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Dieu ne se met pas en équation
Persepolis
Publié dans Le Temps le 11 - 10 - 2011

Qui étant enfant n'avait pas essayé d'imaginer Dieu ? Nous l'avons tous fait, à plusieurs degrés, selon nos religions et notre éducation. Les enfants des chrétiens grandissent avec l'image du « fils » et non pas du « père » accrochée sur leurs mûrs. Les enfants des musulmans, eux, imaginent Dieu selon qu'ils appartiennent à des familles plus ou moins religieuses. Ainsi, il y en a ceux qui aussitôt chassent cette image en demandant pardon à Dieu et d'autres qui se laissent rêvasser à le voir, en eux…
Chez les Juifs, le nom même de Dieu est tellement sacré que s'il est en hébreu, on ne le prononce qu'en lisant la Torah, et que dans d'autres langues, il faut séparer le nom en deux…
C'est ainsi pour dire que chez tous les croyants monothéistes, Dieu est sacré et que pourtant tous les enfants du monde ou presque l'ont imaginé.
Et pourtant, une réalisatrice iranienne et musulmane a « osé » personnalisé Dieu, pis encore, une chaîne tunisienne a bravé tous les interdits, piétiné les sentiments des Tunisiens musulmans en projetant le film…
Une question se pose ici, elle peut être simpliste, mais qui fait pourtant toute la différence : a-t-on projeté l'image de Dieu comme « la découverte du siècle » en précisant : « voilà nous avons découvert à quoi ressemblait le Dieu » qui nous a créés ou alors l'a-t-on projeté en passant par l'imaginaire d'un enfant, pour mieux décrire ce qu'un enfant peut voir et ressentir dans son apprentissage de la perception du monde ?
Aujourd'hui, les Tunisiens musulmans toujours aussi jaloux de la préservation de la sacralité de Dieu du Prophète et du sacré, se sont indignés et ont même lancé une campagne pour « brûler ou fermer » Nesma, et au mieux la boycotter. De toutes les façons, la boycotter entre dans la liberté personnelle et c'est à cela que sert la télécommande. Mais d'ici à attaquer et agresser, il y a une grande différence, qui bloque les règles du civisme.
Loin de nous l'idée de contester à la religion, quelle qu'elle soit, son caractère sacré. Et nous peuple de la Tunisie, à majorité musulmane, « n'osons ni imaginer Dieu, ni le personnaliser ». Parfois, néanmoins, une grande partie de ce peuple, parjure, blasphème et jure, mais cela ne se compte pas, c'est seulement en cas de colère. Chez les Tunisiens alors, attaquer le sacré devient admissible, tolérable…
Mais revenons à nos moutons, ou à nos brebis égarées… Persépolis, n'a pas été réalisé pour attaquer Dieu ni l'Islam, ni faire la propagande du libertinage. Persépolis a été réalisé pour dénoncer les abus de pouvoir et le limogeage de la liberté d'expression sous un régime totalitaire et qui s'appuie sur une idéologie. Ceux qui ont le pouvoir se passent pour les représentants de Dieu sur terre et se permettent alors de bafouer tout genre de liberté, et même d'exécuter des croyants en les accusant d'hérésie, seulement parce que ce sont des opposants.
Et l'Islam n'est nullement accusé dans tout cela. Un petit rappel de l'histoire de l'humanité nous démontre que tout régime religieux se permet de commettre des crimes. La saint Barthélémy en est un exemple vivant – La reine Catherine de Médicis et son fils Charles 9 ont incité au massacre des protestants suite au mariage de sa fille Margaret de Valois (catholique) avec Henry de Navarre (protestant) connu plus tard sous le nom d'Henry 5. Mary 1ère de l'Angleterre est connue aujourd'hui par le surnom « bloody Mary » (Mary la sanguinaire) à cause de ses fameuses persécutions commises contre les protestants. Et nul n'ignore les années d'inquisitions menées en Europe contre les juifs et les musulmans et plus précisément en Espagne sous le règne de Ferdinand 5 et d'Isabelle la Catholique.
Cet aperçu n'est pas une accusation à l'endroit du christianisme, ni pour démontrer que son histoire est autant sanglante que celle des civilisations musulmanes. Cet aperçu est juste pour rappeler que dans tout régime qui s'appuie sur la religion, il devient facile de confisquer sa dignité à l'être humain, sa liberté et même sa vie, à la simple accusation d'hérésie. L'Europe est d'ailleurs devenue celle des droits de l'Homme quand ses dirigeants ont cessé de mettre en priorité la pourchasse de l'Homme pour ses croyances.
Et concernant la crise que Persépolis a suscitée, même si l'on peut critiquer « Nessma » pour le timing et même si l'on est d'accord que beaucoup ont le droit de se sentir offensés dans ce qu'ils ont de plus sacré – mais évidemment non pas répliquer par la violence – cette affaire n'est pas notre priorité. Aujourd'hui, l'histoire de la Tunisie se réécrit et son avenir est sur le point d'être bâti sur de nouvelles bases. Notre priorité, n'est nullement de semer le désordre, donnant prétexte ainsi à la répression policière de se réinstaller, ainsi que de rouvrir les portes à la dictature. Notre priorité se rapporte à la justice et à la démocratie et surtout à donner un grand coup de balai « à la corruption ». Notre défi est de pouvoir assurer à nos enfants une vie digne de laquelle on n'a pas pu profiter, digne dans le sens où plus jamais il n'aura à « la fermer » sous peine d'être humilié, mais non pas mélanger la liberté d'expression au manque du civisme pour en faire un cocktail explosif pour la Tunisie…
Quant à l'Iran et à Persépolis, nous sommes censés, nous peuple de la Tunisie, qui a souffert de la dictature et qui fût le premier à en briser les chaînes, ressentir la souffrance du peuple iranien et de compatir avec lui. Or nous avons préféré ne pas entendre le cri que lance ce film, mais voir, regarder et se concentrer avec le barbu avec lequel conversait une fille de 8 ans.
Alors si le choc de Persépolis nous a fait perdre l'ouïe, peut-être que « Green Days » réalisé par Hana Makhmalbaf également iranienne et ne contenant ni voix ni image d'un bon Dieu, nous fera enfin ressentir ce que vivent les Iraniens, et on y trouvera certainement le souvenir, qui semble lointain aujourd'hui de notre ancien régime…


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