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Andrew Bacevich : quand un Américain force le respect !
Mémoire du temps présent
Publié dans Le Temps le 26 - 09 - 2010

Il est des personnes qui paraissent ordinaires mais qui sont finalement peu ordinaires parce qu'ils sont visionnaires et en avance sur leur temps. Andrew Bacevich en fait partie. Cet Américain catholique né en 1947 après la 2e guerre mondiale, aurait pu n'être qu'un bon père de famille sans histoire de la middle class.
Le destin en a voulu autrement ! Militaire de carrière, il fait le Vietnam et quelques missions en Europe avant de prendre sa retraite avec le grade de colonel. Mais Andrew n'est pas de ceux qui meurent retraités et oisifs (en arabe mout-kaâd !).
Il enchaîne une carrière universitaire d'abord comme étudiant en 1990 à Princeton l'une des institutions les plus prestigieuses des Etats-Unis d'Amérique, puis comme enseignant, chercheur et conférencier en 1998 à l'Université de Boston connue pour rassembler toute l'aristocratie du savoir américain !
Depuis que de chemin parcouru par cet infatigable gentleman ! Il publie coup sur coup cinq ouvrages fondamentaux sur l'Empire américain, sa stratégie militaire et sa diplomatie et des dizaines d'articles sur les relations internationales, l'Amérique, le monde et surtout le comportement des institutions américaines : les présidents et le congrès, dans les journaux les plus en vue des Etats-Unis notamment le « Washington Post », le « Los Angeles Times » et « Le New York Times ».
Parmi ses livres nous citerons : « Américan Empire » (L'Empire américain), « The New Américan militarism » (Le nouvel militarisme américain), « The long war » (La longue guerre), mais celui qui nous intéresse le plus c'est le dernier tout fraîchement publié en 2010 chez « Macmillan » : « Washington Rules : America's Path to permanent war » et qu'on peut traduire par : « Les règles de Washington : La voie américaine vers la guerre permanente ».
Comme tout ce qu'a écrit Bacevich ce livre ne risque pas de laisser indifférent par la vérité de l'expression et surtout l'honnêteté de son auteur. Car on peut reprocher ce qu'on veut à cet homme sauf d'être un mauvais américain : Bien au contraire.
Il est patriote jusqu'au fond des tripes, et il « donne » même son fils Andrew Jr. en « sacrifice » puisqu'il meurt au combat en Iraq en 2007 avec le grade de lieutenant de l'US Army, mais il écrira pour sa mémoire un article pathétique dans le « Washington Post » : « J'ai perdu mon fils dans une guerre à laquelle je m'oppose » « I lost my son in a war i oppose).
Pour revenir au dernier livre de Bacevich, il résume la carrière et l'œuvre d'un homme qui symbolise à notre sens l'Amérique des profondeurs, l'Amérique intelligente celle qui ne se laisse pas flouer par la propagande des lobbys et des médias qui leur sont inféodés. Cette Amérique pleine de sérénité et d'amour pour la vérité. Bacevich est la preuve que l'Amérique éternelle, juste et profondément libérale existe encore malgré le poids des intérêts financiers et les égoïsmes des élites et des classes dirigeantes qui ont le monopole de la décision politique et militaire aussi bien chez les Républicains que les Démocrates.
Bacevich dénonce la myopie des présidents comme Lyndon Johnson pour la guerre du Vietnam, Harry Truman pour la guerre de Corée, et Georges W. Bush pour la guerre d'Iraq.
Pour lui l'âge de la « politique américaine militarisée » est révolu.
Cette doctrine malheureuse a fait ancrer la croyance chez le peuple américain surtout les classes moyennes et populaires, que l'armée américaine est infaillible et que tout peut se réaliser par la guerre. Résultat les Américains sont de plus en plus séduits par la guerre et les violences qui s'en suivent comme dans les films. Ce qui facilite la fuite en avant des décideurs de Washington et leur recours systématique et excessif à l'action militaire au détriment de la diplomatie.
Il reste que Bacevich a appelé à voter Obama parce qu'il a promis de mettre fin à la guerre d'Irak. Il estime qu'un retour rapide aux affaires des Républicains serait dramatique pour l'Amérique qui doit en finir avec « l'interventionnisme militaire » comme méthode de gouvernement. Bacevich pointe du doigt les seigneurs de la guerre en Amérique qui ont terni l'image de marque de cette grande démocratie et qui sont responsables pour des milliers de vie humaines et des trillions de dollars perdus pour rien ou si peu !
Bacevich rappelle entretemps les percées énormes de la Chine… la fourmi qui a profité de la cigale qui « chante » à faire des guerres pour devenir la super puissance de demain !
Obama l'écoutera-t-il !
L'Afghanistan et la Palestine nous le diront !
Chapeau Sir : Bacevich !
K.G


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