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les enseignants sont-ils à plaindre ou à envier?
Controverse
Publié dans Le Temps le 24 - 09 - 2008

Les enseignants sont de retour après trois mois de vacances et ils se lamentent, ils en demandent encore. Combien leur faut-il pour récupérer ? Déjà au cours de l'année ils ne travaillent presque pas tellement ils ont des vacances, mais ils exagèrent à la fin !
Ce sont les propos qu'on entend partout ces jours-ci et qui traduisent le manque d'information de leurs auteurs sur la réalité de ce métier. Ceux qui fréquentent les enseignants, leurs parents ou leurs amis, ne sont certainement pas de cet avis, car ils savent très bien ce que ces derniers endurent comme souffrance, ils en sont des témoins oculaires. Leur calvaire commence bien avant la rentrée, à l'approche du mois de septembre, ils vivent d'ores et déjà l'ambiance de l'école, le stress reprend ses activités de sape.
Tout métier comprenant un niveau très important d'interactions sociales est stressant , ça c'est la règle, toutefois l'enseignement est de beaucoup le plus épuisant de toutes les autres professions de la même catégorie comme la santé par exemple, et ce en raison de deux facteurs : la détérioration des conditions de travail dont la marque dominante est le laxisme, et l'attitude de l'élève devenu difficile à discipliner à cause des grands bouleversements qu'a connus notre société sur les plans économique, social et culturel. L'élève d'aujourd'hui n'est plus celui d'hier.
La première difficulté que rencontre l'enseignant a trait aux effectifs, car plus le nombre des élèves par classe est important, plus la mobilisation de ses forces mentales est requise. En effet, celui-ci doit imposer l'ordre pour qu'il puisse commencer son cours, en ce sens que s'il ne se démenait pas pour se faire accepter en tant qu'autorité en appliquant rigoureusement les règlements disciplinaires dans sa classe, s'il ne parvenait pas à se faire respecter par cette multitude bourdonnante moyennant cris, réprimandes et sanctions, la leçon ne pourrait pas avoir lieu et la séance se transformerait en récréation pour les apprenants et en un vrai martyre pour l'enseignant, et l'école se trouverait de ce fait détournée de sa vocation. Donc pour éviter un tel fiasco, celui-ci est dans l'obligation de fournir deus efforts, il est invité tout d'abord à agir à la manière d'un surveillant dans une salle de permanence, c'est-à-dire qu'il est tenu de faire régner le calme avant de passer au cours et retrouver son statut d'enseignant, et il va sans dire que cette vigilance de sa part doit être soutenue tout au long de la séance, car à la moindre distraction il risque de perdre la maîtrise de la classe.
Concentration perturbée
Il faut savoir qu'il n'est pas toujours évident de réaliser une tâche aussi délicate qui est en fait tributaire de son état psychique, et dans de telles conditions, il ne peut pas ne pas connaître une certaine angoisse et même paniquer à chaque fois qu'il prend le chemin de l'école en pensant aux effectifs qu'il va affronter et qu'il aura à gérer, une appréhension qui se justifie aisément quand on se rappelle que ces effectifs varient généralement entre 30 et 40 élèves et dépassent parfois ce seuil. Soulignons enfin que cet effort supplémentaire consenti par lui en vue de faire observer les règles de la discipline par les élèves perturbe sa concentration, puisque son attention ne porte pas uniquement sur la leçon à réaliser mais aussi sur le comportement de ceux-ci, à qui est destinée cette leçon, ce qui porterait atteinte à la qualité d'apprentissage.
En réalité, l'enseignant n'est pas au bout de ses peines étant donné que le théâtre de ses souffrances n'est pas seulement la salle de classe, elles vont au-delà, le poursuivent jusqu'à chez lui où il rencontre une autre difficulté non moins nuisible à sa santé à cause de ces effectifs de classe très importants, ce supplice concerne le nombre de copies à corriger qui se multiplient avec la pression du temps, accentuant davantage le stress chez lui. Un enseignant qui est à la fois obligé de faire le guet et d'enseigner, qui passe un temps énorme dans la correction des devoirs de ses élèves très nombreux finira forcément par s'épuiser aussi bien physiquement que mentalement.

La charge mentale
Le métier d'enseigner est incontestablement épuisant en raison des efforts mentaux que l'enseignant est appelé à consentir constamment, il est tenu sous pression sans relâche, et il ne peut pas en être autrement. Il ne connaît pas de répit face à une réalité qui devient de plus en plus difficile à négocier, une réalité qui ne cesse de changer en suivant une cadence effrénée allant crescendo, une réalité déroutante, insaisissable qui se détériore d'une année à l'autre à cause du laisser-aller sévissant dans l'établissement scolaire et responsable de l'indiscipline des élèves, et aussi de l'instabilité au niveau de la conception des programmes. Donc l'enseignant éprouve un sentiment d'impuissance vis-à-vis de cette situation qui lui échappe complètement, qu'il se contente de contempler et sur laquelle il ne peut pas agir, de l'autre il fournit des efforts continuels d'adaptation aux nouveaux contenus des enseignements où le récent vieillit trop vite pour céder la place à plus récent que lui qui , à son tour, ne tardera pas à s'éclipser et à être supplanter par un autre encore plus moderne tellement les « réformes » sont fréquentes et rapides.
Ces deux difficultés auxquelles est confronté l'enseignant engendrent une charge mentale, la génératrice du stress, qui fait du corps un terrain fertile pour les maladies qui apparaissent au cours de l'exercice du métier ou restent latentes et ne se manifestent qu'à la retraite. Les dernières années de la vie professionnelle décuple les effets nocifs de cette charge mentale, vu l'état d'épuisement assez considérable qui affaiblit l'organisme, le fragilise et lui fait perdre en partie son immunité. Voilà pourquoi, à l'instar d'autres fonctionnaires, l'enseignant doit quitter ce métier très pénible plus tôt que le prévoit la loi en vigueur si on tient vraiment à lui permettre de bien gérer sa retraite en restant en bonne santé, à moins qu'on le considère comme un simple outil de travail qu'on jette à la poubelle une fois usé.


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