Scatec inaugure deux centrales photovoltaïques phares à Tozeur et Sidi Bouzid    Mare Nostrum Voice Festival en Tunisie pour une 3ème édition au Théâtre de l'Opéra de Tunis    Ons Jabeur maman : une nouvelle page s'ouvre pour la championne tunisienne    Egypte : vers un divorce automatique en cas de consommation de drogues ?    Météo en Tunisie : températures toujours en légère hausse    Les étudiants de l'Université de Sfax entrent dans le Guinness des Records avec une startup IA    Tunisie : des changements météo brusques entre chaleur et orages    Ooredoo Tunisie, sponsor officiel de la 50e édition du festival international de Dougga    Attention aux appels urgents : une technologie capable d'imiter n'importe quelle voix    Près de 18 000 bénéficiaires : les détails du programme de régularisation dévoilés    Nesrine Ben Ali condamnée en Suisse : vols, violences et séjour illégal révélés à Genève    Tunisie – Bac 2026 : cours de soutien scolaire en ligne via la plateforme gratuite Joussour    Crédits agricoles sans garanties : une nouvelle opportunité en Tunisie    L'or vert tunisien explose les records à Genève : une victoire historique    Coupe de Tunisie : à quelle date se tient le tirage au sort ?    MY FIRST DOC 2026 : à Nabeul, le festival du film documentaire comme acte de résistance et de voyage    Driss Guiga, l'ancien ministre et avocat tunisien est décédé    Le Ribat de Sousse et le Musée archéologique de Sousse abritent le symposium "Le Céramiste du Musée"    Météo en Tunisie : température en légère hausse    Tunisie : vers la fin des guichets, le registre des entreprises passe au tout numérique en 2026    Neïla Chaabane - Le professeur Sadok Belaïd nous a appris à réfléchir et à questionner la règle de droit    Driss Guiga, ancien ministre de Bourguiba, est décédé    L'Union Internationale de Banques renforce sa proximité avec les PME et confirme son rôle de partenaire engagé    Qui était Driss Guiga, ancien ministre décédé ce dimanche    Hajj 2026 : une amende de 20 000 riyals pour les contrevenants    Espérance vs Sundowns : où regarder le match en direct ?    Fonction Audio Eraser avec la série Galaxy S26 : pour une immersion totale sur toutes les plateformes de streaming    La menthe verte: Fraîcheur, traditions et art de vivre    Visite nocturne surprise de la ministre de la Justice à Ben Arous    Passerelles Savoirs-Médias : la FTDJ, SavoirsEco et Expertise France engagent une dynamique inédite pour rapprocher recherche et médias en Tunisie    La Cité des Sciences à Tunis accueille le Cosmonaute russe Kirill Peskov    Etude : une sœur "bavarde" protège du stress et améliore le bien-être    Liverpool vs PSG et Atlético de Madrid vs FC Barcelone : ou regarder les demi-finales de Ligue des Champions UEFA    Recrutement de travailleurs tunisiens : la Tunisie et l'Italie signent un accord    Inauguration de Isharat Gallery à Sid Bou Saïd: une réhabilitation lumineuse de l'abstraction tunisienne    Tahar Ben Lakhdar - Sadok Belaïd,L'architecte silencieux d'une réforme qui a changé la Tunisie: Comment la réforme des études d'ingénieurs des années 1990-1991 a refondé le paysage de l'enseignement supérieur tunisien    Général Mohamed Nafti - Trois Lettres Persanes    El Kazma et K-off : Sous le signe du rire, la résilience et la réflexion    9 avril : Musées et sites historiques gratuits en Tunisie    Match PSG vs Liverpool : où regarder le match des Quarts de finale aller de la ligue des champions UEFA du 08 avril    Vidéo-Buzz : la pub LEGO spécial Coupe du monde 2026 avec les stars du foot : secrets de tournage    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Par où commencer dans ce champ de ruines ?
Publié dans Le Temps le 19 - 08 - 2020

p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 11px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Allons donc : tout un chacun devine que Hichem Méchichi savait dès le départ qu'il avait été briefé par le Président de la république quant à l'option tenant au gouvernement des compétences indépendantes. Tous savent parfaitement que, quitte à spéculer sur les dérèglements de l'Etat, Kaïs Saïed règlerait, par Méchichi interposé, ses comptes avec les partis politiques. Tout le monde sait que le Chef du gouvernement chargé de mettre en place une nomenclature en dehors et en dépit des partis au Parlement ne ferait rien sans en référer à Carthage. Dès lors, puisque tout est déjà ficelé et que les programmes sont déjà prêts (dès la première semaine de sa désignation, selon ses propres dires), pourquoi faire en sorte que les concertations s'étirent en long et en large ? Tâter le pouls des partis ? S'assurer qu'ils lui accorderont leur confiance ? Sinon, faire en sorte qu'un suspense de mauvais aloi tienne les Tunisiens en haleine pour, enfin, les prendre jusqu'à l'usure, jusqu'au gong final ? Et, encore, on ne parlera de gong que si le gouvernement Méchichi obtient la confiance d'un Parlement revêche et, pour une grande partie, hostile !
