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Le logiciel de la honte de la SONEDE
Publié dans Le Temps le 06 - 01 - 2019

La Société nationale d'exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) n'y va pas de mainmorte pour récupérer ses impayés auprès des citoyens et des entreprises.
Après avoir changé en catimini son logiciel d'exploitation qui n'est pas totalement maitrisé par ses agents, la société nationale a entamé les procédures de coupure d'eau, sans prendre en considération certaines règles de bienséances.
Les mauvais choix sont devenus légion, dans le pays, avec des responsables politiques et administratifs qui se croient tout permis, simplement, pour régler certaines défaillances de leurs départements. Dans ce domaine, l'exemple de la Société nationale d'exploitation et de distribution de l'eau dépasse tous les entendements et les règles régissant les entreprises à leurs clients.
Les agents arrivent, sans préavis, bien sûr, comme l'a annoncé la SONEDE, coupent l'arrivée de l'eau, sans consulter les usagers, surtout que nombreux sont ceux qui auraient voulu payer sur-place, s'ils avaient omis, par inadvertance de payer une certaine facture.
Cette méthode de la SONEDE est vraiment barbare et indigne d'un pays qui se veut développé et moderniste. Est-ce qu'il y a, vraiment, un pilote à bord qui respecte ses clients, dans cette entreprise, pourtant nationale ?
C'était le cadeau de la nouvelle année pour la SONEDE, puisque cela a commencé moins d'une semaine avant les fêtes de fin d'année, avec quatre jours où les agents n'ont pas pris l'habitude de travailler, soit, le vendredi, le samedi, bien sûr le dimanche, suivis par un lundi qui précède le jour férié du mardi, premier jour de l'année 2019.
Certes, il est malséant que le journaliste utilise son organe de presse pour régler ses problèmes, mais, cette fois-ci, le problème que j'ai rencontré est celui de tous les Tunisiens, depuis le démarrage de la campagne de la SONEDE et c'est pourquoi je tiens à en parler pour réveiller ces hauts cadres de l'administration tunisienne et, notamment le PDG de la SONEDE. Ils sont vautrés dans leurs fauteuils, dans des bureaux climatisés en chaud et froid et qui bénéficient de milliers de privilèges pour servir le citoyen, mais qui ne sont préoccupés que par leurs propres situations, même si cela coûte cher aux contribuables.
J'ai été, personnellement, épinglé par inadvertance par notre honorable société de l'eau, pourtant pour une facture du deuxième trimestre 2018, pourtant payée, facture à l'appui, mais dont mon épouse n'était pas en possession, en se rendant au district de la SONEDE de l'Ariana, parce que, heureusement pour moi, je gardais ces factures dans un casier que je leur ai réservées, pour ne pas être pris au dépourvu.
Mon épouse a dû faire face à l'arrogance de certains des agents, pas tous, parce que certains avaient compris la méprise et avaient tenté de trouver une solution. Toutefois, et en fin de compte, nous avons été privé d'eau durant quatre jours, du vendredi au lundi, pour une facture payée qui n'était pas entrée dans le système de recouvrement de notre honorable SONEDE.
Lundi, je me suis rendu, facture du deuxième trimestre en main, payée le 9 novembre 2018 (avec un peu de retard), au bureau de poste de l'Ariana, pour demander le rétablissement de l'eau et, au moins, enlever les frais de coupure et de rétablissement de l'approvisionnement.
La responsable que j'ai rencontrée n'a rien voulu entendre sur cette question, même si elle avait pris l'initiative d'intimer l'ordre aux agents techniques de rétablir l'approvisionnement illico presto. Cela avait été fait, lundi aux environs de 13H00. Mais, ce qui est risible, c'est que les agents techniques n'ont pas trouvé la maison. N'eut été le fait que j'ai vu la voiture de la SONEDE, par la fenêtre de ma cuisine, ils seraient, certainement, retourné sans l'avoir fait, surtout que ces mêmes agents m'avaient indiqué qu'ils étaient, depuis plus d'une demi-heure à la recherche de mon domicile et de mon compteur.
Concernant l'argent que j'ai payé en novembre, la responsable a eu l'audace de m'indiquer qu'il n'avait pas été, encore, versé dans les caisses de la SONEDE, ce qui est un comble, dans un pays qui cherche la numérisation de ses services et qui veut créer des « Smart Cities ». Cela peut offrir, aussi, de grandes opportunités aux voleurs qui puisent dans les caisses de l'Etat pour s'enrichir, bien sûr sans laisser de traces, puisqu'il n'y a aucun suivi.
Aux districts de la SONEDE de l'Ariana et à la Marsa où je m'étais rendu, j'ai trouvé, même, des citoyens à qui on demande de payer des factures remontant à l'année 2015 et qui affirment les avoir payés, sans toutefois disposer des preuves des règlements, puisque personne ne peut garder des factures autant de temps. Des agents ont expliqué cette situation par le fait que nombreux parmi eux ne maitrisent pas assez bien le nouveau logiciel installé et qu'ils ont été acculés à « prendre le train en marche », par la volonté de leurs supérieurs.
Monsieur le PDG et messieurs les cadres de la SONEDE qu'êtes-vous en train de faire dans vos postes et à quoi servez-vous, si vous n'êtes pas capables de savoir que vos agents ne maîtrisent pas le nouveau logiciel, si toutes les données ne sont pas reversées dans ce nouveau logiciels et si vous ne vous préoccupez pas de l'argent que les abonnés versent à la Poste ou à la STEG, ou paient par internet ?
Vous déclarez des impayés auprès des abonnés qui sont, encore, à prouver, surtout que vous exigez des abonnés de présenter de factures payées remontant à 2015, alors que je parie avec vous si vous gardez une facture de l'électricité et du gaz remontant à cette date. Pourquoi n'avez-vous pas agi plus tôt pour recouvrir les impayés, sachant que la consommation de l'eau n'était pas très chère pour les consommateurs ?
Certaines entreprises publiques font beaucoup trop de mal aux contribuables, et il faut que cela cesse, afin de rétablir la confiance des citoyens en leurs dirigeants.


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