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Pour une socio- histoire des relations entre politique et religion
Conférence à l'IRMC - Approches politiques du religieux :
Publié dans Le Temps le 10 - 07 - 2011

De nouvelles perspectives et approchements ne cessent de proposer une image en bonne et due forme du rapport tantôt conflictuel tantôt de réconciliation entre le religieux et le politique en cette ère de mondialisation. Ne pas rester borné à des représentations sclérosées et étriquées, n'ayant pas grand-chose à voir avec le débat tel qu'il se pratique et se constitue tant du point de vue de la méthode que du contenu, signifie élargir la relance de ce sujet pour pouvoir répondre à cette question: Comment s'y prendre à la lumière des enjeux qu'imposent les mutations et les appartenances compte tenu qu' on ne voit pas la question de la même manière selon qu'on est du Sud, (l'Orient) ou du Nord, l'Occident)?
Cette problématique a été traitée sous un angle sociologique lors d'un séminaire organisé conjointement au mois de juin dernier, par l'IRMC (Institut de recherche sur le Maghreb contemporain), le laboratoire Diraset de la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis et l'Institut supérieur des sciences humaines et sociales de Tunis sous le thème : « Reconfigurations religieuses. Significations et problèmes d'approche ».
Démarche interrogatoire
Parmi les conférences qui ont traité du lien entre le religieux et le politique, celle du sociologue et politiste, Patrick Michel, directeur également de recherche au C N R S et à l'H E S S. La relation religieux-politique est un sujet qui suscite l'intérêt des sociologues, des historiens, des hommes de lettres, des théologiens, des politologues et bien entendu de tout un chacun vu que personne ne pourrait s'en passer qu'elles que soient son attitude et ses propensions.
Le conférencier a débuté son intervention par une remarque d'ordre méthodologique précisant, d'emblée, que son travail de sociologue vise à cogiter, problématiser et conceptualiser et non pas de trouver des solutions, voire, des résolutions aux questions posées. « Il est intéressant d'articuler des questions que d'apporter des réponses toutes faites. Notre démarche, a-t-il dit, est interrogataire sans perspective normative. »explique-t-il. Ceci dit, loin de s'enliser dans la théorisation et les prescriptions canoniques, le conférencier a laissé entendre à travers une anecdote qu'il a racontée que le religieux est omniprésent dans la vie d'une communauté donnée tout en évoquant ''la sociologie de la Religion'' dont la définition est difficile à déterminer. « Nous sommes dans l'incapacité de la définir pour qu'elle soit l'objet d'un consensus », a-t-il précisé.
L'absence d'unanimité quant à cette notion prouve la divergence d'opinions et la relativité de la manière avec laquelle chacun saisit cette question d'où « la plasticité et la difficulté de cerner le religieux » ,dit-il. Il est fort utile de préciser ce qu'il entend par le mot ‘‘plasticité'', « le texte religieux pourrait se prêter à plusieurs lectures, explications et interprétations. Mais le redoutable est l'interprétation qui découle des intérêts et des intentions de celui qui cherche à s'enfoncer dans des significations à sa guise sans tenir compte de quoi que ce soit .», déclare-t-il. Cela nous renvoie au problème de l'explication et, plus précisément, l'exégèse du texte religieux tel qu'il est pratiqué par les exégètes et les difficultés qu'ils ont rencontrées face à la mono-et pluri-interprétation. Le professeur Patrick Michel a par la suite enchaîné sa pensée en clarifiant qu'elle repose sur trois axes : « Le premier englobe le trio :le temps, le lieu et l'autorité. Le second : l'identité, la centralité et la médiation. Alors que le troisième met l'accent sur le recours au religieux lorsqu'il y a un déficit politique ». Et d'ajouter, « Le religieux a un rapport avec le temps cyclique, ritualisé par la liturgie et associé à un espace autarcique où le roi dont le règne était de droit divin, fait croire à son peuple, à un moment donné de l'histoire de l'Europe, qu'il jouissait d'un statut particulier dans la mesure où c'est Dieu qui lui a confié le pouvoir pour veiller sur ses sujets. Pour ce qui est de la centralité, il est question d'une logique de réseau, de lien entre les lieux de culte et non pas de territoire, du « religieux territorialisé même pour les néo-pentecôtistes ».
L'exemple polonais
Le deuxième axe révèle « Une sociologie d'identité qui met en œuvre une sociologie de marqueurs ou encore, d'indicateurs identitaires tenus pour pertinents : l'identification de la personne en tant que fille ou garçon, son appartenance familiale, sociale, professionnelle, politique et religieuse. En France, il y a un 27 modèles de familles repérées en fonction de plusieurs critères y compris ceux-ci. Mais il est à préciser que, la réalité va plus vite que les mentalités. C'est-à-dire que, c'est la réalité avec ses différentes mutations qui impose , en quelque sorte, ses lois sur la société qui évolue ou régresse suivant la manière de voir et d'appréhender les choses. En un mot, c'est la mentalité qui est inclinée sur la réalité et non pas le contraire selon le conférencier. « C'est ce qui explique ce qu'a signalé Umberto Eco en tant que sémiologue à propos de l'amalgame racial et religieux : l'Europe sera bigarrée non seulement par la couleur de la peau mais aussi religieusement », remarque-t-il.
Le troisième axe traite de la nature du monopole du religieux et du politique ‘'sur la scène sociale''. « L'utopie est le noyau dur sur lequel se base le communisme. L'effondrement du régime communiste n'indique pas uniquement la fin d'un système mais aussi la mise en évidence du désenchantement politique et, pour s'en assurer, on n'a qu' à se rappeler l'Europe centrale et, plus précisément, l'exemple polonais quand il y a eu recours aux symboles religieux pour dénoncer le communisme , explique-t-il. Mais la question qui s'impose : afin de monopoliser le pouvoir, pour certaines personnes, est-il plus efficace de partir du religieux pour aboutir au politique ? Qui veut s'en servir et s'emparer pour régner en maître ? Ou plutôt, agir et croire peuvent aller de pair pacifiquement ? », s'interroge-t-il. Ces questions ne peuvent pas être tranchées une bonne fois pour toute car comme l'a déjà souligné le conférencier au tout début de son intervention, elles ne relèvent pas du consensuel et de l'unanime tout en précisant qu'il n'est pas question non plus dans sa conférence, de foi, de croyance ni de vérité mais plutôt de ce que font les hommes des références du divin. Il importe, in fine, de signaler la vulnérabilité et l'ampleur de ce sujet qui fait l'actualité sur la scène mondiale et intrigue par les sempiternels paradigmatiques sécuritaires qu'il suscite voire ‘‘la violence symbolique ‘'pour employer ainsi une expression chère au grand sociologue français Pierre Bourdieu, sous-entendant, la violence idéologique qui pourrait miner tout édifice social quelles que soient la solidité et la pertinence légitime de son piédestal démocratique.


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