On verra quels personnages aurait déjà choisi Méchichi. Dans la situation actuelle, ils doivent, tous, sortir de la cuisse de Jupiter. A la limite, pour reproduire des bruits de couloirs tout à fait vraisemblables, il reconduirait les actuels ministres des Finances, de la Justice et de la Défense. Mais il serait orienté à mettre sur pied des méga-ministères, par souci de cohérence organique d'abord, et pour éviter l'émiettement des centres de décisions ensuite. Sur le papier, cela paraît cohérent...Mais ce n'est pas aussi évident que cela.
Bombes à retardement
Un malheureux concours de circonstances fait que le futur gouvernement aura à affronter ce par quoi avait commencé le gouvernement Fakhfakh. A savoir ce maudit Covid-19 qui marque là un retour tonitruant et ravageur. Méchichi donne l'impression de n'en être guère préoccupé, privilégiant les accommodements politiques et les visions économiques et, à un degré moindre, les réajustements sociaux.
Se concerter avec des « experts en économie » (qui est vraiment expert et qui prétend l'être ?) c'est sans doute une bonne chose. Or, à en croire ses déclarations dès le début de sa mission, le check up, il l'a en mains. Les théoriciens pourraient à la limite lui fournir quelques indications supplémentaires, mais la situation est là, devant lui. Les chiffres de l'Institut national de la statistique sont, en effet, pour une fois à jour. Glissement abyssal du PNB à hauteur de -21,6% ; taux de chômage qui a augmenté de 18% (746 mille 400 de sans-emplois) ; creusement du déficit budgétaire (au premier semestre 2020) de 3,847 millions de dinars. Et cela fait que le budget de l'Etat accuse un déficit de 12 mille milliards de dinars ! Les experts sont habiles à jongler avec les chiffres. Et c'est leur vocation. Sauf que c'est à Hichem Méchichi d'inventer la panacée miraculeuse.
Or, l'Economique ne saurait être dissocié du Social. Et dans l'approcha adoptée pour identifier les problèmes de ce pays, il parle, certes, d'urgence à relancer la machine économique, mais il occulte la décrépitude sociale et le seuil de pauvreté qui prend des proportions inédites. Il ne le dit pas encore. Mais parions qu'il fera comme Elyès Fakhfakh lors de son investiture : il nous annoncera des mesures douloureuses. Ces mesures toucheront encore la classe moyenne et les classes les plus démunies. Elles surplomberont encore les entreprises privées et particulièrement les PME d'un surplus d'impositions fiscales (la hausse des impôts sur les sociétés est en effet parmi la plus élevée en Afrique). Dans cette logique, attendons-nous à de nouvelles clés sous les portes et à une flopée supplémentaire de pertes d'emplois. Et, avec le Covid-19 qui met en péril notre classement dans la zone verte, Méchichi serait avisé de réajuster ses programmes annoncés depuis bientôt un mois. Le champ de ruines dans lequel il s'apprête à s'aventurer représente en effet autant de bombes à retardement.
Stériles redondances
Il aura fallu quatre jours à Macron pour mettre sur pied un nouveau gouvernement. On nous rétorquera que c'est facile, puisque la majorité au Parlement est représentée par son propre parti. Sauf que le nouveau gouvernement français englobe aussi des compétences non partisanes. Or, puisque Kaïs Saïed et Hichem Méchichi ont opté purement et simplement pour un gouvernement loin des tiraillements des partis, et alors autant y aller vite et sans perdre du temps à écouter les sons de cloche. Ces tergiversations qui s'étaleront jusqu'aux délais constitutionnels n'ont guère de sens.
Discuter avec les partis, puis rediscuter avec eux pour les associer à une option qu'ils ne partagent guère pour grand nombre parmi eux, cela s'apparente à de stériles redondances. Méchichi a sans doute le sens de l'Etat. Mais ce sens de l'Etat est, justement, étriqué puisque sa démarche subit les déterminismes administratifs et bureaucratiques. Et puis, ce réflexe conditionné consistant à toujours impliquer Kaïs Saïed dans ses choix, fait qu'effectivement (comme nous n'avions eu cesse de le notifier) il est déjà dans la psychologie d'un premier ministre. En fait, c'est bien le Président qui tire les ficelles politiques. Dans un habile jeu de jambes, il aura d'ailleurs floué son principal support, le Mouvement Echaâb qui avait vite crié victoire : « ce sera le gouvernement du Président », mais qui ne se doutait pas que, lui aussi, en serait exclu.
Cela fait que nous assisterons à un glissement, dans la pratique, vers un régime présidentialiste. Mais avec une variante : à Méchichi le champ de ruines, à lui de faire en sorte que les équilibres socioéconomiques soient rétablis, et au plus vite. Au Président l'aura politique, puisque le peuple ne veut plus de ces partis. Naturellement, le débat restera enflammé : la démocratie induit la gouvernance par les partis. Sauf que Saïed et Méchichi tablent sur une donne précise : les partis ne risqueraient pas de s'aventurer dans des législatives anticipées. Mais, imaginons un moment qu'ils optent pour la solution du pire : qui, entretemps, continuera à gérer la boutique ? Fakhfakh et son équipe faite de doublons ? Et sans vrai ministre de la Santé, en plein Covid-19 ? Le champ de ruines aurait tout son temps pour devenir un champ miné. En bon Président, Kaïs Saïed s'en laverait les mains...
p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 11px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.