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Les fameux « missiles », c'est pour quand ?
Publié dans Le Temps le 09 - 12 - 2020

p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Le Temps - Raouf KHALSI p class="p2" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 11px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Le Président Kaïs Saïed ne doit rien à personne. Son camp, c'est le peuple. Son sacerdoce, c'est la légalité drapée de légitimité. Son but, c'est la pérennité de l'Etat. Ses ennemis, ce sont tous ceux qui cherchent à le cloîtrer dans une constitution dont on pense -à tort- qu'elle ne lui laisse aucune latitude pour rééquilibrer les institutions. Il est vrai qu'il réagit de plus en plus aux débordements d'une classe politique dans laquelle il ne se reconnait pas. Et il le lui a fait comprendre dès ce formidable sursaut populaire l'ayant propulsé par la voie des urnes. Mais, il n'est pas aussi loin que ça.
Lorsqu'il invite le Chef du gouvernement et le Président de l'ARP à s'arranger de sorte que le projet de loi de finances 2021 soit adopté, malgré des dysfonctionnements inédits, c'est pour s'éviter les sinueuses voies constitutionnelles l'astreignent à devoir s'impliquer en personne dans les décaissements par ses soins tous les trois mois, comme le dicte l'article 66 de la constitution. Sur ce plan, néanmoins, il peut être sûr que, nolens volens, la loi de finances passera malgré tous ses avatars. Juste pour ne pas le laisser user de ses prérogatives constitutionnelles...Or, lui, pour le moment, il n'en veut pas.
« Travailler en silence » : jusqu'à quand ?
En fait, les prérogatives constitutionnelles qui lui sont dévolues ne sont pas aussi maigres qu'il n'y paraît.
Un premier moment, après que Hichem Méchichi eût l'imprudence de parler de « coussin », en guise d'armure face à ce qu'il aurait pu lui réserver (aller solliciter un nouveau vote de confiance auprès de l'ARP, comme l'a fait-sans succès Béji Caïd Essebsi avec Youssef Chahed), Kaïs Saïed se limita juste à des remontrances et à de vagues injonctions. Et, surtout, au moment où Hichem Méchichi pensait pouvoir faire appel aux services de Taoufik Baccar et Mongi Safra. Pour le Président, cela constituait une manœuvre contre-révolutionnaire et une insulte au peuple qui s'est soulevé contre la dictature et la corruption. En réalité, il détecte tout, se tient informé sur tout et il ne manque pas de le répéter.
Une fois, bien avant que les régions s'embrasent l'une après l'autre, il menaça de « larguer ses missiles », dans une claire allusion aux manœuvres de Rached Ghannouchi qui s'autoproclamait « Président de tous les Tunisiens à travers les députés » le jour de son accession, toute faite de manœuvres et de jeux d'alliances, au perchoir de l'ARP.
Des observateurs avertis spéculent sur l'intention de Kaïs Saïed de dissoudre l'ARP, pas dans l'immédiat, peut-être le plus tard possible, et de convoquer des Législatives anticipées. Du reste, les partis qui lui sont proches : Attayar et Echaab -sans que, lui ne soit trop proches d'eux- remettent aujourd'hui sur la table, à l'instar de Hichem Ajbouni et de Haykal Mekki, l'impérieuse nécessité de « chasser » Rached Ghannouchi du Parlement, revendication première de ce parti jugé « impie » qu'est le PDL de Abir Moussi. Ils attendent juste un signe de la part de Kaïs Saïed pour actionner la machine du retrait de confiance.
Or, le Président qui rappelle sans cesse que la Tunisie n'a qu'un seul Président à l'intérieur et à l'extérieur, temporise. Peut-être ne se sent-il pas prêt pour un tel chamboulement. Peut-être, attend-il de prendre la mesure de ses adversaires pour qu'au jour X, il largue ses fameux missiles. En tous les cas, il a bien dit à la délégation des représentants d'Attayar qu'il est en train de travailler en silence. Soit. Mais pour combien de temps encore ?
La réaction de Kaïs Saïed, avant-hier, à ce qui s'est passé à l'ARP aura été d'une rare virulence. Mais, encore une fois, il a réitéré son engagement à préserver l'unité de l'Etat, la prééminence des institutions -dont l'ARP- et les fondamentaux de la révolution. On remarquera, cependant, que depuis qu'il s'insurge à haute voix contre les comploteurs des chambres noires et ceux qui sont en intelligence avec des forces étrangères (pas difficile de les identifier), le Président n'utilise jamais le mot « démocratie »
Tous coupables !
Etant le fruit d'une razzia électorale, il a choisi son peuple et qui n'est pas celui des autres. Sans doute, pense-t-il que nous avons une mauvaise démocratie, et que cette mauvaise démocratie génère une mauvaise légitimité des décisions souveraines. Peut-être, penserait-il comme Oscar Wilde que « la démocratie est l'oppression du peuple par le peuple pour le peuple ». A ce niveau, Kaïs Saïed ne reconnait aucune légitimité populaire aux partis. Il se met donc au-dessus de la mêlée. Et c'est dans ce sens qu'il conviendrait d'interpréter les propos de son alter-égo Nadia Akacha au Parlement, le jour de la discussion du budget de la Présidence, quand elle lançait tout cru que le Président est élu au suffrage universel et qu'en tant que tel, il n'est pas soumis au contrôle du Parlement ! Il se peut même que le Président juge que cette démocratie actuelle est une grande supercherie. Du reste, un certain Georges Clémenceau (surnommé Le Tigre en pleine instabilité de la IIIème République française) a bien eu cette réflexion ayant chamboulé toutes les fausses certitudes : « La démocratie, c'est le pouvoir pour les poux de manger des lions ». Aujourd'hui, cela se vérifie chez nous. Sinon, dans quelle classe, dans quel bréviaire « démocratique » répertorier les gros bras de la bande à Seifeddine Makhlouf, prolongement des sinistres « Ligues de protection de la révolution » et qui ont pour ennemis Bourguiba, la femme tunisienne et l'UGTT ? Ils ont aussi pour ennemi le modèle sociétal tunisien, le caractère civil et laïc de l'Etat, tels que sanctifiés par la constitution. Et maintenant ils ont choisi un ennemi de plus : Kaïs Saïed !
Au-delà de l'indignation, au-delà des menaces de représailles, on aurait souhaité que le Président s'exprimât aussi sur ces valeurs inaliénables et dénonçât toutes les outrances faites à la démocratie.
Quelque part aussi, il n'est pas sans savoir que la horde à Seifeddine Makhlouf a choisi la violence en démocratie, comme si cette violence était inévitable, à dessein de l'anéantir, ce qui fait qu'elle doive aujourd'hui, dans l'hémicycle du Bardo, s'inventer à chaque moment un comportement. Parce que Seifeddine Makhlouf et ses compères sont l'excroissance de Rached Ghannouchi qui imputait toute cette violence au PDL de Abir Moussi, sans désigner, ne serait-ce que par allusions, les gens d'Al Karama.
Et alors, le peuple attend beaucoup plus de la part de Kaïs Saïed. Il attend de voir « ses missiles » largués sur les ennemis de la démocratie. Cette démocratie visée par un complot multiforme. Si la démocratie tombe, c'est l'Etat qui tombe. Kaïs Saïed inverse la donne. Sans doute aussi, pour dégager sa responsabilité de tous ces magmas. Or, comme le dit Camus : « Lorsque nous serons tous coupables, ce sera la démocratie véritable ».
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