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Enigme ?
Les pannes de la nuit de noces
Publié dans Le Temps le 04 - 08 - 2010

La saison estivale est réservée aux différentes cérémonies et fêtes célébrées par la famille tunisienne. Circoncisions, fiançailles, mariages et autres festivités caractérisent donc le quotidien estival de nos foyers.
S'il est notoire que les préparatifs pour ces différentes cérémonies commencent très tôt dès l'hiver même pour certains foyers, avec une débauche d'énergie colossale et un engagement financier faramineux, la part de lion revient incontestablement et sans comparaison aucune à l'union définitive, au mariage. Et pour arriver à cette fameuse nuit de noces, c'est la croix et la bannière.
Le blocage
Avec tous ces efforts des jours précédant le mariage aussi usants physiquement que nerveusement, un manque évident de sommeil et pratiquement un jeûne en continu, le pauvre heureux élu arrive la nuit des noces mentalement saturé, complètement sur les rotules , voulant à tout prix en finir et retrouver le plus rapidement possible le calme et la sérénité quitte à écourter la cérémonie tellement il est éreinté, fatigué voire dégoûté de tout pour ne pas dire regrettant quelque part déjà amèrement sa folie de s'être embarqué dans cette galère !
Généralement il ne peut regagner son domicile que vers les 3h du matin après l'interminable séance photos pour satisfaire tous les invités et qui se défilent par la suite lui laissant le soin de régler la note tout seul.
En nage, éreinté, n'ayant rien mangé ou presque de la journée, accusant une dette de sommeil accablante, ayant l'esprit en compote par le boucan de la cérémonie, il se doit en plus d'assumer ses devoirs conjugaux très rapidement car toute la famille de l'épouse mère, tantes, sœurs, cousines, belles sœurs, voisines, etc. sont dans l'attente juste à côté de la preuve irréfutable de la bonne conduite de leur fille durant son célibat.
Voulant accomplir cette formalité très rapidement histoire de se débarrasser de ces contraintes extérieures et d'aspirer enfin à un long sommeil salvateur, il se précipite maladroitement dans l'accomplissement de l'union. Mais dehors, les parentes qui s'impatientent se mettent généralement à tambouriner fermement sur la porte de la chambre tout en lançant à travers la mince cloison des encouragements aussi gauches qu'inhibants. Le tableau se corse définitivement avec le portable de sa femme se mettant à sonner sans discontinuer. Fatalement, il échoue dans son approche et ne retrouve point, à son grand dam, sa vigueur habituelle.
La catastrophe, le drame
Il va sans dire que le pauvre va tenter de renouveler l'expérience plusieurs fois de suite et à chaque nouvelle tentative, l'échec est de plus en plus cuisant.
La tragédie peut durer quelques jours avec la mère et quelques tantes faisant le pied de grue dans la chambre à côté et toujours avec le même résultat négatif obligeant le couple à se terrer dans la chambre pour ne pas croiser les regards inquisiteurs voire réprobateurs. Et les supputations les plus invraisemblables de fuser de toutes parts : l'ancienne petite amie du mari, délaissée, lui aurait jeté un sort en le « ligotant » ; l'épouse subissant une « fermeture » maléfique causée par une rivale envieuse, le mari atteint d'une maladie incurable passée inaperçue lors de la visite médicale prénuptiale, la dulcinée jouant la comédie histoire de retarder la découverte de sa vie antérieure dissolue de fille dévergondée, etc.
Les pires solutions
Et les propositions pour résoudre ce drame prenant une ampleur démesurée de se multiplier à satiété. Allant de la simple clé mâle à faire tourner 7 fois dans la paume du mari jusqu'à faire la tournée des marabouts, des charlatans, des guérisseurs sans oublier les préparations culinaires saugrenues avec des potages à base de têtes de crapauds, de queues de serpents et de lézards, de pattes de caméléons, le tout arrosé copieusement par des mixtures nauséabondes et infectes composées, tenez vous bien, de trois quarts de sang d'un ânon robuste, d'un quart de bave d'une chamelle en pleine gestation avec deux doigts de miel .
Le plus curieux dans l'affaire, c'est que le pauvre supplicié, balloté au gré des quatre volontés de son entourage se prête bien volontiers à leurs caprices sans la moindre réticence. Il n'est pas rare que des séparations aient lieu avec un divorce sanctionnant ces unions naissantes.
