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Quand la violence détruit la vie du couple
20 % des femmes sont battues, selon les statistiques
Publié dans Le Temps le 02 - 08 - 2008

Toute femme a rêvé un jour du prince charmant, du grand amour et du grand bonheur. Une vision de la vie à fleur de peau certes, mais on y croit parce que c'est beau, parce que cela représente l'idéal et parce que cela donne des ailes.
Sauf que dans bien des cas, le rêve peut se transformer en cauchemar et le conte de fée s'arrête avant même d'avoir commencé. C'est une réalité dure et accablante face à laquelle, se trouve un couple fraîchement marié. Les divergences commencent à se faire sentir de façon évidente et débouchent de plus en plus sur des désaccords et donc des disputes. Et de fil en aiguille, la situation devient compliquée et parfois même sans issue.
Les statistiques révèlent aujourd'hui un chiffre alarmant de cas de violences conjugales (20% de femmes en Tunisie sont battues). Il faut savoir entre autres, que les conséquences de tels actes conduisent le plus souvent à une fin bien tragique : la défiguration, le handicap, les traumatismes psychiques et, plus grave encore, le meurtre ou le suicide.

Les vraies raisons
Moult interrogations planent dans nos têtes lorsqu'on est témoin d'un cas de violence conjugale. Toutefois, et souvent, on n'arrive pas à en définir les causes.
Alors, comment la violence s'introduit-elle au sein d'un couple sans préavis ? Quelles sont les vraies raisons qui se cachent derrière un comportement violent et agressif ? Quels sont les signes d'alerte d'une violence conjugale ? Et quels moyens fiables utiliser pour se défendre contre la violence ?
D'antan, le fait qu'un mari frappe son épouse, paraissait un acte tout à fait légitime et surtout justifié. D'ailleurs, il ne suffisait pas de grande chose pour qu'une femme ait droit à une punition infligée par son époux, voire par sa belle mère. La répétition de ce genre de violence engendre l'accoutumance. À eux deux: le mari et sa femme en acquièrent la fâcheuse habitude. Lui, il donne les coups. Elle les encaisse sans répliquer.
Car plus la chose s'applique et se pratique et plus elle devient facile à admettre. L'acte violent n'est plus jugé suivant la même approche de la 1ère à la Nème fois. Bien sûr, au départ, cela choque, cela offense et cela fait peur. Mais ensuite, cela commence à s'incruster dans les arts de communication et dans les discussions d'un couple. Dès que le mari s'emporte et s'obstine à tenir tête à son épouse et quel que soit le sujet abordé, il finit par en venir aux mains.
D'abord, une kyrielle de réprimandes et d'insultes de tout genre, ensuite, une gifle à droite et à gauche, et pour couronner le tout : les coups portés dans tous les sens vers une cible unique : la femme. C'est en fait un véritable enchaînement d'actes violents, un cycle fondé sur plusieurs étapes, chacune plus effroyable que l'autre. L'homme violent perd peu à peu son self-contrôle, il déraille complètement jusqu'à perdre toute notion de dialogue. Toute la tendresse et l'affection qu'il vouait à sa chère dulcinée disparaissent pour laisser place au mépris et au dédain, l'espace de quelques minutes. À vouloir comprendre pourquoi et quelle raison engendre ce comportement, nous nous heurtons à une réalité frustrante : très peu de choses, peut être même une mésentente futile et sans aucun fondement dégénère en une situation pareille.

Autres problèmes
En fait, le problème provient d'une source bien plus antérieure aux situations de violence. Il peut s'agir d'un complexe enterré depuis des années sans avoir été déterré et résolu. Ou encore d'un refoulement de sentiment de détresse causé par des circonstances atténuantes de la vie quotidienne. Cela devient carrément un clichet: au cours de la journée, le mari subit la mauvaise humeur de son patron, la pression d'une grande charge de travail, lequel travail ne répond pas forcément à ses attentes, etc. À son retour chez lui, le mari fait retomber toute son amertume en devenant vulnérable et sensible à toute légère contrainte.
Plus rien n'est alors toléré, pas la moindre erreur, pas le moindre faux-pas, encore faut-il qu'il y en ait. Et la machine de violence se déclenche sans savoir de quelle façon elle va s'arrêter.
Par ailleurs, combien de femmes sont battues, sans pour autant que leurs entourages (famille, amis et collègues) ne s'en rendent compte. Elles le cachent et font tout pour. Et pour cause : elles ont honte et elles ont peur. Honte, parce qu'elles croient humblement que ce qui leur arrive est entièrement de leur faute et qu'elles en sont les seules responsables. Peur, parcequ'elles craignent des représailles, des retombées sans merci ni pitié de la part de leur « tortionnaire ». À chaque séance de torture, le mari fait comprendre à sa femme qu'elle a intérêt à se taire et à garder le silence. Car, elle sera la seule coupable dans l'affaire, lui ne faisait que ce que son devoir d'époux « digne » lui dicter: corriger son épouse à la moindre faute commise.
C'est absurde. C'est aberrant. C'est à croire que nous demeurons encore au siècle précédent. Néanmoins, les années passent, les temps sont révolus et les mentalités restent au point mort.

Fléau
La vie ne cesse de nous montrer que ce fléau n'entraîne que des ravages, accroît les conflits et les situations compliquées. La violence installe la terreur, la rancune et nourrit le sentiment de vengeance.
Et la loi dans tout celà? Il est vrai qu'aujourd'hui, le législateur a mis au point des règles qui punissent l'acte violent. Seulement, il en faut bien des preuves solides pour pouvoir porter plainte contre un mari violent. Un certificat médical qui accorde un repos de plus de vingt et un jours et qui est délivré par un établissement public est indispensable pour prouver l'impact de la violence. Sans ce certificat, la plainte ne peut pas être retenue. Donc, l'épouse qui par malchance reçoit des coups à plusieurs reprises dont la gravité ne lui donne pas accès à ce fameux certificat doit-elle se résigner à en subir encore ?
Comme ce n'est pas le cas et qu'il ne s'agit nullement de résignation face à ce fléau, il est nécessaire d'agir pour l'arrêter. D'ailleurs, des mesures sont à entreprendre à plusieurs niveaux pour y faire face. D'abord, les femmes sont appelées à éviter de se taire et à parler. Cette communication doit s'établir aussi bien avec le mari violent qu'avec les associations intéressées. Aborder le sujet, c'est la première étape pour le résoudre. Ensuite, les assistantes sociales affectées dans les hôpitaux ou les associations de protection de la femme, sont appelées à prendre en charge les cas de violence déclarés. Enfin, il faut multiplier les campagnes de vulgarisation de la culture de communication dans la famille. Par ailleurs, les manuels scolaires doivent insister sur cette question.


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