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Les Fonds ont été débloqués : maintenant passons à l'action
Lutte contre le SIDA
Publié dans Le Temps le 08 - 12 - 2007


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Entre autres problèmes, le manque de compétences du domaine
Les travaux de la 5ème réunion régionale du Fonds Mondial de Lutte contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme du Moyen Orient et d'Afrique du Nord, qui se sont déroulés pendant trois jours ont pris fin jeudi 6 décembre.
Ce rendez-vous fut une occasion pour les quelque 200 participants de différentes institutions nationales, organisations internationales et de la société civile d'avoir une idée sur la politique et les mesures prises par le Fonds en leur faveur. La réunion fut aussi une opportunité pour échanger le savoir-faire dans l'intervention contre ces maladies.
Si les fonds sont disponibles pour les pays du Moyen Orient et de l'Afrique du Nord, car ils dépassant les 100 millions de dollars, leur gestion par les compétences locales demeure en deçà des aspirations du Fonds Global. Les pays en quête d'un financement pour lutter contre l'une de ces maladies ravageuses doivent être convaincants pour ne pas perdre les chances d'obtenir une somme d'argent bénéfique pour le pays. En effet, la Tunisie a réussi à convaincre le Fonds Global pour obtenir une enveloppe de 22 Milliards de DT qui seront réservés entièrement aux programmes de lutte contre le SIDA. Une partie de l'argent a été débloquée il y a quelques mois, mais l'Office National de la Famille et de la Population ou l'unité de gestion de ce fonds dans notre pays ne sont pas encore passés à l'action.
En 2006, la proposition de la Tunisie au Fonds Mondial de Lutte Contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme fut acceptée. Pour ce faire, le programme national de la santé a préparé avec les instances de coordination du pays et qui sont présidées par le ministre de la Santé Publique un plan d'action pour lutter contre le SIDA, et ce en associant d'autres partenaires notamment, la société civile, des organisations internationales (UNICEF, ONUSIDA...) et d'autres ministères.
Suite à la réception des fonds par l'Office National de la Famille et de Population ONFP a été désigné comme étant l'unité de gestion ou le bénéficiaire principal. Il aura la charge de gérer le Fonds global en Tunisie pour que les ONG concernées directement par l'activité de lutte contre le SIDA soient subventionnées financièrement dans la concrétisation de leurs actions. « Dorénavant, ces structures seront capables de se professionnaliser davantage. Elles pourront engager un personnel qualifié, des éducateurs, des sociologues, etc », d'après M. Jean Michael Delmotte, représentant de l'UNICEF en Tunisie. « Mais, il est important que le gestionnaire passe à l'action, car l'argent n'a pas été encore transféré aux associations concernées», rappelle-t-il.

Echange d'expérience
Pour mieux concrétiser son travail, l'Office doit s'inspirer des expériences des pays qui ont déjà bénéficié du financement du Fonds global. « Le réseautage est dans ce cas très important », toujours d'après M. Delmotte. Il considère à cet effet que « l'ONFP a besoin de s'auto qualifier. L'Office s'est doté d'une équipe pour le faire, il doit travailler davantage avec ce qui est déjà en place tel que le programme national. Il doit également renforcer le partenariat, il doit produire. C'est un processus concernant à la fois l'ONFP et l'instance de la coordination nationale ».
Mais, où se situe la responsabilité du Fonds Global dans la formation technique des compétences locale pour une meilleure exploitation des moyens accordés ? Le représentant de l'UNICEF considère qu'il s'agit de la responsabilité du gestionnaire local. « Le fonds global n'a pas de moyens, c'est la responsabilité de l'unité de gestion, il doit collaborer avec les organisations internationales qui ont l'habitude de travailler sur la question », répond-t-il. Il s'agit d'ailleurs de l'objectif des recommandations, qui ont recommandé de monter un réseau pour partager les expériences. Elles ont également recommandé d'offrir les moyens pour assurer une formation dans le domaine d'approvisionnement d'ordre général. « L'UNICEF s'est engagé au niveau de la région à concrétiser cet objectif », a-t-il suggéré.
A signaler dans ce cadre que « l'action des ONG sera axée vers les groupes à haut risque ; les travailleurs de sexe, les homosexuels, et les utilisateurs des drogues injectables. Il s'agit même d'un défi à relever. C'est un travail de proximité qui sera réalisé », toujours d'après M. Delmotte.
Sana FARHAT

