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Quelques Imams prédicateurs prononçaient un prêche rédempteur
Contraste saisissant - Alors que se tenait la Journée internationale de lutte contre la violence à l'égard des femmes
Publié dans Le Temps le 26 - 11 - 2011

Il fallait se donner le luxe de faire un tour du côté de Tunis, arpenter les rues et les ruelles de la capitale en ce vendredi 25 novembre. Un vendredi pas comme les autres, car coïncidant avec la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Et même si les agressions qu'encourent les femmes sont toujours vécues dans la violence du silence, les voix stridentes qui s'élèvent ‘'prêchant'' un retour en arrière, elles, se répandent par le biais des hauts parleurs et se font tapageuses et rageuses.
Le sujet du moment c'est bien un Code du statut personnel que l'on veut ranger dans les étagères de l'histoire. En finir avec, une bonne fois pour toute.
Le CSP défendu par les femmes
Direction, l'Avenue de Paris là où ‘'l'Association femmes et leadership'' organise une rencontre dans un hôtel de la place autour des violences qu'encourent les femmes pendant la période de transition démocratique. Un cénacle très sélect de femmes y est convié. Les visages sont assez familiers et ils ont contribué bon gré mal gré à changer le cours des choses… Un monde que des visages de l'épouvante veulent obscurcir.
Hafidha Chekir, l'éminente universitaire interdite du droit de cité du temps de Ben Ali ne semble pas moins consciente. En détaillant les principales conventions ayant contribué à la considération du droit de la femme à une vie digne, l'intervenante évoque la relation entre droits de l'Homme et ceux de la femme qui selon elle, sont indissociables. Elle n'oubliera pas de parler de la Convention des Nations unies pour l'élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes CEDAW qui entend toujours à être adoptée dans son intégralité en levant toutes les réserves sur cette convention internationale. « C'est dire aussi qu'il y a toujours de la discrimination que les femmes tunisienne vivent. Et qui n'est pas forcément le fait de la violence physique. » avance Hafida Chékir qui ajoute « On doit préparer des textes de loi que l'on doit présenter à l'Assemblée constituante. Mieux encore, on doit penser à lancer un Comité d'égalité entre les sexes et de protection contre la violence à l'égard des femmes. » précise-t-elle. Dans la même foulée Jaouida Guiga magistrat consultante juridique internationale a parlé du Code du statut personnel qu'elle a considéré comme étant le seul acquis que la femme tunisienne ait pu préserver du temps de l'ancienne dictature car dit-elle d'un ton ironique « Il n'y avait pas d'enjeux économiques et de gains lucratifs directs. »
Que des acquis à préserver
Jaouida Guiga ne manque pas d'appeler l'assistance, de la supplier même pour batailler en vue de garder des acquis datant de l'année 1956. « Jeunes femmes nous avons mené la bataille quand on était jeunes pour avoir des acquis. Maintenant c'est à vous de prendre la relève. Le législateur tunisien a œuvré pour réaliser le maximum d'égalité entre les deux sexes pour un bon équilibre familial. » dit-elle en rappelant dans d'autres passages que « Le législateur tunisien a interdit d'une façon absolue la polygamie (Ar 5 du CSP). Le CSP est le symbole de l'équilibre familial lors du déclenchement d'un conflit puisqu'il interdit la reprise du mariage après la répudiation triple et ce en vue de prévenir les subterfuges vis-à-vis du droit et la farce du « Tayyas ». L'institution du divorce juridique, c'est-à-dire que le divorce ne peut avoir lieu que devant le tribunal. La confirmation de l'égalité entre l'homme et la femme quant aux causes du divorce. Les acquis touchent également le comportement équitable vis-à-vis de la femme en vue d'un équilibre familial continu jusqu'à l'héritage. » Elle invoque en ce sens un exemple où « la femme a le droit d'hériter de son conjoint du quart s'il n'a pas d'enfants et du huitième s'il en a, pour arriver au droit que la fille hérite de ses parents. Auparavant la fille hérite la moitié du legs et elle est fille unique. Aujourd'hui la loi spécifie que la fille hérite tout le legs grâce à la rétrocession, et ce, en dépit de l'existence des frères de la personne héritée et des ses cousins. Ce qui constitue une procédure révolutionnaire qui consacre le droit de la fille à l'héritage et l'égalité de ses droits sans aucune injustice. » Dit-elle. Les exemples cités par Jaouida Guiga sont multiples et ils consacrent le droit de la femme à une vie digne. Les intervenantes étaient unanimes pour considérer que la violence à l'égard des femmes se vit aujourd'hui dans le silence et à huis clos et qu'il faut y réfléchir, car il ne suffit pas de promulguer des lois mais de miser sur les mentalités pour instituer la culture du respect de la femme. Et c'est très beau pour être vrai paraît-il.
La loi promulgue et la pratique transgresse…
Pas loin de l'Avenue de Paris, on sillonne l'artère principale de la capitale l'Avenue de Bourguiba qui donne sur la rue “Om Kaltoum'' à quelques pas du ministère de l'intérieur. On est vite charmé par le chant du Muezzin qui appelle à la prière du vendredi. Le prêche du vendredi qui s'en est suivi a été empreint d'un sujet d'actualité cette fois-ci. Le prédicateur dont la voix se répandait de l'enceinte de la mosquée par le biais des hauts parleurs était assez limpide pour qui cherche à l'écouter et assez stridente pour qui cherche à vaquer à d'autres occupations. Tout dépend de quelle oreille on l'écoute. « Le CSP provoque un débat de sourds » lance un passant qui ne peut contenir son exaspération quant à la teneur du prêche.
«Mais nous sommes un pays musulman, et il n'est pas question de faire l'impasse sur la polygamie. Le Code du statut personnel ne doit plus être adopté» avance le prédicateur qui continue « Mais de quelle progressisme parle-t-on ? » La question laisse pantois pas moins d'un passant. On réfléchit toujours à la réponse. Surtout que ruant dans les brancards il ajoute que la séparation entre religion et politique c'est de la foutaise. Hier il n'était pas le seul prédicateur à tenir ce discours. En fait, le prêche du vendredi c'est devenu le prêche de rédemption.


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