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Les paradoxes d'un secteur pourtant en vogue
Dossier: Composants automobiles, mécaniques et accessoires
Publié dans Le Temps le 20 - 03 - 2007

Le secteur emploie près de 10 300 personnes, dont presque les deux tiers appartiennent à des entreprises totalement exportatrices.
Entre 2000 et 2006, 23 entreprises sont créées générant plus de 4 mille nouveaux emplois, soit presque 200 emplois par chaque nouvelle entreprise. Parmi ces nouvelles entreprises, 14 sont totalement exportatrices.
Le Grand Tunis participe pour 34% dans la création des emplois de la branche, suivi par la région de Zaghouan 25%, Sousse 22% et Nabeul 8%. Ainsi 89% des emplois sont concentrés dans ces 4 régions.
Les équipements de carrosserie (internes et externes) représentent plus que la moitié des emplois de la branche.
L'étude révèle qu'au niveau de la formation du capital des entreprises de la branche, presque les deux tiers possèdent des capitaux 100% tunisiens. Par ailleurs, il s'agit de 37 entreprises ont une participation étrangère dans le capital avec une dominance française.

Améliorartion du taux de couverture de la branche
Les investissements réalisés durant la période 2001-2005 ont doublé atteignant près de 230MD, soit 40MD par an. Le TCAM (Taux de Croissance Annuel Moyen) de la période est de 8,8%.
Les investissements de mise à niveau approuvés par le COPIL à la fin 2005 sont de 85MD, dont la majorité en investissements matériels. Les taux de réalisation des plans de mise à niveau par les entreprises varient entre 34 et 100%.
La valeur de la production de la branche a connu une croissance soutenue durant ces six dernières années, le TCAM est de 20%. Elle est passée de 340 MTND, en 2000, à plus de 1 milliard de dinars en 2006, soit 2.5 % du PIB. En effet, le taux de valeur ajoutée s'établit autour des 31 % durant les six dernières années.
Les importations de la branche ont enregistré, durant la période 2000-2005 un taux de croissance annuel moyen de 6,8% et ont atteint, en 2005, la valeur de 402 MTND.
Durant la même période, les exportations ont évolué de 29,6%. En 2006, elles sont estimées à environ 400MD. Et presque 70 % de ces exportations sont réalisées par les produits suivants : volants, colonnes et boîtiers de direction, ceintures de sécurité, câbles de freins, démarreurs, starters et ressorts à lames.
Le taux de couverture des exportations par les importations s'est significativement amélioré durant cette période en passant de 34% en 2000 à 90% en 2005.
Les principaux pays fournisseurs et clients sont les partenaires traditionnels de la Tunisie, la France, l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne totalisant, en 2005, 76% des importations et 86% des exportations.

A peine 30% des entreprises de la branche certifiées
La compensation mise en place à la fin des années 80 a permis l'installation de plusieurs entreprises étrangères, fortement encouragées par les constructeurs eux-mêmes. Ils y voyaient deux avantages ; le premier est de pouvoir récupérer de la valeur ajoutée sur leurs exportations et le deuxième est de bénéficier de prix de produits moins chers à l'achat.
Les entreprises étrangères qui s'installent, actuellement, en Tunisie ont un véritable projet d'avenir et ne sont plus soumises aux pressions des constructeurs. Elles réalisent qu'il y a beaucoup d'avantages à travailler en Tunisie où elles ont pu créer un véritable tissu industriel de plus en plus autonome en approvisionnement.
Par contre, le montage de véhicules en Tunisie n'a pas eu un grand essor. La protection tarifaire et douanière du marché tunisien des véhicules utilitaires, autobus et autocars a néanmoins favorisé la création d'ensembliers et permis le transfert de technologies.
A la fin de l'année 2005, la branche des composants automobiles mécaniques et leurs accessoires comptait 25 entreprises certifiées, soit à peine 30% du nombre total des entreprises de la branche.

La tendance va vers une influence grandissante des sous-traitants
Les nouvelles relations industrielles s'inscrivent dans un cadre mondial. Elles comptent dans leurs rangs des grandes entreprises, filiales de groupes mondiaux, mais aussi de PME spécialisées dans les différents segments de marché.
Pour répondre aux exigences croissantes des constructeurs automobiles, les équipementiers ont développé des partenariats stratégiques avec l'ensemble des autres fournisseurs, issus de métiers différents. Des nouveaux acteurs devraient prendre une part prépondérante dans les années à venir.