Mme Hind Khatib-Othman ; Responsable du Fonds Mondial pour la Lutte contre le SIDA, la Tuberculose, et le Paludisme dans la Région MENA.
« Nous enregistrons des insuffisances au niveau des compétences »
Le Temps : Comment évaluez-vous l'intervention du Fonds Mondial de Lutte Contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme dans la région du Moyen Orient et de l'Afrique du Nord ?
Mme Hind Khatib-Othman ; Je ne peux qu'être satisfaite de l'intervention du Fonds dans notre région. Je la considère même positive car 60 primes sont accordées aux différents pays de la zone en deux ans alors qu'elles n'étaient qu'au nombre de deux. Une enveloppe de plus de 100 millions de dollars est réservée à la région. D'ailleurs 17 pays bénéficient des fonds pour lutter contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, et ce selon les priorités et les besoins de chaque pays. Auparavant, seulement le Maroc et le Mali ont été soutenus par le Fonds. Ainsi, de telles réunions ne peuvent être que fructueuses pour tous les partenaires car elles permettent d'échanger les expériences dans le domaine et d'avoir une idée sur les progrès enregistrés. Les participants peuvent également, établir des contacts pour la coopération technique et s'inspirer des expériences efficaces à l'instar de celle de la Tunisie. Pour preuve, l'Office National de la Famille et de la Population qui dispose d'un savoir-faire rayonnant dans la région. Il encadre d'ailleurs le Niger, le Tchad...
Etes-vous satisfaite des compétences ?
Les ressources financières sont disponibles alors que nous enregistrons des insuffisances au niveau des compétences qui travaillent sur les sujets. Nous espérons ainsi renforcer la coopération entre les institutions et les acteurs pour réaliser des avancées et aboutir à plus de progrès.
Cela veut dire que vous n'exigez pas des fonds supplémentaires pour la région ?
Nous sommes satisfaits des enveloppes accordées aux pays et nous espérons qu'elles soient parfaitement exploitées par les gouvernements locaux.
Quelles sont les priorités du Fonds en Moyen Orient et en Afrique du Nord ?
Les priorités diffèrent d'un pays à un autre. Le Djibouti, la Somalie, le Yémen, et le Mali travaillent sur les trois maladies ; le SIDA, la tuberculose et le paludisme. D'autres mettent l'accent par exemple sur le SIDA et la tuberculose. En fait, l'intervention s'effectue selon les priorités. Toutefois, nous avons 21 primes allouées à la lutte contre le SIDA, 20 au paludisme et 19 à la tuberculose. Les demandes de financement doivent être bien établies et convaincantes. Il faut qu'elles soient basées sur des plans d'intervention, comme nous évaluons le travail accompli par le biais des commissions indépendantes. Par ailleurs, nous assurons des sessions de formation à ces structures locales afin qu'elles soient capables de coordonner convenablement le travail.
Quelles sont les priorités du Fonds pour la prochaine période ?
Nous œuvrons à renforcer le partenariat entre les privés et le secteur public. Les patients atteints de l'une des maladies, seront impliqués davantage dans le développement des stratégies et des programmes en leur profit. Parmi les priorités du Fonds, la consolidation du partenariat locale et régionale.
S.F

Mme Mounira Garbouj ; Directrice de Soins et de la Santé de Base au ministère de la Santé Publique
« Nous ciblons les groupes à haut risque »
Le Temps : A l'instar des autres pays de la région, la Tunisie a bénéficié d'une prime de la part du Fonds Mondial de Lutte contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme. Comment avons-nous identifié nos priorités ?
Mme Mounira Garbouj : La priorité de la Tunisie est le SIDA. Nous l'avons d'ailleurs identifié suite à une analyse de la situation qui a été faite pour préparer le plan stratégique de la riposte nationale. C'est la base de l'élaboration de la proposition au Fonds Mondial de lutte Contre le SIDA, la Tuberculose et la Paludisme. Ce travail s'est fait dans le cadre de la concertation entre les partenaires pouvant jouer un rôle dans la lutte contre cette maladie. Pour ce faire, nous avons fait participer la société civile, les sociétés savantes, les partenaires gouvernementaux et les personnes vivant avec le virus VIH. Nous visons à travers ce processus à renforcer le partenariat plus particulièrement avec la société civile dans le travail de protection, de la prise en charge, du suivi et de l'évaluation de la riposte nationale.
Quels sont les axes d'intervention qui seront financés par le Fonds global ?
Nous avons demandé au Fonds de nous soutenir sur cinq axes. Il est question en premier lieu du renforcement du rôle de la société civile dans les actions de sensibilisation, d'information et de l'éducation des jeunes de manière générale car ils sont considérés comme étant un groupe vulnérable. Le deuxième axe est basé sur le renforcement des actions de la société civile dans l'intervention auprès des groupes à haut risque, nous allons également faire des études pour mieux connaître leur comportement afin de les cibler de manière plus efficace. Par ailleurs, le ministère de la Santé publique sera soutenu dans la prise en charge des personnes vivant avec le virus VIH et ce aussi bien sur le plan médical que psychosocial. Des spécialistes seront à leur écoute dans les CHU de Tunis, Sfax, Sousse et Monastir. Le rôle de la société civile sera renforcé davantage sur ce volet pour leur permettre une meilleure intégration sociale. Parmi les axes de travail, le renforcement de la composante surveillance épidémiologique, suivi et évaluation de la riposte nationale.


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