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Rafistolages express ou jeu de la trampoline
La vie dans la cité
Publié dans Le Temps le 17 - 03 - 2010

Vous l'avez sans doute constaté, les boutiques de cordonniers se raréfient dans nos villes. Beaucoup d'entre elles ont changé de vocation tandis que quelques unes encore en place, tentent de résister à la vague des souliers jetables. Mais dans le domaine du « rapiéçage » en tous genres, il faut citer les réparateurs de la voie publique !
Grâce à ces fervents adeptes du rafistolage express, la plupart de nos routes et de nos rues ressemblent désormais aux guenilles mille fois cousues et recousues des mendiants du Moyen-âge. La trace de leur passage se voit également sur les trottoirs et les voies ferrées de toutes nos petites et grandes agglomérations. Quotidiennement et à plusieurs endroits en même temps, s'ouvrent leurs petits chantiers de raccommodage et de colmatage qui changent certes le look de nos cités, mais pour le défigurer !
Quand ce ne sont pas les ouvriers de la STEG qui engagent les travaux, ce sont ceux de l'ONAS, de la SONEDE, des TELECOM ou de la SNCFT qui creusent à tout bout de champ. Les uns et les autres se relaient parfois sur le même tronçon de rue pour y creuser un premier trou, puis un deuxième puis un troisième et ce, la même semaine ou le même mois. Pour combler convenablement et proprement les brèches que ces employés ouvrent ça et là, les services dont ils relèvent se rejettent la balle et chacun y va de sa promesse d'intervenir pour obturer le sillon creusé. C'est que des études doivent être faites, des devis doivent être présentés aux responsables de l'administration qui se réuniront d'abord entre eux puis avec ceux de la municipalité en présence d'autres partenaires dépendant de ministères différents. Tout cela pour boucher un trou qui malheureusement attendra des mois pour être fermé, et mal !
A l'entrée sud de l'avenue du Sahel (Montfleury), on a depuis des mois maintenant réparé un regard situé au beau milieu de la voie. Seulement, pour boucher la crevasse que cela a occasionnée, on a passé une quantité très insuffisante de bitume ; si bien que l'endroit s'est de nouveau affaissé à tel point que, pour l'éviter, les automobilistes flirtent chaque fois avec le trottoir. Pour les imprudents d'entre eux qui ne s'en rendent pas compte, ils passent dessus et leurs véhicules subissent le cahot désastreux que vous imaginez. En tout cas, voici plus de 5 mois que cela dure et manifestement personne ne s'en est plaint. Visiblement, le jeu de trampoline amuse beaucoup les conducteurs qui empruntent cette artère à grand trafic.
A dos d'âne !
Parlons maintenant d'un autre genre de rapiéçage qui se pratique aussi sur nos chaussées : il concerne les travaux d'installation ou de construction de ralentisseurs à certains points sensibles de la circulation en milieu urbain. La mode de ces dos d'âne artificiels fut lancée chez nous, il y a un peu plus de deux décennies. Et depuis, on n'a jamais cessé de remplacer les types de ralentisseurs déjà mis en place par d'autres dont on dit qu'ils sont plus résistants, ou plus efficaces ou plus esthétiques ou moins chers. Des fois, on installe des ralentisseurs en plastique. Puis et après avoir constaté l'altération rapide qu'y produit le passage des véhicules, on les remplace par des sortes de clous qui empoisonnent la vie des conducteurs et usent leurs véhicules. Ensuite, on se dit que des obstacles en bitume, c'est plus durable. En ce moment, on essaie dans certaines villes, les dos d'âne en pierre dont la construction prend plus de trois jours et bloque ainsi la circulation sur plus d'une artère. Apparemment, on a enfin compris qu'il faut penser à des œuvres qui défient le temps. Encore faut-il que l'installation de tels dispositifs de prévention routière soit généralisée et que les bouchons causés par les travaux qu'elle nécessite n'entraînent pas à leur tour de déplorables accidents !
Poudre aux yeux !
Sur la voie du métro de Tunis, le rafistolage est une tradition qu'on veille à perpétuer. Du côté de la Transtu, ils appellent ça « entretien » ! Depuis l'ouverture, en 1985, de la ligne en direction de Ben Arous, nous avons été témoins d'au moins une centaine de chantiers de raccommodage entrepris soit sur la voie soit sur ses bords. Le dernier accident, qui s'est produit il y a moins d'un mois sur cette ligne, a donné lieu à de nouveaux travaux de cordonnerie. A quelques mètres du lieu de l'accident et un peu plus loin aussi, des groupes d'ouvriers donnent chaque jour l'air de travailler et de réparer une fois pour toutes les défectuosités relevées. Mais les habitués de la ligne savent à présent par cœur que c'est de la poudre aux yeux qui n'aveugle plus personne. L'un d'eux nous a confié l'autre jour qu'il avait décidé de ne plus prendre le métro : « D'après ce que j'ai constaté, explique-t-il, il suffit d'un rien sur la voie pour qu'un accident s'y produise. Je ne me sens plus en sécurité en particulier sur cette ligne! » A la SNCFT, il paraît qu'on adore tout autant faire le cordonnier sur la voie ferrée. Cela fait des dizaines d'années que la ligne de la banlieue-sud subit des travaux successifs de réparation. Des générations entières ont grandi avec les chantiers ouverts sur cette voie. Les clients de la ligne ferroviaire en direction des villes du nord-ouest du pays se sont eux aussi familiarisés avec les interminables travaux d' « entretien » entrepris depuis l'indépendance jusqu'à nos jours par les "cordonniers" de la SNCFT. Tellement familiarisés d'ailleurs que le jour où ils ne croisent pas les ouvriers de l'entretien sur la voie, ils s'en alarment ! Quand leur train n'enregistre pas de retard d'au moins une demi-heure, cela les met aussi en alerte ! Qui sait, se demandent-ils, si le véhicule n'avait pas quitté sa voie, pour emprunter la nouvelle autoroute !


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