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Gisèle Halimi, une autre icône de la diaspora tunisienne disparait
Publié dans Le Temps le 30 - 07 - 2020

Gisèle Halimi, célèbre avocate, écrivaine et politicienne franco-tunisienne connue pour son combat et sa défense des droits des femmes et des oppressés, est décédée le mardi 28 Juillet 2020 à Paris au lendemain de ses 93 printemps.
De son vrai nom Zeiza Gisèle Taieb, cette native du 27 juillet 1927 est issue d'une famille de confession juive du quartier de la Goulette, en banlieue de Tunis. Le combat de cette avocate est reconnu à Paris comme à Tunis ou même à Alger où elle avait défendu les droits des militants pour l'indépendance.
Après avoir eu son baccalauréat à Tunis, Gisèle Halimi avait fait ses études supérieures en France où elle a eu une licence en droit et en philosophie à l'université Panthéon Sorbonne et à l'Institut d'études politiques à Paris. De retour Tunis, en 1949, elle avait rejoint le barreau et commencé à plaider dans des affaires de défense des syndicalistes et militants pour l'indépendance du pays. Quelques années plus tard, elle rentre à Paris pour entamer en 1956 une carrière d'avocate engagée dans la défense de plusieurs causes.
La libéralisation de l'avortement et la criminalisation du viol étaient au cœur des causes féministes qu'elle défendait, un combat mené aux côtés de ses contemporains du milieu littéraire et plastique, comme Simone de Beauvoir, Jean Paul Sartre ou Pablo Picasso. Le féminisme était son cheval de bataille dans une société dominée par les hommes, une réalité dont elle a pris conscience dès son plus jeune âge. Halimi, un nom qu'elle gardait de son premier mariage est partie laissant un long parcours pour les valeurs universelles consacrant les droits des femmes.
Celle qui a toujours plaidé pour la cause féministe n'a pourtant pas eu de filles. Selon différentes sources, après deux mariages durant lesquels elle avait eu trois garçons, toute sa passion, elle l'avait transmise à sa petite fille qu'elle évoque dans son livre autobiographique " Histoire d'une passion " (2011).
Parmi ses multiples ouvrages, "La cause des femmes" (1973), "Le lait de l'Oranger" (1988), "La nouvelle cause des femmes" (1997), " Fritna " (1999), "La Kahena" (2006), "Ne Résignez jamais" (2009), et " Une farouche liberté ", écrit avec Annick Cojean (2020).
Elle est partie deux mois après la mort de son compatriote Albert Memmi (1920-2020) décédé le 22 mai dernier à Paris à l'âge de 99 ans. Ce romancier, essayiste et penseur franco-tunisien était un natif du quartier juif el Hara au Centre ville de Tunis. Le duo d'écrivains avaient en commun d'être nés à Tunis où ils ont commencé leurs carrières respectives avant de partir en France, pays qui les a accueilli jusqu'à leur décès.
A l'annonce de sa mort, Raja Ben Slama, directrice générale de la Bibliothèque Nationale de Tunisie (BNT), a dit "avoir voulu l'inviter une première fois il y a deux ans, une invitation qu'elle avait acceptée mais qui n'a finalement pas eu lieu." Dans un post en arabe publié mardi sur la page facebook de la BNT, Ben Slama écrit qu'après "un second contact avec elle, au début de cette année, l'écrivaine devait venir en Tunisie pour donner une conférence dans le cadre d'un partenariat entre la BNT et l'ambassadeur de France en Tunisie. Le début de la pandémie avait empêché la tenue de ce rendez-vous. Encore une fois encore, la mort était plus rapide que la venue de celle dont le combat féministe avait commencé alors qu'elle avait à peine 10 ans, lit-on encore. "Enfant, comme beaucoup d'entre nous, elle était confrontée à la discrimination, entre filles et garçons, dans l'exécution des tâches ménagères. Et la petite fille née dans une famille modeste, a grandi pour devenir avocate."
Ben Slama revient sur le parcours d'une femme qui "tout comme Albert Memmi, avait quitté la Tunisie pour l'autre côte de la Méditerranée où elle était naturalisée française sans pour autant délaisser sa nationalité. Elle admire "son parcours qui était une épopée de combat en faveur des femmes et de toutes les causes justes dont la cause palestinienne."
Elle indique aussi que la plupart de ses ouvrages sont disponible à la BNT. "Ses textes originaux et créatifs n'ont pourtant pas pu bénéficier de tout l'intérêt qu'on leur doit en matière de lecture, d'étude, d'éducation ou de traduction que ce soit en Tunisie, au Maghreb et en région arabe en général", continue l'écrivaine et dirigeante d'une institution qui a toujours été derrière les plus grands hommages rendus aux personnalités tunisiennes du milieu littéraire.
p class="p1" style="font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 19px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Sahriyet été 2020 à Hammamet
p class="p2" style="font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 30px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"«Rawa7», Un témoignage d'humour et d'amour
Sahriyet été 2020 à Hammamet se poursuit avec la même ferveur et le bonheur de la rencontre entre le public et les artistes après des mois de confinements et d'arrêt total des activités culturelles suite au confinement imposé par la propagation du Covid 19. Après la musique classique et la chanson, le public était au rendez-vous avec le théâtre avec « Rawa7 » un one woman show à la fois cynique que captivant sur un texte de Khaoula El Hadef, Fatma Felhi et Yosr Galai avec une mise en scène de Khaoula El Hadef. La pièce s'ouvre avec un jeu de mapping par une image cosmique dynamique avec un zoom avant qui rétrécit pour se focaliser sur la Tunisie avant de se fixer sur un village perdu quelque part dans les environ de Sidi Bouzid. Et c'est à partir de cet instant que le fil de l'histoire se déroule pour laisser apparaitre des personnages loufoques ou profonds, mais toujours familiers.
En partant de Tunis pour rejoindre la bourgade « Radhaa » proche du village de Regueb à 50 km de Sidi Bouzid, suite à un appel de sa famille la sommant de rentrer, Fatma se lance dans un road trip tout au long duquel elle retrace les étapes cruciales de sa vie pas du tout facile mais au bout de laquelle et grâce au sacrifice d'une mère courage et d'un père éclairé parvient à réaliser son rêve et celui de sa famille en devenant enseignante.
« Rawa7 », est l'histoire authentique de la comédienne Fatma Felhi qui a rejoint Tunis pour des études supérieures en dramaturgie après avoir vécue dans son village natale, les affres du dénouement d'une famille nombreuse de dix enfants.
En partant d'un texte réalisé dans un esprit participatif d'où sa riche et sa profondeur, la comédienne dessine une cartographie physique et sociale d'une Tunisie qui peine encore à minimiser ses paradoxes. La route qu'elle emprunte pour se rendre chez elle est un palimpseste qui révèle les clivages entre les régions que la mise en scène renforce avec les tonalités d'une lumières pas du tout muette. Mais à son réveil, elle se fracasse sur les rivages d'une réalité figée comme le roc et une condition immuable malgré tout semblant de changement.
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« Rawa7 » est un témoignage chargé d'humanité, sincère et émouvant. Certes, il s'agit d'une histoire, celle de Fatma, mais aussi la notre. Car chacun de nous se retrouve dans l'une de ses escales, à travers l'un de ses multiples personnages, l'un de ses nombreux récits où l'humour est aussi très présent.


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