Capacité insuffisante de production des entreprises tunisiennes
L'analyse porte sur des indicateurs de benchmarking de 14 composants mécaniques de l'automobile : airbags, amortisseurs, arbres de transmission, disques de frein, durits, échappements, filtres, jantes, pare-brises, plaquettes de freins, pompes à eau, réservoirs, ressorts à lames, tambours de frein.
Les indicateurs de benchmarking par produit portent sur : la disponibilité des intrants, les droits de douanes, les délais d'approvisionnement, l'homologation des produits, la technologie, l'état des équipements, les taux horaires de production, la structure des prix de revient, les prix de vente, le nombre de sites de fabrication, les taux de rebut, le respect des délais, la capacité de production, l'exportation et les indicateurs de formation.
II ressort de ce benchmarking que la capacité de production des entreprises tunisiennes est insuffisante pour aborder le marché international. Les prix sont intéressants mais la technologie et les services (R&D, conception et respect de délais) sont à améliorer.
Plus précisément, la gestion des déchets, la maîtrise des procédés, la gestion de l'approvisionnement et les lignes de production sont à améliorer, à court et moyen termes.

Un marché local prometteur
Les éléments de la chaîne de valeur automobile en Tunisie montrent que la branche est un support important de l'économie du pays : 175 entreprises et 35000 emplois ( Fabricants des composants automobiles (Mécaniques et électriques)
Le nombre de véhicules progresse de manière constante totalisant 1 089 620 véhicules roulant au 31décembre 2004. La Tunisie comptait, en 2004, quatre vingt dix véhicules pour 1000 habitants. Il est de ce fait, l'un des pays les mieux équipés d'Afrique du Nord. Cependant, elle reste loin des standards européens. Les véhicules de marque française représentent 45% du total du parc roulant.
II existe une forte corrélation entre la puissance de l'industrie automobile et l'âge du parc roulant. En Tunisie, l'âge du parc relativement élevé, de 15 ans, pénalise la modernisation du secteur même si, à court terme, cela favorise l'industrie des pièces de rechange.
Le marché local représente une demande de près de 15 000 véhicules utilitaires par an. L'intégration des travaux de carrossage, châssis, sièges, vitres, et d'autres produits d'habillage, a permis à cette activité d'atteindre une valeur ajoutée de l'ordre de 30%.

Faible investissement dans la formation
Le diagnostic de la branche des composants automobiles mécaniques et leurs accessoires en Tunisie a été réalisé à travers une enquête sur le terrain. La production, la vente, la gestion et les activités à l'export sont des points à améliorer.
Les points forts et les points faibles identifiés sont les suivants :
Pour les forces, il s'agit d'indiquer la proximité du marché européen, la modernisation de l'outil de production, l'application des méthodes de gestion, la certification selon ISO/TS 16949 version 2002, les partenariats sous différentes formes, les initiatives commerciales et à l'export, la Qualité et le coût de la main d'œuvre et la disponibilité de Centres Techniques.
Concernant les faiblesses, l'étude a montré qu'il s'agit de trop grande diversification (marché local), de nombreuses petites séries (marché local), de surcapacité de production, de faible investissement dans la formation, de retard de technologie, du manque d'information sur les marchés.


Faire de la Tunisie un site de production
Il s'avère que les investissements dans ce domaine ont porté leurs fruits et leurs gains à court terme. La rentabilité de ce secteur se fait nettement sentir au niveau de l'augmentation de la recette des exportations qui constitue une véritable valeur ajoutée. Le secteur des composants automobiles s'est considéré comme étant lourd et coûteux dans les grands pays industrialisés et les constructeurs d'automobiles telle l'Allemagne. Cela est dû notamment au coût élevé de la production et de la main-d'œuvre dont le nombre est en baisse. A cela la délocalisation de ce secteur et l'externalisation de ses activités assez lourdes sur les grandes multinationales deviennent de plus en plus perceptibles. Il s'agit d'un flux d'investissements dans le domaine de fabrication des composants d'automobile, très grandiose, allant des pays constructeurs aux autres pays considérés comme plate-forme et sites de production de ce type des industries sophistiquées et modernisées qui nécessitent un grand savoir-faire.
Dans cette perceptive, la Tunisie est invitée de renforcer les facilités et les encouragements pour attirer des IDE dans ce domaine. Et ne pas manquer de soutenir, au même degré, les investissements propres tunisiens et ce en encourageant le financement de ce type de projets porteurs.
Il s'agit d'une grande demande internationale de ce type de produits. Le marché même s'il est marqué d'une concurrence intensifiée, il est quazi-garanti, à condition que les produits soient compétitifs et ayant une qualité et une tarification attractives.
Il est indéniable d'ignorer cette offre. Le démarrage de la zone de libre échange en 2008 va apporter plus d'offres d'externalisation des activités lourdes de l'industrie européenne à savoir l'industrie d'automobile. Il est temps de saisir l'occasion incontournable qu'offrent les multinationales européennes notamment. Mais, parallèlement, il ne faut pas négliger aussi la mise à niveau des entreprises tunisiennes et développer la formation de cadres compétents en la matière.


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