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Le beurre et l'argent du beurre…
Enseignement : Bras de fer entre les directeurs du secondaire et le syndicat
Publié dans Le Temps le 14 - 07 - 2011

* Il s'agit d'en finir avec l'ostracisme contre 72000 professeurs et la cooptation de directeurs d'établissements scolaires qui ne sont pas prêts à renoncer à leurs privilèges. Sami Tahri, secrétaire général du syndicat général de l'enseignement secondaire s'explique
Décidément, les directeurs des établissements secondaires ont tenu à bien jouer leur pièce en en soignant surtout le prologue et l'épilogue, question de ne pas passer inaperçus en cette période de profusion de stars et de charité chrétienne prodiguée par le gouvernement d'indulgence. Ils ont réussi à faire une entrée tapageuse et une sortie en fanfare.
Ils ont riposté à la campagne de limogeage après la Révolution d'une manière concertée et ce en brandissant la menace et en usant de la force, celle qui les a toujours bercés. Et les revoilà à l'action en cette fin d'année scolaire : ils refusent de subir le concours national décrété par le ministre en menaçant de saboter le travail administratif, autrement dit de faire la grève, eux qui n'en ont jamais fait, qui ont toujours essayé de persuader les professeurs de briser ces mouvements sociaux dans lesquels ils voyaient une action antipatriote exécutée par des mercenaires à la solde des envieux du miracle tunisien. Et au milieu de l'année, ils n'ont pas chômé, les sit-in étaient l'autre variante de ce menu spécial postrévolutionnaire qu'ils nous ont proposé. Pour voir clair et identifier les personnages de ce bal travesti où les traits et les repères s'estompent, on a jugé utile de rencontrer le Secrétaire Général du Syndicat Général de l'Enseignement Secondaire, Sami Tahri.
« L'accord répare une injustice »
-Le Temps : qu'en est-il des accusations dont vous accablent les directeurs ?
-Sami Tahri : tout d'abord, je tiens à préciser que ce mouvement contestataire n'est pas appuyé par tous les directeurs surtout pas ceux qui ont confiance en leurs compétences et leur intégrité et qui sont conscients de l'obligation de se concurrencer sur des bases objectives pour accorder une légitimité à cette fonction qui n'en avait pas à cause du mode de désignation ancien. Ces accusations traduisent un état d'éréthisme et sont dépourvues de tout fondement objectif, parce qu'elles sont liées à des réactions basées sur des rumeurs propagées par les agents du RCD. Nous n'avons pas visé, par l'accord conclu avec le ministère, des individus, mais un procédé de désignation basé sur l'allégeance et l'appartenance, nous avons réparé une injustice et recouvert un droit, un droit qui était ravi à 72 000 professeurs qui voyaient leur candidature rejetée d'une manière discrétionnaire et discriminatoire. Si le syndicat avait agi par rancune comme ils s'amusent à le lui reprocher, il les aurait exclus du concours.
-Mais ils prétendent qu'ils sont lésés par les conditions arrêtées pour le concours.
-Je ne vois ni où ni comment ces conditions leur portent préjudice, elles sont dictées par les impératifs de l'égalité des chances et la transparence, donc elles ne pourraient être injustes qu'au regard de ceux qui veulent être au-dessus des autres et jouir de privilèges à leurs dépens. Je le répète encore une fois, nous avons inséré dans l'accord des paramètres objectifs instaurant l'égalité des chances, des paramètres vidés de toute charge politique comme c'était le cas auparavant. Je me demande qu'est-ce qu'il y a de préjudiciable dans l'ancienneté générale, la note pédagogique, la bonification des diplômes scientifiques et l'entretien avec une commission constituée des représentants du ministère et du syndicat. Je rappelle que les trois premiers éléments comptent 75/00 dans la note accordée au candidat et la dernière, les 25/OO restants, ce qui est très correct.
« Le beurre et l'argent du beurre »
-Plus précisément, ils considèrent que vous leur faites du tort avec vos paramètres d'ancienneté générale et de note pédagogique : la première ne comptabilise pas les années qu'ils ont passées à l'administration, le second les désavantage vu qu'ils n'ont pas été inspectés depuis une longue période, estiment-ils.
-Il est évident que nos directeurs veulent avoir le beurre et l'argent du beurre, puisqu'en plus des avantages dont ils ont bénéficié pendant de longues années comme le logement et tout ce qui s'y rapportait, ils exigent une autre faveur, celle de la note pédagogique qu'ils aimeraient voir grimper tout en étant bien installés dans leurs fauteuils très confortables loin des salles de classe et toutes les peines qu'elles font endurer à leurs animateurs. Ils ont opté pour l'administration en toute liberté alors qu'ils assument les conséquences qui en découlent. Assez de largesses messieurs ! Si vous voulez améliorer vos notes, vous n'avez qu'à réintégrer les arènes du savoir, c'est seulement en exerçant vos compétences scientifiques et pédagogiques, en prodiguant des cours aux élèves que vous y aurez droit et pas autrement. L'un des porte-parole de ces réfractaires est allé même jusqu'à douter implicitement de l'aptitude et l'intégrité des inspecteurs qui, selon lui, gonflent trop les notes, c'est ce qu'il a insinué quand il a dit que jadis, avant que lui et ses anciens collègues ne deviennent directeurs bien évidemment, la notation était trop sévère.