La médecine à la rescousse enfin !
En dernier recours et de guère lasse, on consent finalement à faire appel au médecin généraliste du quartier voire à un psychiatre de renommée. Et miraculeusement, la médecine parvient à tous les coups à résoudre le problème en un tour de main avec une délivrance dans les heures d'un calvaire cauchemardesque qui n'a que trop duré et qui, avec un zeste de bon sens, de savoir vivre, de tact de la part de certaines impatientes grandement ignorantes n'aurait jamais du avoir lieu.
Mohamed Sahbi RAMMAH
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Témoignage d'un jeune époux :
« Le souvenir le plus sombre de ma vie ! »
Je viens de convoler en justes noces vers la mi juillet. Sportif, non fumeur, suivant une hygiène de vie parfaite et disposant d'un corps parfaitement sain, j'ai connu la nuit de mon mariage et les jours d'après les déboires, les humiliations, les tortures les plus invraisemblables. Une fois la cérémonie terminée vers l'aube, je n'avais en tête que l'ardent désir de plonger dans le sommeil tellement j'étais K.O debout avec les derniers jours, des courses innombrables à effectuer, des veillées très tardives avec comme seuls alliés le café noir et les cigarettes. Mais je me devais auparavant d'honorer mon épouse car sa mère et ses tantes attendaient dans la pièce à côté. Un véritable parcours du combattant avec la porte risquant de s'arracher de ses gongs sous leurs coups de poing, le téléphone de ma femme sonnant en continu, les incitations nasillardes fusant de toutes parts. Finalement, l'affaire ne fut pas conclue. Je dus vivre les trois jours les plus sombres de mon existence à subir la virée des charlatans et à ingurgiter toutes sortes de potions aussi peu engageantes que puantes.
Finalement, mon médecin traitant parvint à nous sortir de l'impasse au bout d'un entretien d'une trentaine de minutes avec des conseils très judicieux à ma femme et à moi que nous suivîmes à la lettre avec succès.
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Témoignage d'une enseignante :
« Mon mari a basculé dans la dépression »
Enseignante dans une ville très éloignée de ma famille, j'ai fait la connaissance d'un collègue travaillant dans la même école. D'emblée les miens ont mis la pression sur nous exigeant avant le mariage un certificat de virginité pour le montrer aux voisins. Chose que j'ai refusée fermement avec promesse que la nuit des noces, ils auront la preuve de ma bonne conduite. Mais ce soir là, mon mari était tellement fatigué en plus de la pression intenable exercée par les miens qu'il échoua dans toutes ses tentatives. J'ai tenté vainement de dédramatiser la situation, de prendre du recul, mais à chaque coup de téléphone de ma famille, il revenait vainement à la charge, c'était réglé comme du papier à musique. Au troisième jour il a basculé dans la dépression avec des scènes déchirantes de pleurs en se cognant la tête contre les murs et en s'accusant de tous les maux. Il m'a même dans son désespoir supplié de divorcer. Nous avons été chez un psychiatre qui a pris tout son temps et nous a expliqué clairement de quoi il retournait et que le blocage était purement psychologique. En le quittant, nous avons passé la nuit dans le premier hôtel venu et les choses reprirent de suite leur cours normal. Mais que ce fut dur !
Dr Khalil Ben Farhat (neuropsychiatre) : «La preuve irréfutable de l'identité masculine»
Malheureusement, pareils déboires sont monnaie courante et sont dues essentiellement à un blocage psychologique. Le stress, la fatigue y sont pour beaucoup dans ces fréquents ratés. Il s'agit au fait pour le mari d'une preuve irréfutable de son identité masculine. C'est l'unique occasion qui se présente à lui pour prouver à son entourage et à la société qu'il est « vraiment » un homme. Dans son esprit, il redoute énormément cette épreuve avant même de s'y engager.
Et c'est là où réside le danger car une fois habité par la crainte et le doute l'affaire est définitivement cuite. Pour nous autres, l'homme n'est un homme, n'est un mâle accompli, qu'en fournissant cette preuve matérielle de sa virilité la nuit des noces.
Pourtant la solution est très simple et la médecine en vient à bout en deux temps trois mouvements.


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