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La guéguerre de la toison
Jeunes et coiffures excentriques
Publié dans Le Temps le 21 - 10 - 2010

Décidément les cheveux sont depuis toujours source de conflits entre les générations… Souvenez-vous des années soixante et de la mode lancée par les Beatles avec leurs cheveux longs, si critiqués par les parents de l'époque. Souvenez- vous aussi de la guéguerre entre le chanteur Antoine, avec ses « élucubrations », auquel Johnny Hallyday va répondre avec une chanson intitulée « cheveux longs et idées courtes »…
Pourquoi la coupe de cheveux provoque-t-elle autant de passion chez les jeunes et pourquoi donne-t-elle autant de cheveux blancs aux adultes ? La réponse est assez inattendue…
En fait, cette guéguerre de la toison, des crinières et autres coiffures excentriques, débutée dans les années soixante, continue de nos jours, avec moins de vigueur, mais autant de conflits de générations. C'est le cas de ce brave père d'un grand garçon, qui n'arrête pas de réprimander son fils à cause de sa coupe bizarre, vous savez, ces petites touffes de poils qui poussent sur un crâne partiellement rasé ou sur un menton juvénile…

« Je fais ce que je veux, avec mes cheveux »

Pour le fils, lycéen, « c'est la mode, mais je fais cette coupe pour montrer à mon père que j'ai grandi et que je fais ce que je veux, avec mes cheveux, comme dit la pub… » Il met ainsi le doigt sur le fond du problème, selon un psychologue : « celui du conflit de générations où les parents ne s'aperçoivent pas que leur enfant pousse et commence à vouloir affirmer sa personnalité par tous les moyens, notamment au niveau de son apparence physique. »
Un autre spécialiste, sociologue de son état, voit les choses sous un autre angle : « nous vivons dans un monde d'image, d'apparence externe et les habits ou la coupe de cheveux sont des éléments essentiels pour paraître, pour avoir un look qui les distingue de l'autre. Et sur ce phénomène, vient se greffer une forme d'identification, le désir de faire partie d'un groupe donné, d'une sorte de tribu moderne… »
Un autre père de famille ne supporte pas que le cadet de ses deux fils porte « une espèce de barbe en forme de collier, ce filet filiforme de poils pubères qui divisent le visage en deux de façon peu esthétique. Il ressemble à un singe ! » Pas très tendre le papa… Son épouse, elle, tente de trouver une solution à l'amiable à ce conflit entre les générations : « mon fils est jeune et à son âge tout le monde fait des bêtises. Mon mari, lui est trop sévère, il ne voit pas que le monde change autour de lui… » Une diplomatie qui ne résout pas vraiment le problème.
Un autre père, qui trouve que son fils de 15 ans grandit vite et mal tente de faire front, avec bien peu de diplomatie. En effet, il ne peut pas se faire à l'idée que son ado englue littéralement ses cheveux de gel tous les matins, avant d'aller retrouver ses camarades de classe. « C'est efféminé, ça va te rendre chauve, ça attrape beaucoup de poussière et ça te donne un petit air de gonzesse », ne cesse-t-il de répéter à ce fils indigne. Tous les arguments y passent, sans résultat !

« Même les joueurs de foot… »

Mais ce jeune homme a une réponse toute prête : « aujourd'hui, même les joueurs de foot descendent sur les terrains avec du gel… » Le père, lui répond qu'ils sont « gominés et luisants, à défaut d'être reluisants et de briller par leurs talents sportifs ». Il oublie qu'Elvis Presley, Johnny Hallyday ou même Férid El Atrach ont été des exemples pour sa génération à lui, gominée à souhait, avec une banane luisante en prime…
Nous avons voulu en savoir plus avec les professionnels, ceux qui sont indirectement responsables de cette guerre des poils : les coiffeurs. Pour Adel, plutôt branché et officiant dans un quartier chic « pourquoi les parents sont-ils si répressifs chez nous ? Moi j'encourage les jeunes à avoir un look original, à s'affirmer, à être différents de la masse. Mais très souvent je me heurte à l'intransigeance des parents, surtout les pères. »
Il reconnaît avoir perdu un certain nombre de clients à cause de sa vision ouverte sur la mode moderne de la coiffure. « Je me suis même fait agresser par le père d'un ado. Il m'a accusé de donner de mauvaises idées à son fils, qui voulait une coiffure un peu Punk, tête rasée sur les côtés et surmontée d'une crête de quelques centimètres au sommet du crâne. Chez nous, il faut correspondre à un profil comme les robots, tous identiques, tous pareils… ». Original notre coiffeur !
Le dernier père de famille que nous avons rencontré ne supporte pas de voir son grand garçon se raser complètement le crâne, à la manière de Barthez, ce grand gardien de but de la fameuse équipe de France 98. Il oublie simplement une chose : son père à lui l'a longuement réprimandé lorsque, dans les années soixante, il avait osé porter des cheveux longs ! Il l'avait même traité de femmelette… Et aujourd'hui, c'est lui qui critique la coupe de son fils. C'est fou ce que les adultes s'entêtent à couper les cheveux en quatre, c'est fou ce qu'ils ont la mémoire courte !
Et les filles dans tout ça ? Elles aussi dérangent certains parents avec leurs cheveux colorés de rouge ou même de bleu, hérissés en épis, entremêlés, bouclés, hirsutes, ou coupés très court. Elles appartiennent en général aux mouvements musicaux de Hard Rock, de métal ou à certains rites gothiques et ne représentent qu'une minorité installée dans certains quartiers branchés.
Une question insolite pour terminer : un employeur peut-il licencier un travailleur parce qu'il juge sa coupe de cheveux excentrique ? En principe, le licenciement fondé sur l'apparence physique n'est pas légal, car il s'agit d'un motif discriminatoire. Mais si la chevelure du salarié, en fonction du poste qu'il exerce, crée un trouble au sein de l'entreprise, son licenciement peut être justifié. Reste à définir ce que peut être ce trouble…
En tous les cas, la conclusion que l'on peut tirer de cette plongée dans l'univers des cheveux, c'est d'abord le refus des Tunisiens, en général, de toutes formes d'originalité. Il y a ensuite un constat à faire : peu de parents sont assez cool avec leurs enfants et dans la plupart des cas ils veulent leur imposer leurs goûts à eux. Notons enfin que, globalement, les problèmes se résolvent tous seuls avec le temps, en général dès que le jeune accède au monde du travail…
Ne coupons donc pas les cheveux en quatre, ils tomberont tous seuls !


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