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Les règne de la « téléréalité »: Tu ne pécheras point !
NOTRE EPOQUE
Publié dans Le Temps le 08 - 02 - 2010

C'est facile de leur jeter l'anathème, en leur reprochant de vouloir laver leur « linge sale » devant des milliers et des milliers de téléspectateurs, affalés devant leur poste, à se « repaître » du spectacle affligeant de la misère humaine, puisqu'on n'est pas à leur place.
Et en ce sens, ne pouvant mesurer leur détresse, ni sentir véritablement leur désarroi et leur gêne, à être ainsi offerts en pâture aux « loups » pour qu'ils les déchirent à belles dents. Car les loups sont évidemment insensibles aux signaux invisibles qu'ils lancent, et qui disent combien l'épreuve est difficile, qui consiste à se dénuder sur la « place publique », lors même qu'ils auraient sans doute mille fois préféré, être à mille lieux de là, dans la posture, autrement confortable de celui qui regarde, plutôt que de celui (ou celle) qui est soumis à ce regard.
Car tandis qu'ils s'échinent, devant une caméra dont ils oublient par ailleurs bien souvent l'existence, à dévider le fil douloureux de leurs souvenirs, s'empêtrant maladroitement dans des explications qui les embarrassent eux en premier, mais qu'ils sont bien obligés de fournir parce que c'est le tribu à payer pour pouvoir emprunter ce raccourci médiatique, censé les aider miraculeusement à en découdre, le téléspectateur, aussi compatissant qu'il soit, et « voyeur » volontaire ou à son corps défendant, ne peut s'empêcher de les réduire en « confettis », si ce n'est en charpie, parce qu'ils auront « osé » sortir de l'anonymat, pour faire étalage de leurs problèmes, dérangeant ainsi la quiétude des « bonnes gens », par des histoires du quotidien dans son plus noir désenchantement.
Les veaux seront bien gardés
Des histoires dont ils sont pourtant friands et curieux, pourvu qu'ils puissent les oublier sitôt finie l'émission, parce qu'elles ne les concernent pas. Il leur arrive certes bien souvent de verser une petite larme, mais le nuage est vite passé qui assombrissait leur regard le temps qu'aura duré l'émission, parce qu'ils ont d'autres chats à fouetter, qu'ils ont d'autres soucis à gérer, et qu'ils n'en n'ont cure. Résoudre les problèmes des autres ne relève pas de leurs prérogatives. Chacun pour soi et Dieu pour tous, et les vaches et les veaux seront bien gardés.
Bien sûr qu'il existe une catégorie de gens qui adorent se mettre à la lumière, quitte à nager dans la fange et à être montrés du doigt. Et que leur passage, dans ces émissions de télé-réalité dont la télévision a le secret a tout d'un show, longuement préparé, plutôt que d'une confession de la dernière pluie, par désespoir et faute d'autre choix, mais ils ne constituent pas une majorité. Et ne peuvent en aucun cas, être confondus avec ceux qui par contre, en prenant à titre d'exemple, l'émission « Al Mousamah Karim » (Hannibal TV), et plus particulièrement la dernière en date- et la tragédie de cette dame, si digne, dont le fils de treize ans est sorti un jour du domicile familial pour ne plus jamais y revenir, semblent se consumer sous nos yeux, comme sur des charbons ardents, en étant réduits et sans doute ils ne s'en rendent même pas compte, à s'adresser à l'animateur de l'émission comme s'il était le « Messie » en personne, en le suppliant presque, -lui se prêtant très bien à ce jeu de la providence-, de trouver une solution à leurs problèmes, en invoquant Dieu et ses saints, comme on jette une bouteille à la mer.
Et il arrive que le « miracle » advienne
Et l'animateur de se prendre pour le « nombril du monde », -nous dirons que c'est humain-, en en rajoutant, ce qui est gênant, dans le « pathos », comme qui dirait forcé, à grand renfort d'une musique « sirupeuse » et d'une « rengaine », difficile à digérer, qui est censée remuer le couteau dans la plaie, et faire « pleurer dans les chaumières », tandis que la pauvre « victime » consentante, prise au piège d'une caméra intraitable, se tord proprement de douleur sous nos yeux, en attendant que cela passe.
Sauf que bien souvent cela casse plus que cela ne passe, quand cette « victime » se cogne le front comme une abeille contre une vitre, constatant, avec effroi, une fois les premières émotions passées, que cette « sur -médiatisation » qui durera le temps qu'elle durera, leur coûtera beaucoup. Quelque chose qui ressemble à une autre souffrance. Et cette fois-ci personne ne sera là auprès d'eux, pour verser une petite larme. Même pas un crocodile…


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