Concernant, l'ancienneté générale, on l'a dit et redit plusieurs fois toutes les années sont comptabilisées qu'elles soient passées en classe ou bien à l'administration, cela, ils le savent parfaitement bien mais ils font semblant de l'ignorer pour se mettre dans la peau des victimes et gagner ainsi la sympathie de l'opinion publique. Ils n'arrêtent pas de colporter de fausses informations pour faire croire à une injustice. Imaginez qu'ils se plaignent même de la bonification des diplômes ! Et vous savez pourquoi ? Eh bien c'est parce que près de la moitié d'entre eux n'ont que des brevets professionnels, c'est-à-dire un bac moins quatre !
-Les meneurs de ce mouvement contestataire considèrent qu'il n'est pas juste d'obliger des directeurs à réintégrer la classe à quelques années de la retraite.
-Le directeur ou le censeur sont des professeurs chargés d'une fonction d'administration provisoire qui peut être retirée à tout moment. Leur retour à la salle de classe est un honneur, mais certains d'entre eux y voient une dégradation et oublient qu'ils étaient recrutés pour enseigner, alors qu'ils soient prêts à assumer ce rôle quand on les y invite même à quelques années de la fin de leur carrière. Là également, ils continuent à ne voir les choses que d'un seul côté, celui des privilégiés, c'est-à-dire eux et rien qu'eux, les autres, qu'ils continuent à gérer leur misère et à digérer l'injustice auxquelles ils se sont accoutumés depuis des années ! Ils oublient ou plutôt feignent d'oublier que parmi les professeurs, il y a des milliers qui ont été exclus injustement de l'administration et qui sont aussi à quelques années de la ligne d'arrivée. N'ont-ils pas le droit d'y accéder avant de passer à la retraite ? Nous appelons ces contestateurs à changer leur mentalité, leur conception de la fonction de directeur et donc leur comportement, à reconnaître les principes de justice et d'égalité et d'accepter le concours.
« Des menaces de détérioration et de saccage des établissements scolaires »
-Comment vous allez-vous riposter contre l'action qu'ils mènent ?
-Dans le procès verbal qu'ils ont signé avec le ministre, ils ont noté leur refus du concours et de la vacance de leurs postes et n'en reconnaissent comme vacants que ceux où il n'y a plus de directeurs pour cause de retraite, de décès ou autres. Ils expriment par là leur volonté d'exclure 72 000 professeurs en les privant de prendre part au mouvement des directeurs, c'est une sanction collective à la manière du régime déchu. Nous considérons que les menaces qu'affichent certains ne sont pas dictées par des considérations patriotiques ni par la volonté de préserver les intérêts de l'école publique comme ils ne cessent de le prétendre. Ces directeurs agissent uniquement par intérêt personnel, ils ont peur de perdre leurs privilèges. Comme nous les avons prévenus de saboter l'examen du baccalauréat, nous les mettons en garde de nouveau contre leur projet de priver nos protégés de leurs bulletins et nos bacheliers de poursuivre la procédure d'orientation universitaire. D'autre part, nous refusons catégoriquement qu'ils exposent nos établissements scolaires à la détérioration et au saccage, et nous demandons le Ministère de l'Education de prendre toutes les mesures administratives et juridiques contre tous ceux qui osent menacer les intérêts de nos enfants et l'avenir de notre peuple.
« C'est un droit réclamé de longue date »
-Les directeurs protestataires accusent le Ministre d'avoir pris votre parti par affinités syndicales.
-Toutes négociations aboutissent à des accords, et c'est exactement ce que nous avons fait : suite à des concertations, le Syndicat Général de l'Enseignement Secondaire en a conclu un avec le Ministre en tant que représentant du Ministère de l'Education et non pas en sa qualité personnelle. Accuser celui-ci de partialité pour son passé syndical n'a rien à voir avec la réalité des choses et trahit l'esprit de complot de ses auteurs. Nous voyons dans ces accusations une atteinte à un droit pour lequel plusieurs générations ont lutté y compris quelques directeurs. Cet accord est un acquis historique pour 72 000 professeurs, donc il ne s'agit nullement d'un fruit de la Révolution mais d'un droit réclamé de longue date. Nous considérons qu'en décrétant le concours, le Ministère de l'Education n'a fait que réparer un préjudice et rendre un droit à ses bénéficiaires, c'est une position qui s'insère dans les objectifs de la Révolution qui est réalisée dans le but de rompre définitivement avec les méthodes fausses et archaïques et instaurer un système juste et démocratique. Nous espérons que cette démarche réparatrice continue son bonhomme de chemin et qu'elle résolve d'autres problèmes dont le plus important est bien sûr le système éducatif. Que ces directeurs le sachent une fois pour toutes, nous ne reviendrons pas à la rentrée prochaine s'il n'y a pas de concours. Nous avons assuré la réussite du baccalauréat et persuadé les collègues de ne pas faire usage du mot d'ordre « dégage » à leur encontre pour sauver l'année scolaire, et nous réitérons notre détermination à continuer notre lutte pour assainir le climat au sein de nos établissements et ce quelque soit la nature et l'étendue des écueils que nous croiserons sur notre chemin.
-Quelles sont les nouvelles du statut ?
-Nous en avons remis un projet au Ministère et nous attendons la date du déclenchement des négociations qui n'ont fait que trop durer. Le statut sera certainement le deuxième rêve après celui de la direction.


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