finalement, le président de la République a prononcé son discours, tant attendu, hier au Palais des Congrès, mais il n'a annoncé aucune initiative ni de décisions inattendues. Ce qu'il a déclaré et annoncé a suscité des impressions mitigées chez les observateurs, notamment la classe politique tout en laissant entrevoir l'émergence de réactions sur le terrain.
A l'issue d'une allocution d'une cinquantaine de minutes, bien préparée, on retiendra quelques décisions, déjà fuitées en l'occurrence la prise en charge par l'Armée nationale de la protection des sites de productions stratégiques dont notamment ceux du pétrole et des phosphates.
A ce propos, il a mis en garde tous ceux qui se hasarderaient à entraver l'application de ces mesures car l'Armée a une manière stricte et rigoureuse dans l'application des lois et des décisions de l'Etat. Autrement dit, les militaires ne représentent pas un service d'ordre, comme c'est le cas pour les forces de sécurité, mais ils peuvent violemment réprimer les éventuels auteurs d'infractions auxdites lois.
Un autre point d'interrogation est soulevé dans le même ordre d'idées, car il ne faut pas oublier que nos militaires sont appelés à assurer la défense de nos frontières terrestres et maritimes sans oublier leur implication directe et quotidiennes dans la lutte contre le terrorisme.
Béji Caïd Essebsi a annoncé, également, qu'à l'avenir, les sit-in au milieu des routes pour empêcher la circulation des biens et des personnes ou ceux empêchant les employés d'exercer leur droit au travail et freiner, ainsi, un déroulement normal de la production au sein des entreprises ne seront plus permis et que l'application des lois sera rigoureuse dans ce sens. Ceci revient à dire que, là aussi, la loi sera appliquée par la force.
Toujours, sur le plan sécuritaire, BCE a annoncé qu'il va y avoir une restructuration au sein du ministère de l'Intérieur sans donner d'amples détails. Mais des sources bien informées indiquent que les gouverneurs auront de plus larges prérogatives pour maintenir l'ordre dans leurs régions respectives. Autrement dit, un retour à l'approche d'avant la révolution du 14 janvier 2011.
L'autre annonce est celle touchant au projet de loi sur la réconciliation économique et financière qui doit être maintenu. En effet, le président de la République a indiqué qu'il faut protéger les cadres et les fonctionnaires qui n'ont pas tiré profit de leur statut ou de leurs postes de responsabilité, et ce, selon lui, dans l'objectif de faire impulser la dynamique économique et encourager les investisseurs.
« Nous avons présenté le projet et nous y avons apporté les correctifs nécessaires. Maintenant, c'est à la Commission concernée à l'Assemblées des représentants du peuple (ARP) de proposer les amendements qu'elle juge adéquates, mais moi, je ne vais plus rien changer », a clamé BCE sur un ton ferme.
Auparavant, il a tenu à mentionner que le processus démocratique est menacé dans le sens où certaines parties « minoritaires » veulent imposer « leur » loi quitte à recourir à la rue et à la désobéissance civile.
Là aussi, il a été catégorique en assurant que la Tunisie est un pays démocratique où les premiers dirigeants et les institutions son librement élus et que lesdites institutions servent de lieux pour les débats et les propositions contrairement à ce que veulent certains appelant à descendre dans les rues et à la désobéissance civile.
Les mêmes observateurs donnent raison au président de la République dans la mesure où dans un régime démocratique qui se respecte, le débat est libre et toutes les protestations pacifiques sont permises, mais qu'à la fin, c'est la décision prise par la majorité qui doit être appliquée et suivie par tous, l'objectif étant de faire échec à tout climat favorisant les dérapages incontrôlés et l'anarchie.
Il s'est, également, adressé, d'une manière indirecte et très claire à une frange du parti Ennahdha qui a soutenu les mouvements sociaux, à Mohsen Marzouk, leader de Machrou3 Tounes qui avait appelé à un nouveau gouvernement non partisan, et à Mohamed Abbou qui avait appelé à la désobéissance civile.
A souligner de même que le président de la République n'a pas évoqué du tout le volet de la corruption et d'éventuelles décisions pour gérer ce dossier afin d'y faire face, ce qui a été relevé, avec étonnement, par les observateurs
Ainsi, si certains semblent être déçus qualifiant le discours « d'une montagne qui a accouché d'une souris », d'autres jugent qu'il a dit ce qu'il fallait dire en cette étape délicate de l'histoire du pays.
En effet, ceux qui s'attendaient à une initiative allant dans le sens d'une métamorphose du paysage national à l'instar de celle annoncée le 2 juin 2016 ayant mené au Document de Carthage et à un gouvernement d'union nationale, n'ont pas trouvé leur compte.
Il faut dire que le halo ayant entouré l'annonce du « discours présidentiel au peuple » et les fuites évoquant un « avant 10 mai et un après 10 mai » ont créé un suspense extraordinaire et ont donné place à des attentes démesurées. Erreur de communication ? Possible.
En tous les cas, certaines fuites font état que le texte du discours de BCE contenait l'annonce de la décision du limogeage du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Chedly Ayari, mais qu'au dernier moment, il y avait renoncé.
L'autre partie des analystes estime, par contre, que le chef de l'Etat a été à la hauteur des espoirs puisqu'il a mis le holà en haussant le ton, devenu relativement alarmiste, et en adressant des messages clairs que rien ne sera plus comme avant en matière de respect des lois et du prestige de l'Etat.
Et même s'il n'a pas fait des annonces à caractère spectaculaire, certains pensent que Béji Caïd Essebsi vient de « siffler la fin de la récréation » avec l'entrée effective de l'Armée nationale en jeu. Mais il faudra attendre le degré d'application de ces mesures sur le terrain, surtout après la mise en demeure clairement adressée par le président de la République aux éventuels contrevenants.
Or, d'après les dernières nouvelles, la coordination des sit-inneurs d'El Kamour à Tataouine a tenu une réunion extraordinaire pour décider de la suite qu'il faut donner aux décisions annoncées par le chef de l'Etat.
En tout état de cause, certains sont convaincus que le chef de l'Etat vient de changer la donne par le strict respect de la Constitution, de l'Etat de droit et des institutions et par la détermination à appliquer les lois. Ira-t-il jusqu'au bout dans cette démarche ? Toute la question est là...


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