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Que reste-t-il de la Achoura ?
Coutumes et traditions : Célébrée dix jours après Ras El Am
Publié dans Le Temps le 18 - 01 - 2008


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Pour les uns, elle constitue un jour de deuil et de visite des morts. Pour d'autres, c'est une fête populaire où l'enfant est roi.
Célébrée dix jours après Ras El Am, la Achoura commémore la fin tragique du petit-fils du Prophète, Hussein, survenue en 670 lors de la bataille de Kerbala.
Première fête liturgique de l'année lunaire, la Achoura coïncide avec le dixième jour du mois de Moharram et continue, malgré son caractère non férié, à être considérée comme une fête religieuse de premier plan.
Caractérisée par la diversité des usages qui l'accompagnent, la Achoura est porteuse de diverses significations.

Un rituel culinaire
Pour les uns, elle constitue une journée de visite des morts et un jour de deuil. Pour d'autres, elle prend les aspects d'une fête populaire où les enfants sont rois.
En effet, grand nombre de personnes vivent à cette occasion une journée de Ramadan. En effet, d'après le hadith, le Prophète jeûnait en ce jour et recommandait de faire l'aumône. Il faut noter toutefois que la Achoura n'est pas mentionnée dans les textes saints et que son fondement est de l'ordre de la tradition.
A la fin de cette journée de jeûne, on consommera de préférence du poulet. Selon le mémorialiste Chedly Ben Abdallah, cette coutume est résumée par une formule connue : "El ftir ou min itir". C'est-à-dire "Du pain sans levain et un volatile quelconque".
D'après cette source, nul ne s'attendait à la bataille de Kerbala et, prises au dépourvu par l'événement, les femmes n'eurent alors pas le temps de préparer un véritable repas, ni d'attendre que le pain ait fermenté avant de le cuire.
Devant l'imminence de la bataille, on attrapa une volaille et on fit cuire le pain à la hate. D'où cette expression et l'usage selon lequel on évitera de consommer du couscous la veille de la Achoura pour lui préférer du poulet et de simples galettes sens levure.
Certains se contentent même d'une poignée de fruits secs pour marquer le souvenir du repos de fortune des combattants de Kerbala.

Un jour de recueillement
Au delà de ce caractère culinaire, plusieurs usages ont cours le jour et la veille de la Achoura. Certains se passent du Khol dans les yeux en signe de deuil.
D'autres passent la journée à égréner leurs chapelets en récitant mille fois la sourate "Al Ikhlass" pour voir leurs vœux réalisés.
Toutefois, la Achoura demeure avant tout le jour de la visite des morts. Selon la tradition populaire, toute âme se rend, ce jour-là auprès de la tombe contenant ses restes pour y attendre la visite des parents. De bon matin, les rues s'emplissent de silhouettes féminines se dirigeant vers les cimetières avec leurs couffins remplis de pains et de fruits secs.
Des centaines de marchands ambulants occupent pour leur part les abords des cimetières proposant victuailles et jouets de toutes sortes. Du pain, des olives, du blé et des grains de millet sont vendus par ces commerçants pour être ensuite distribués aux mendiants ou déposés sur les tombes pour les oiseaux.
Dans la croyance populaire, les oiseaux viennent du paradis et tiennent compagnie aux défunts alors que, don du ciel, le pain et les olives sont une nourriture bénie symbolisent la paix et le bonheur. On pensera également à remplir d'eau la cavité creusée au milieu de la pierre tombale et repeindre à la chaux les lieux de sépulture.

Une survivance fatimide ?
En règle générale, la Achoura est considérée comme un jour de deuil. Il semble que cette commémoration soit une survivance des Fatimides (une dynastie ayant régné sur la Tunisie les dixième et onzième siècles).
Certaines coutumes soulignent ce caractère funèbre. Aucun mariage ou cérémonie festive ne sont célébrés à cette époque. De plus, les femmes s'abstiennent de faire l'usage du henné en cette période. On évite aussi de lancer des youyous à l'occasion d'une naissance ou d'un succès qui coïncideraient avec cette date. Ce deuil est toutefois communément blâmé.
Quelques autres usages liés à la Achoura méritent d'être évoqués. Par exemple, de nombreuses familles préparent, ce jour là une crème à base de blé, trempé dans l'eau et écrasé, nommée très justement Achoura.
Il semble que cette crème est d'origine turque. Elle continue encore à être proposée, garnie de fruits secs. D'autres familles préparent ce jour-là de la "bouza" (crème au sorgho) pour le dessert.

Une fête pour les enfants
Grâce à une extrapolation remarquable, la Achoura est aussi une journée de réjouissances, une fête totale pour les enfants.
Dès le début du mois de Moharram, tout de suite après l'avènement du Nouvel an, les enfants de chaque ville et village avaient pour coutume de préparer leur propre Achoura.
Durant une semaine, ces enfants sillonnaient les rues au cri de "Flouss el gaz" et recueillaient auprès des passants et des voisins cet "argent du pétrole" qui leur permettra le jour dit, de construire un bûcher, l'allumer et s'amuser à sauter par-dessus les flammes.
Nommés "louhliba", ces bûchers crépitaient dès la veille de la Achoura et donnaient lieu à des rivalités entre quartiers aussi exacerbées que celles qui concernent les cornes des béliers de l'Aïd.
Cette tradition - aujourd'hui éteinte - évoquerait le choc des armes de la bataille de Kerbala. Pour d'autres, il s'agirait de feux de joie, célébrant la nouvelle année avec quelques jours de décalage.

Des usages caducs
Certains avancent l'argument selon lequel l'usage de masques et déguisements avait cours pour célébrer la Achoura. Cet usage qui avait cours il y a quelques décennies voyait les enfants se travestir en paradant dans les rues.
Ce véritable carnaval serait à lier avec l'usage dans certaines sociétés des processions de masques représentant les ancêtres morts qu'on organisait en gage de continuité lors de l'avènement d'une nouvelle année. Les carnavals européens ou la fête de Halloween en Amérique seraient ainsi une survivance de ces rites anciens tout comme les masques et déguisements, aujourd'hui caducs, de la Achoura.
Largement suivie de nos jours, la Achoura a perdu ce côté spectaculaire. Seules les traditions culinaires, le khol aux yeux et la distribution d'aumônes demeurent.
Equivalent à un jour de visite des tombes familiales, la Achoura ne se caractérise plus aujourd'hui que par la frénésie de vie qui, l'espace d'un matin, investit la totalité de nos cimetières.


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