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Bal (dé) masqué !
Publié dans Le Temps le 19 - 04 - 2020

A chacun sa partition propre. Un Président sur une planète. Un Chef du gouvernement qui a du mal à harmoniser les actions trop désinvoltes et trop individuelles de ses lieutenants. Un Parlement qui s'érige en musée des horreurs et qui continue de mettre au pas la transversalité des institutions et, particulièrement, en ce contexte meurtrier. Des Organisations nationales qui se concertent sur les questions épineuses du moment, mais qui n'en sont pas moins diabolisées. Des « Maires » à boire aussi où, profitant de la crise, bon nombre d'entre eux proclame des « Emirats » inexpugnables, dérogeant aux règles, à l'essence même de l'impérieuse transversalité de la mission dévolue aux Collectivités locales. Enfin, une société civile, par ailleurs très active, mais qui ne fait que défoncer des portes ouvertes : la bureaucratie de toujours en freine les élans.
Le tableau est là en somme. Il représente une mauvaise mosaïque et qui provoque des strabismes. Un puzzle que personne n'arrive à recomposer. A chacun sa vision des choses. A chacun aussi, ses motivations propres, ses intérêts sordides. La Solidarité nationale attendra. Plutôt, dans sa course démente, le Covid-19 fait remonter les bas instincts à la surface. Ceux des égoïsmes et ceux de l'individualisme. Sur ce plan, nos politiques auront triomphé de la pandémie.
Le Calife Omar au secours de Saïed
« Les chemins de l'enfer, dit-on, sont pavés de bonnes intentions. » Kaïs Saïed qui brave le couvre-feu pour aller au-devant des démunis de la localité de Sbiba (gouvernorat de Kairouan) et qui appelle à ce qu'on lui cherche dans la foule l'homme, ce miséreux qui lui a offert un œuf -message tenant à la misère qu'il endure puisqu'il n'avait que ça à manger- a dû s'en justifier, dans son allocution introductive au Conseil de sûreté nationale. Il a même déclaré qu'il se déplace toujours de nuit et que ces déplacements ne sont pas parés de caméras pour immortaliser ces initiatives en faveur du bon peuple. Et, comme l'Homme a éternellement besoin de mythes, il évoque le Calife Omar Ibn Khattab qui faisait la même chose, et toujours de nuit. Sauf qu'avec Omar, il n'y avait pas de couvre-feu. Il n'y avait pas de Smartphones pour en filmer les scènes. Et il le faisait à l'improviste. Comme le faisait le « premier Bourguiba » et pas comme le faisait Ben Ali, toujours précédé par les caméras de la télévision nationale. Mais, par ailleurs, Saïed avait auparavant répondu aux sirènes irrésistibles de « l'auto-mise en scène » ayant immortalisé ces cartons qu'il transportait dans une caserne. De surcroît, en pleine nuit, d'où vient que les citoyens de Sbiba aient été informés sur la visite du Président ? Les uns en concluent à l'instrumentalisation. Les autres jugent que Saïed est dans une campagne électorale à reculons.
Sauf que Kaïs Saïed est Kaïs Saïed. « Le peuple veut » lui confère une immunité divine » contre le Covid+. Il plane donc. Au diable le confinement et les gestes-barrières. Mais quand cela vient du ministre de la Santé qui s'arrange, là où il va, de se faire précéder par une galerie de laudateurs, de récupérer les mérites d'un mécène tel Moez Driss, pour les détourner vers son ministère, cela s'appelle, tout bonnement, opportunisme et exhibitionnisme. De quoi refroidir les ardeurs des mécènes et de la Société civile toute entière !
C'est aussi le reflet de certains dysfonctionnements au sein du gouvernement. Voilà, justement, une sale affaire tenant à la fabrication des masques. Voilà que Salah Ben Youssef, ministre de l'Industrie et des PME, fait l'objet d'une suspicion de corruption formulée par l'INNLUC pour avoir commandé des masques auprès d'un député (Jalel Zayati) propriétaire d'une usine de textile, mais qui, en tant que député est interdit de transactions avec l'Etat comme le stipule la loi. Le ministre réplique arguant qu'il n'a fait que réquisitionner cette unité au profit de l'Etat. Et, dans un sursaut « patriotique », le député réagit, à son tour, déclarant qu'il exportera ses fabrications. Où est Fakhfakh dans tout cela ? Et qu'est-ce qui explique son éclipse médiatique de ces dernières semaines ?
Laboratoire «transgénique» au Parlement
Il se trouve néanmoins que les hyènes en profitent pour davantage acérer leurs crocs. « La charogne politique » tire sur les ambulances autant qu'elle se nourrit de cadavres. Les cadavres dans les armoires du Parlement sont, en effet, minutieusement bien rangés. Ils s'y amassent même, mais on leur trouve de la place.
Sauf, qu'au final, nul n'est dupe des pratiques qui se déploient au niveau du tout puissant «Bureau de l'ARP», transformé comme par l'effet d'une magie noire en « Politbureau» à la soviétique. A l'ARP, on s'emploie à des expérimentations. A des transformations au chapitre des manipulations «transgéniques» de la politique et de la démocratie dont il se dit, pourtant, le premier, sinon, le seul garant.
Voilà, donc, qu'on essaie de mettre tous ces députés «impies» au pas. Voilà que la sacralité de celui qui trône du haut du perchoir est érigée en divinité, comme dans les croyances et les rites de l'époque des Pharaons. Voilà que cette sacralité développe instantanément ses propres anticorps contre «les nuisances» de ceux qui contestent la prééminence du «temple».
Il ne s'agit pas, là, de prendre parti pour Abir Moussi. Elle n'en a pas besoin, parce qu'elle se défend bien. Mais, elle a toujours devant elle Seifeddine Makhlouf qui ne fait pas dans la dentelle pour la systématiquement conspuer. Il y a quelque part une division du travail : ce que décide le « Politbureau », le parti « Al Karama » se fait fort de l'imposer avec violence. Il n'est pas, non plus, indifférent que le nouveau « Bloc national », composé des dissidents de Qalb Tounès dénonce, dans un communiqué datant du 16 avril dernier, «les débats haineux extrêmes et porteur de haine et de terrorisme» au sein du Parlement, ajoutant aussi que le Bureau de l'Assemblée se livre à des «règlements de comptes».
La haine, disions-nous ? Ce n'est peut-être pas le mot adéquat. Peut-être «Fond de commerce» cadrerait mieux. Seifeddine Makhlouf a trouvé le sien : profaner encore et toujours la mémoire de Bourguiba. Mais celui-ci s'en fout. Parce qu'il représente désormais un mythe. Ça y est, il a dépassé sa stature de leader.


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