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Du bonheur d'être triste
Publié dans Le Temps le 01 - 07 - 2020

C'est le genre de livres inspirants qu'on garde sur nos étagères ensevelis de poussière ... jusqu'à l'usure de nos relectures. Car il s'agit bien d'un éternel cri d'amour et de rage dans un monde qui se terre et se meurt. « Le Bonheur des tristes » de Luc Dietrich est un récit tendre sur une enfance douloureuse qui amène son auteur à se rechercher dans une perpétuelle quête de soi qui jette un regard différent sur la vie et ses vicissitudes. C'est aussi un roman sur l'amour maternel écrit à l'encre du sang. Unique !
"Le Bonheur des tristes'', un joli oxymore qui révèle au grand jour un écrit tendre et cruel sur l'amour maternel et de la douleur de vivre sans une mère. Le titre nous amène déjà à ouvrir les premières pages d'un roman qu'on ne laisserait pas avant de le lire d'un seul trait.
Comment peut-on guérir de son enfance, quand on doit assumer sa laideur physique et qui se regardait au miroir suite à une remarque désobligeante « C'était moi, mais quel drôle de moi! Mon visage était comme une racine avec ses barbes follettes! Mon regard fendait cette noirceur, comme un coutre la terre. Ma bouche y vivait comme une balafre fraîche. Et par-dessus le tout, poussait un pin qui débordait sur les oreilles et le cou. Je ne savais si c'était ridicule, désolant ou beau, mais je ne ressemblais pas aux autres: j'étais plus grand et plus visible. » dit-il. L'auteur se tourne en dérision. Il se gausse de ceux qui n'ont que ce moyen pour le rabaisser : s'attaquer à son physique, car lui, il s'en balance tout comme des convenances sociales et des faux-semblants. C'est aussi un texte sur l'amour maternel inconditionnel qu'il voue à une mère droguée et qu'il accompagne dans ses cures de désintoxication. Sa mère meurt et l'enfant qu'il est a du mal à faire son deuil. Les Hommes, (sa famille notamment ) sont cyniques et ne l'aideront pas dans ce sens. Il combat de toutes ses forces la méchanceté d'un asile d'enfants souffrant de maux psychologiques. L'auteur se protège dans un monde qu'il se crée à travers un récit sans compromis qu'il consacre à sa mère qu'il aime tant.
Il renoue avec un personnage principal innocent et candide qui découvre la vie et commence à avoir ses propres repères pour voir les choses autrement qu'à travers le regard de sa mère. Il revoit autrement la nature et sa beauté et commence à caresser la joie de la vie simple qu'il retrouve dans les fleurs et le doux parfum qu'elles dégagent.
Extraits du livre
« Les hommes disent : "Une vie de chien." Ils croient que les animaux sont humiliés et malheureux. Mais j'avais bien observé les animaux et je savais que les hommes se trompent, car jamais une fourmi ne s'arrête pour soupirer que la vie ne vaut pas la peine, et jamais un âne ne se dit : "Comme je suis vexé d'être âne." Et quant aux plantes, elles sont si fières d'être ce qu'elles sont, qu'elles ne disent rien à personne. (...)
Nous, nous sommes malheureux parce que nous ne sommes pas du tout contents d'être ce que nous sommes, sans non plus savoir ce que nous voudrions être. » (p.45)
« Oui, une femme qui cuit une soupe pense qu'elle va la faire goûter à quelqu'un qui rentrera. Tous ces hommes qui se hâtent, c'est qu'ils sont attendus par quelqu'un (...)
Même ceux qui vont lâchés comme des mouches, aiment ou haïssent d'autres hommes et s'accrochent à eux de la sorte. Ils ont bâti des maisons pour se protéger du grand nombre; mais la porte s'ouvre à quelques- uns, car l'homme est un animal de petite société. Chacun se déplace dans la sphère de ceux qu'il attire ou dont il est attiré. Et ils répètent en chœur comme des écoliers: " J'ai, tu as, il a , nous avons, vous avez, ils ont une importance". C'est pourquoi ils travaillent tant: pour se tenir par les bras et par les mains à ceux qu'ils ne peuvent toucher par le cœur et la pensée.... » (p.209)
« Les bêtes ne demandent jamais l'heure, c'est pourquoi elles ne sont jamais pressées et elles font tout ce qu'elles veulent comme sil elles avaient toujours le temps. C'est pourquoi aussi, elles n'ont jamais peur quand il n' y a pas de danger; elles ne ferment jamais les portes. Mais les hommes sont toujours pressés, doivent prendre une voiture, un train, pensent : "Nous allons être en retard", car ils savent qu'il y a une fin et qu'il y a tant de choses à faire avant la fin. » (p.42)
« Il y avait des voix de femmes déchirantes comme des oiseaux qui s'envolent, heureuses comme des matins de départ, et des voix graves comme des orages qui approchent, comme le soleil lorsqu'il tombe , comme le silence quand les hommes sont morts.
Et Dieu allait venir. » (p.51)


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